‹ Les montagnesChapitre 4 sur 313 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Dans ces glaciales immensités, clans ce quasi-vide des ' • a ripny rares apparitions viennent seules de

hautes régions, deux rares app*

temps en temps faire événement : les étoiles filantes aurores magnétiques.

Mais dans la zone vitale, où se meuvent, dans une abondante circulation, tour à tour mélangés, combines, dissous dégagés, les deux éléments de toute organisation, air e Peau; dans la zone privilégiée, où la chaleur du soleil est gardée par l’atmosphère comme par le vitrage d une se. , c,

les véa;é

règne.

étaux fleurissent, les animaux pullulent, et l’homme

Les couches superficielles des eaux, agitées et fécondés,

nourrissent une innombrable, une grouillante population. La mer a été le premier séjour de la vie ; elle a les foules , les races inférieures, l’algue, l’huître, le hareng ; a sa surface flottent ses conquérants : les matelots.

Les couches inférieures de l’atmosphère portent les nuages, ces eaux supérieures, magasins de chaleur et réservoirs de vie; elles soutiennent, au moyen de ces prodiges de mécanique qu’on nomme des ailes, les enfants gâtés de la création : l’oiseau et l'insecte.

L’homme aussi les a conquises, par la lleche d abord, puis par la balle ; bientôt peut-être il y régnera plus réellement par l’aérostat.

Toutefois le séjour par excellence de la vie, et le domaine vraiment incontesté de l’homme, est encore la terre ferme des continents et des îles, la croûte émeigte udie 1 aii l’eau , imprégnée profondément de ces deux éléments necessaires ; le sol qui monte et descend , ici plat, là hérissé d aspérités ; ici horizontal, là incliné. C’est la propriété acquise, cultivée, embellie, aimée: c’est le sol natal, c’est la patrie!

Les végétaux fleurissent, les animaux pullulent, et l’homme règne. (Page 16.)

PAYS DE PLAINES ET PAYS DE MONTAGNES

Les sociétés humaines, formées en vue de l’aide et du secours mutuel, ont dû réunir leurs demeures à proximité les unes des autres. Les limites de chaque nation ont toujours été d’abord les obstacles naturels qui rendent les communications difficiles.

Si l’homme pouvait se déplacer dans l’air comme l’oiseau, et dans l’eau comme le poisson, il ne serait borné dans ses excursions que par les nécessités de la vie : la nourriture et le sommeil, la résistance à la chaleur ou au froid. 11 ne connaîtrait d’autres limites que les déserts, immensités arides ou glacées.

Mais il est de plus enchaîné à la surface du sol par la pesanteur, incapable de la vaincre longtemps sur les pentes, arrêté par les escarpements, par les fossés, par les eaux profondes, trop rapides pour porter bateau, trop larges pour la volée d’un pont.

Les fossés et les murs, les ravins et les rivières, forment l’enceinte des villes; les faîtes des montagnes, les mers et les grands fleuves, forment les limites naturelles des peuples.

Toutefois l’industrie de l’homme a pu supprimer en certains points les plus franchissables de ces obstacles : un escarpement, par une bonne route en zigzag ou par un tunnel; un détroit ou un fleuve, par un bac ou par un pont. Elle n’a pas encore pu supprimer le mal de mer et les naufrages, pas plus que le climat glacial des hauteurs, les tourmentes de neiges, les inondations et les avalanches. Voilà pourquoi le territoire d’une même nation peut être sans inconvénient traversé par une limite du second ordre; le point où on la franchit devient même souvent le rendezvous, le lien, le chef-lieu des deux territoires. Ainsi sont Constantinople sur le Bosphore, Londres sur la Tamise, Paris et Rouen sur la Seine, Tours et Nantes sur la Loire,

Page 1