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CHAPITRE X

de moyennes un peu exactes. 11 faut attendre de nouveaux progrès de l’art aéronautique, et une pratique plus fréquente des ascensions pour pouvoir donner des chiffres certains au sujet des températures des couches ascendantes dans l’air libre.

En comparant les observations recueillies depuis quelques années dans de nombreuses ascensions scientifiques, soit en aérostat, soit sur les pentes de nos montagnes, et en prenant soin d’écarter autant que possible les anomalies dues aux causes accidentelles, on peut se faire une idée de la décroissance de température qu’éprouverait, par l’augmentation d’altitude, un air tout à fait calme et pur, dans les conditions moyennes où il se présenterait en France. On arrive à ce résultat général, que la hauteur pour un degré de refroidissement est d’autant plus faible, qu’il fait plus chaud, et qu’on est plus près du sol. De 120 m auprès de 20°, elle monte à lGOm pour les environs de 10°, à plus de 200 m près de 1°, et bien davantage pour de plus basses températures. Elle doit tendre régulièrement vers la température des espaces célestes que nous ignorons encore. (M. Saigey donne 62°; et M. Pouillet 115°; M. 1 Jais, plus récemment, 97°. ) Il faudrait connaître cette température et l’épaisseur totale de l’atmosphère pour pouvoir calculer un peu exactement l’épaisseur de chacune des couches à température décroissante qui se superposeraient dans l’air transparent et tranquille.

Supposez l’équilibre de ces couches d’air plus ou moins troublé par l’interposition de veines chaudes ou froides, de nuages qui se forment et se dissipent tour à tour, se condensent en pluie ou s’accumulent en orages, vous expliquerez la grande variété des chiffres recueillis en ballon.

Dans la montagne, on peut avoir des moyennes expé-

rimentales, car il y a de nombreuses observations; mais les résultats doivent être moins d’accord, à cause des expositions diverses, de l’influence des escarpements sur la direction des courants d’air, et de la différence avec laquelle l’air et les roches solides absorbent les rayons du soleil. Les climats, même à une altitude identique , varient en montagne comme en plaine.

Un des meilleurs renseignements est fourni par les végétaux qui supportent ces climats et y prospèrent. On sait que chaque espèce de plantes ne peut vivre que dans des conditions climatériques données. Par conséquent chaque climat a ses plantes spéciales; les diverses cultures, en Europe, ne remontent pas au nord et ne descendc-nt pas au midi au delà d’une limite déterminée. Or c’est un des faits les plus frappants pour tout le monde, dans l’ascension des montagnes , que le changement graduel de la végétation, qui devient, à mesure qu’on monte, successivement analogue à celle des pays de plus en plus septentrionaux; de sorte qu’en montant au mont Ventoux. par exemple, on pourrait se croire transporté magiquement de Provence en Laponie en quatre à cinq heures, en traversant tous les climats intermédiaires.

Nous reviendrons sur la végétation des montagnes au ch. xii. Tâchons, pour le moment, d’expliquer ce fait qui paraît, au premier abord, assez extraordinaire, que l’air devient plus froid à mesure qu’on s’élève, quoiqu’il soit traversé par une plus grande quantité de chaleur.

La presque totalité de la chaleur que reçoit la surface du globe lui vient du soleil. Celle que lui donnent les volcans et les sources thermales ne forme, à cause de leur rareté, qu’une fraction insignifiante du total. Mais

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