‹ Les montagnesChapitre 242 sur 313 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

au moyen de puits, qui, dans les pays de plaines, traversent les couches supérieures.

Un cas tout à fait spécial, fréquent dans les pays de collines ondulées, est celui où la couche perméable qui contient l’eau est comprise entre deux couches imperméables en cuvettes, l’une servant de plancher, l’autre de plafond. Si l’affleurement au sol de la couche perméable est partout assez élevé, un forage au point le plus creux, à travers la couche imperméable servant de plafond , amène un courant d’eau jaillissante. On obtient ainsi un puits artésien. Nous avons parlé de ceux de Paris, à propos du terrain crétacé, p. 330. Ce sont d’excellents exemples de puits artésiens sur une grande échelle.

Mais, le plus souvent, les puits ne sont pas nécessaires pour amener au jour les eaux fdtrées des nappes souterraines. Si le pays est accidenté, coupé d’affaissements qui brisent les couches, ou de vallées d’érosion qui les interrompent, les nappes ont toutes chances d’aboutir à une pente ou à un escarpement qui permettra à l’eau de s’écouler tranquillement au dehors; l’écoulement se fera naturellement au point le plus bas de l’interruption de la nappe. C’est ce que l’on appelle une source.

L’abondance des sources dépend beaucoup de la nature du terrain. Dans les pays calcaires, par exemple, elles sont peu nombreuses, mais peuvent être très-considérables. Il y en a qui fournissent immédiatement le volume d’eau d’une rivière : telles sont, en France, par exemple, la source du Loiret , la célèbre fontaine de Vaucluse, et celle non moins célèbre et bien plus remarquable à tous égards de la Touvre, auprès d’Angoulême.

Dans les pays à sol compacte, au contraire, et surtout dans les montagnes granitiques, les sources sont peu abondantes, mais très-nombreuses; non-seulement chaque

vallon, mais chaque repli de vallon, pour ainsi dire, a la sienne. Les habitants des montagnes qui ont le bonheur d’avoir, à portée de leurs maisons, une de ces sources fraîches et délicieuses , l’enferment , à sa sortie de terre , dans des tuyaux formés de troncs de sapin forés suivant

Fig. 136. — Village des bains de Louèche (Suisse).

leur axe, et ajustés bout à bout, qui descendent le long du vallon, jusque devant les habitations, et fournissent nuit et jour un jet d’eau vive dans un gros tronc creusé (fig. 136), où les ménagères lavent leur linge, et où viennent avidement s’abreuver les bestiaux.

Que de touristes de Paris et des grandes villes , en voyant s’épancher avec tant de surabondance, pour une seule famille, ces eaux si admirablement pures et limpides, suffisantes pour alimenter tout un quartier, se

Page 1