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tout près de Chiavenna, dans les Alpes lombardes, la nuit du 4 septembre 1018. Le mont Conto, qui domine la ville, s’écroula subitement sur elle, et sur le village voisin de Scilano, ensevelissant 2430 habitants, « ne laissant , dit Tschudi , qu’une maison debout et trois personnes vivantes. »

Mais la catastrophe dont l’effroyable souvenir s’est le mieux conservé, et dont tous les voyageurs, en Suisse, ont contemplé les traces encore fraîches, c’est la chute d’un pan du Rossberg, en face du Righi, qui, le 2 septembre 1800, se précipita sur la belle vallée de Golclau (la vallée d’or), et en fit le chaos de débris que traverse la plus fréquentée des routes du Righi. La cause de l’éboulementde Goldau étail la dernière de celles que nous avons signalées plus haut : le délaiement de couches argileuses soutenant des couches rocheuses, et aboutissant à une vallée du côté de leur pente.

Après un été pluvieux, succédant à deux années remarquablement humides, un redoublement d’intensité dans la pluie détermina le glissement d’une tranche épaisse dans le flanc du Rossberg; des crevasses produites dès le matin, et agrandies dans la journée, s’étendirent rapidement dans tous les sens ; la base des roches solides souleva le gazon et les arbres de la forêt, en les retournant comme un immense soc de charrue; puis, en peu d’instants , une masse de 400 m de long sur S00 de large, prenant dans sa chute une accélération épouvantable, et se pulvérisant par la pression plus grande des parties supérieures tombées de plus haut, fut projetée en l’air. Très -probablement, la chaleur énorme, produite par le frottement et la pression dans toutes les parties de cet ébranlement colossal, vaporisa brusquement l’eau qui imprégnait la masse, et en lança de toutes

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