CHAPITRE III
« Partout , à l’exception de la terrasse du Piouergue et de la Limagne, le sol est composé de terrains primitifs (gneiss, micaschistes et talcschistes) et de terrains granitiques ; çà et là, au nord-est, quelques masses porphyriques; et, au centre, quelques masses trachytiques et basaltiques. Le plateau forme ainsi une grande île granitoïde, au milieu du terrain calcaire qui l’entoure de toutes parts et qui, dans la terrasse du Rouergue, forme lui-même une partie du plateau. (Voir la carte géologique, au chapitre Vil.)
« La surface de ce massif granitoïde est ravinée par une prodigieuse quantité de ruisseaux et de rivières, dont les principales sont : la Loire, la Dore, l’Ailier, la Sioule, le Cher, la Creuse, la Gartempe, la Vienne, la Vézère, la Corrèze, la Dordogne, la Cère, la Trueyre, le Lot, l’Aveyron et le Tarn. Elle est aussi accidentée par de nombreuses chaînes de montagnes : ce sont les monts du Charolais, du Beaujolais, du Lyonnais, les Cévennes, la montagne Noire, les monts du Forez, la Margeride, les monts du Limousin, et les massifs volcaniques des montagnes d’Auvergne.
« La terrasse du Rouergue , composée de plateaux calcaires, appelés Causses, est fort différente, par l’aspect et sous le rapport de la végétation, du plateau central '. »
Deux caractères particuliers rendent ce plateau intéressant à visiter : sur sa partie la plus élevée, dans l’Auvergne, le Velay et le Vivarais, se trouvent les volcans éteints, les cratères et les coulées de laves, dont nous parlerons plus au long au chapitre IX. Puis, sur le pourtour du plateau, et sur le plateau même, sont situés nos grands dépôts houillers de Saint-Étienne, d’Alais, d’Au-
1 Géographie générale.
OU SONT TES MONTAGNES
bin, de Commentry, du Creusot, etc., qui sont une des grandes richesses de la France.
La terre végétale, sur le plateau, est partout siliceuse et très-légère; aussi le sol est-il peu favorable aux céréales, et recouvert principalement de prairies et de forêts. Jusqu’à 1,200 m les hêtres dominent dans ces dernières, alternés de bouquets de pins et de fourrés de genêts. De 1,200 à 1,500, le sapin à son tour garnit les pentes; la végétation forestière cesse alors, et on ne trouve plus fine des hauts gazons sur les sommets du Puy-de-Dôme, du mont Dore, du Cantal, des montagnes du Forez et de la Margeride. Au milieu du plateau, dans la vallée de F Allier, la Limagne forme une plaine haute seulement de 350 à 400 m, longue de 60 kilom., et s’étendant depuis Gannat jusqu’à Issoire; elle est bordée à l’ouest par les monts Dômes, et à l’est par les montagnes du Forez. On sait quelle est la fécondité prodigieuse de cette région pittoresque.
Le plateau central est peu connu et trop peu visité des touristes. Les seules régions souvent parcourues sont celles qui avoisinent les villes importantes ou les rendez-vous d’eaux minérales.
Fig. 24 bis. — Chaîne des Puys d’Auvergne, vue du Puy Chopine.
Tout près de la capitale de l’Auvergne, de la ville savante, Clermont-Ferrand, est la curieuse chaîne des Puys, amas (fig. 24 bis) confus de gigantesques pustules volcani-