E S PYRÉNÉES
l'yrene celsa nimbosi verlicis arce iJivisos Cettis laie prospectai I lieron .
.Ufpir œlerna lenel magnis divortia terris.
Sinus Italicus.
l.Vjîil , d'abîme en abîme .
Voit le (lave rouler ei bondir furieux.
Kl les monts hérissés qui portent jusqu'aux eieux Me leurs n»-* décharnés l’inaccessible cime...
< Milite ni: M \hoeu.us.
iNous voici arri\és<utix Pyrénées. la chaîne la plus gigantesque de l’Europe, après les Alpes et le Caucase, simple et presque rectiligne comme celle dernière, véritable type des chaînes de montagnes. Nous résumerons, pour la décrire, un excellenl travail de M. Elisée Keel us un îles maîtres de la géographie nouvelle, un des hommes qui auront le plus contribue a ses progrès depuis Saussure el Ilumboldl.
La chaîne des Pyrénées gallibériques, comme l'appelle Bruguière . parce qu elle sert de frontières a la b rance et a b Espagne . a environ ’joO kilom. de longueur sur lOO de largeur. (Carie lll.) Sa superficie est d’environ 33.000 kilom. carrés. Elle forme une masse isolée et distincte du coté do»la France, el ne se rattache point aux Alpes par les Cé venues . comme plusieurs auteurs le prétendent. Elle est, en etlèl . limitée au nord par la grande plaine de Toulouse. qui suit le canal du Midi; le point culminant de ce canal, aux Pierres-de-Xaurouse, n atteint pas 190"' de hauteur au-dessus du niveau de la mer.
1 Joanne, Itinéraire général de la France. I. VI: Pyrénées, Introduction par El. Reclus.
Gravé parErhard 12 Rue Duguay Troum Paris. Ecliellf de 2,000.000'
« Peu de chaînes de montagnes, dit notre auteur, offrent une disposition aussi régulière que les Pyrénées. Pe même qu’une branche d’arbre, ou mieux encore, une l'euille de fougère se divise et se subdivise, à droite et à gauche, en petits rameaux, en feuilles et en folioles, de même aussi chaque nœud de la crête donne naissance, de côté el d’autre, à une chaîne transversale en tout semblable à la chaîne mère, si ce n’est qu’elle est beaucoup plus courte et s’affaisse par chutes successives jusqu’au niveau des plaines avoisinantes. Les arêtes transversales sont parallèles entre elles, et séparées les unes des autres par de profondes vallées où descendent les glaciers, où mugissent les torrents, où circulent les sentiers. Les vallées correspondent d’un côté à l’autre de la chaîne principale, et communiquent ensemble par le col , port ou passage , c’est-à-dire par la dépression formée entre deux cimes. Comme la crête principale, chaque chaînon transversal se compose également d’une succession de cimes, séparées l’une de l’autre par autant de cols, dont la hauteur diminue en proportion; chaque cime donne naissance à deux contre-forts latéraux, qui ne sont autre chose qu’un rudiment de chaîne tertiaire parallèle à la grande chaîne ; et les cols secondaires servent à faire communiquer de courts vallons déversant leurs eaux au torrent de la vallée principale. Cette régularité remarquable des Pyrénées pourrait faire admettre qu’elles ne formaient autrefois qu’un énorme bourrelet de soulèvement, dressé comme un rempart d’une mer à l’autre mer, et qu’elles ne doivent leurs cols , leurs gorges et leurs vallées qu’au travail incessant des eaux qui en découlent. S’il en est ainsi, la vraie pente de la chaîne est indiquée par l’inclinaison des chaînons transversaux, depuis le point le plus élevé de la crête jusqu’au niveau des plaines qui s’étendent 5 leur pied. Sur le versant français, cette déclivité