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CHAPITRE X

granuleuse durcie et friable, dont la structure est intermédiaire entre celle de la glace et de la neige fraîche. Celle-ci, d’après M. Dolfuss Ausset, ne pèse guère plus de 80 à 100 grammes ïe litre, tandis que la glace prise au bas du glacier pèse 910 grammes; le névé pèse un poids intermédiaire, environ G00 grammes.

Nous reviendrons, au prochain chapitre, sur la descente des neiges, soit par le moyen rapide de Y avalanche , soit par le moyen lent du glacier. Tôt ou tard, après peu de mois ou après beaucoup d’années, la neige tombée sur les liantes régions des montagnes finit par arriver dans les régions moyennes et inférieures , où elle se liquéfie, et mêle l’eau qui provient de sa fusion à celle qui n’a pas quitté l’état liquide.

Occupons-nous maintenant de celle-ci.

Le produit de la pluie tombée à terre se partage immédiatement en trois portions : une qui s’infiltre dans les fissures et les pores du sol, et imbibe sa masse; une qui est retenue par les végétaux, mouillant leurs surfaces extérieures et absorbée par leurs racines; enfin l’excédant qui, ayant échappé à ces deux mises en réserve, s’écoule rapidement à la surface des pentes.

Cette dernière portion se réunit en ruisseaux boueux, lesquels s’assemblent en torrents, qui roulent en peu de temps leurs eaux furieuses jusqu’au bas de la montagne, laissant ensuite à sec leur lit ravagé jusqu'à ce qu’une pluie renouvelle cet écoulement essentiellement transitoire.

Il nous faudra aussi revenir sur ces torrents, qui accomplissent dans la démolition de la montagne un rôle très-important. Voyons-les seulement, pour l’instant, joindre leurs eaux périodiques à celles qui proviennent de

la foule des neiges et des glaces, pour former les crues variables des fleuves de la plaine.

Plus intéressante et plus utile est la portion des pluies restée en route, arrêtée soit par le sol meuble, soit par les plantes spongieuses.

Une partie notable de cette eau va s’évaporer directement sans descendre, de sorte que le cercle de son trajet aura été vite parcouru; ce ne sera pas toutefois sans avoir accompli la plus admirable mission de l’eau sur la terre , celle de servir de véhicule à la vie, d’agent nécessaire à cet incompréhensible mouvement produit dans l’intimité des tissus, pour la nutrition et l’accroissement de tous les êtres organisés, végétaux et animaux.

Le rôle de la végétation dans l’économie des eaux courantes est immense et trop peu connu. Une force moléculaire, dont l’action dans le monde est aussi importante qu’inaperçue, la capillarité, est chargée de combattre l’entraînement dû à la pesanteur. La couche de terre végétale , maintenue à la fois spongieuse et consistante par les innombrables fibres des racines qui s’y entrecroisent en tous sens, absorbe une quantité d’eau qui dépasse la moitié de son poids. D’un autre côté, les plantes humbles et grêles qui forment par le réseau de leurs tiges filamenteuses lés épais tapis des gazons, les mousses, les petites bruyères, les petites graminées, etc., peuvent retenir dans ce réseau et rendre momentanément immobile une prodigieuse quantité d’eau.

Lorsque le séjour de l’eau dans ces immenses tapis spongieux devient habituel , les mousses et autres plantes habituées à vivre noyées prennent un rapide développement; de nouvelles couches recouvrant sans cesse les débris des anciennes, tuées par le manque d’air et de lumière, et lentement carbonisées à mesure de leur en-

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