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CHAPITRE X

Righi ou d’autres montagnes isolées? 11 a fallu, pour suffire à l’affluence des voyageurs désireux de jouir de ce sublime spectacle, construire (qui l’eut dit?) un chemin de fer! Inauguré au mois de mai 1871, la ligne du Righi, qui part du débarcadère de Vitznau, sur le lac de Lucerne, hisse aujourd’hui en moins d’une heure, au moyen du rail à crémaillère du système Fell, ses voyageurs jusqu’au seuil des trois hôtels qui couronnent la montagne. Mais aussi , quelles journées enchantées on peut passer sur ces sommets isolés, d’où la vue embrasse un espace grand comme la moitié de la France! Quels paysages féeriques, quelles éblouissantes apparitions produisent les changements à vue dus au passage et au déchirement des nuages, qui détaillent (fig. 133), dans des cadres changeant à tout instant, les lumineux aspects des massifs montagneux étincelant au soleil !

Quand le soleil est à l’horizon, et que de légères brumes entourent la montagne, c’est là surtout que les météores dus à la lumière, halos, auréoles, parhélies et anthélies, sont admirables avoir. Parmi ces phénomènes optiques , le plus curieux est celui qu’on désigne sous les noms de spectre du Righi ou spectre du Rrocken ; il se produit sur les sommets isolés, lorsque des brumes semi-transparentes s’élèvent, à l’ouest, au moment du lever du soleil; une ombre d’apparence gigantesque se profile alors sur la brume lumineuse, accompagnée ordinairement d’auréoles colorées autour de la tète.

Mais les météores optiques nous ont ramenés à l’explication des nuages et à la variation de l’humidité de l’air.

133. — Le Righi. vu du sommet du Pilate (terrasse du Klimsenhorn ) , par une trouée au milieu des nuages.

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