CHAPITRE X
à l’ouest de Christiania, et du Vœringfoss, au fond du Grand-Fiord, creusé derrière Bergen, atteignent presque la hauteur du Staubach et de Gavarnie, mais avec un volume d’eau supérieur à celui de la Tosa et de la Ilandeck. Des centaines d’autres grandes cascades, parmi lesquelles nous nous contentons de citer celles du Feiumfoss et du Bratenfoss, en Norwége, et cel'es de Gotha- Elf et d’Elfkarleby , en Suède, peuvent soutenir la comparaison avec les plus belles cascades des Alpes.
Fig. 141. — Cascade du Beyeroach.
A la beauté bruyante et mouvementée des cascades, fait contraste la beauté calme et silencieuse des lacs
C’est dans les pays de montagnes que ces nappes d’eau tranquille offrent les plus gracieux aspects; elles font valoir, par l’opposition de leur surface horizontale, la hauteur des sommets et la hardiesse des escarpements ; leur profondeur est toujours beaucoup plus grande que celle des lacs de plaine . leurs bords plus abrupts , la teinte de leurs eaux plus riche et plus foncée.
Ils sont dus à des barrages formés en travers des vallées, barrages qui sont causés, le plus souvent, soit par des éboulements, soit par des moraines terminales d’anciens glaciers. Le lac s’appuie toujours, dans ce cas, directement contre le barrage, et a près de lui sa plus grande profondeur.
Il y a toutefois des lacs profonds qui occupent des excavations formées par la même révolution qui a produit primitivement la montagne; telles sont cette immense cuvette du lac Léman, et surtout ces profondes dépressions des lacs Majeur, de Côme, Iseo, de Garde, dont le fond descend bien au-dessous du niveau des mers; tels sont aussi, sur une plus petite échelle, ceux qui occupent (fig. p. 395) les cratères d’anciens volcans.
Dans tous les cas, le lac reçoit l’eau de la partie supérieure de la vallée, et se décharge par le point le plus bas du barrage. Tous les matériaux en suspension dans l’eau des rivières et des torrents qui se jettent dans le lac y sont déposés, et en élèvent peu à peu le fond, à partir de l’emboucliure de chacun de ces cours d’eau. On conçoit qu’après bien des siècles la dépression finit par se combler ; les marécages formés autour des embouchures s’avancent peu à peu vers le barrage. Le lac se trouve ainsi transformé en marais, puis en prairie plate.
Les montagnes sont remplies de ces petits élargissements de vallées à fond plat, qui sont d’anciens lacs com-