CHAPITRE IX
Cotopaxi, l’Orizaba, sont terminés par un cône parfait, parce que leur cratère ne vomit que des scories et des cendres; jamais la lave ne peut monter à cette hauteur. Les volcans moins élevés, qui ont un cône régulier,
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Fig. 122. — L’Etna.
comme le Vésuve, comme le Fusiyama du Japon, ont ordinairement fourni ce cône dans une seule éruption.
L’écoulement de la lave, se faisant habituellement par un seul côté, du cratère, échancre nécessairement et
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Fig. 123 — L’Etna, vu du théâtre de Taormine.
LES VOLCANS
déforme ce cratère, qui perd cet aspect auquel il doit son nom. Certains volcans, dont l’éruption fournissait pins de laves que de scories, ne gardent aucune trace d’un cratère après cette éruption : les dernières portions de laves bouchent la fissure qui les a apportées. Il en est ainsi de l’Ararat, de l’Antisana, des trois Kameni du Santorin , et de bien d’autres; il a dû en être ainsi du Puy-de-Dôme et des volcans du mont Dore.
La quantité de laves épanchées dans une seule éruption atteint quelquefois un volume prodigieux. L’exemple le plus remarquable qu’on en puisse citer dans les temps modernes est l’éruption du Skaptar-Jokul , un des nombreux volcans de l’Islande. En 1783, ce volcan a vomi, pendant plusieurs mois, des quantités de laves telles, que deux principaux courants ont atteint une longueur de plus de 80 kilom. sur une largeur de 25. Le volume total des matériaux sortis alors de terre et épanchés sur l’Islande pourrait faire une montagne presque aussi haute que le mont Blanc.
11 est évident que de pareilles masses de matières ne peuvent sortir des entrailles de la terre sans laisser, au sein de la montagne qui les rejette, d’immenses cavités. En supposant même que la plus grande partie d’un tel vide soit remplie au moyen d’une contraction imperceptible de l’écorce terrestre du côté de l’éruption , il n’en restera pas moins, dans la région solide de la montagne voisine de l’ouverture , des érosions souterraines opérées par la force d’entraînement des vapeurs et par l’action dissolvante des laves. Lors d’une abondante éruption, ce vide est recouvert d’une voûte fracturée et peu solide, qui doit ou s’écrouler ou être projetée en débris,