CHAPITRE
n’est que de 4m sur 100. Ce qui rend ces montagnes souvent difficiles à gravir, ce n’est donc pas la pente réelle du système entier, ce sont les précipices qui en intersectent les versants; ce sont les roches éboulées, les torrents, les champs de neige. »
Quoiqu’elles soient peu! - être la plus régulière des chaînes de montagnes, les Pyrénées s’écartent en plusieurs points du type idéal qui Aient de nous être présenté. Une première irrégularité s’observe vers leur centre à égale distance des deux mers. Là on s’aperçoit que la chaîne n’est pas simple, comme on pourrait le croire au premier abord, mais qu’elle est en réalité formée de deux chaînes distinctes, et à peu près parallèles, qui viennent se rencontrer Tune au nord, l’autre au sud du bassin, connu sous le nom de Val-d’Aran. Ce bassin, véritable remous terrestre autour duquel les montagnes se dressent comme d’énormes vagues, est le centre des Pyrénées, et, bien que ses eaux s’écoulent par la Garonne dans les plaines de la France, il n’appartient orographiquement à aucun des deux bassins. A bien meilleur titre que le pays d’Andorre, le Val-d’Aran aurait pu rester une république neutre entre les deux Etats limitrophes, la France et l’Espagne.
On peut donc considérer les Pyrénées comme une chaîne normale, qui aurait été coupée en deux, et dont les moitiés auraient tourné légèrement et en sens inverse autour de leurs extrémités maritimes, jouant le rôle de pivots.
Une seconde irrégularité consiste en ce que les plus hauts sommets ne sont pas situés sur la crête elle-même. Ainsi le mont Perdu, le pic Posets et la Maladetta, s’élèvent au sud de la chaîne. Les deux premières de ces montagnes sont, il est vrai, directement rattachées à l’axe central dont elles sont des contre-forts plus hauts que lui ;
mais la Maladetta forme un groupe complètement isolé du côté de l’ouest et du nord : c’est à l’est seulement qu’une arête neigeuse la relie à la chaîne. Un fait analogue se produit du côté français : le pic du Midi d’Ossau (2885 "') (fig. 26) est isolé en avant de l’arête générale, qu’il dé-
Fig. 26. — Le pic du Midi d’Ossau.
passe de plusieurs centaines de mètres. Le pic du Midi de Bigorre (2,877 m), qui domine la belle vallée de Campan, et le massif de Néouvieille (pic Long, 3,194 m), sont bien plus avancés encore; et surtout, à l’extrémité orientale, la superbe cime du Canigou, qui domine de 2,700 m les plaines du Roussillon, et a longtemps été regardé comme le plus haut sommet des Pyrénées.
« A son extrémité occidentale, la chaîne des Pyrénées proprement dites est assez basse et n’a guère plus de 800 à 1,000 m; graduellement elle exhausse ses pics en s’avançant vers l’est, mais elle n’a le caractère d’une chaîne alpestre qu’au pic d’Anie (2,584 m), situé à vol d’oiseau à 140 kil. de la mer; ce pic lui -même n’atteint pas la limite des neiges éternelles, et le premier sommet qui dépasse cette limite, le pic du Midi d’Ossau, ne se trouve qu’à 30 kil. plus à l’est, à 170 kil. de l’Atlantique. C’est là que la chaîne atteint son élévation la plus grande; jusqu’au delà du Yal-d’ Andorre, elle se maintient à 2,600m
CHAPITHE III
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de hauleiir moyenne. Au delà du col de la Perche, elle s’abaisse graduellement, après avoir toutefois projeté au nord l’énorme contre-fort qui se termine par la masse du Canigou ; elle se termine à l’est par le chaînon comparativement insignifiant des Altières, qui n’a que 600 m en moyenne... La rapide inclinaison ou la çhute de la crête à son extrémité orientale sc continue jusque sous les flots, et, non loin du cap Creus, on ne trouve déjà plus le fond à 2,000 111 de profondeur. »
C’est à l’ouest du \ al-d Aran que sont les points culminants de la chaîne, et la partie française porte à juste titre le nom de Hautes-Pyrénées. Autour de la vallée dont la petite Aille de Lourdes est lLs ne, et qui contient les bains renommés de Cautercls, de Lu/, avec Saint-Sauveur, et de Barégcs. se trouvent les superbes cimes du Vignemale (3,290 ra), point culminant des Pyrénées françaises, le monl Perdu (3,331 le Gvlindre (3.327 "'). et tous les
Mont Perdu. Cylindre. M arboré. Cirque. Brèche de Ilolnnd. Taillon.
l ig. 27. — Le.< montagnes de Gavarnie, \ ues du pic de Rergons.
accidents de cette haute crête du Marboré (lig. 27), interrompus par la brèche de Roland, et entourant le célèbre cirque de Gavarnie. Puis les pics d’Estaubé (2,810 m) et <le Iroumouse, dominant les cirques du même nom, les glaciers de Néom ieille. et au centre du demi-cercle formé
par ces gigantesques sommets, le belvédère du pie de Bergons (2, 1 12 m). Au tond de la vallée de Bagnères-de- Luchon et de sa voisine la vallée de la Neste, le spectacle n’est pas moins sublime: les glaciers de Clarabide et les lacs étagés de la vallée d < )o, les pics de Maupas (3, 1 10 "') et de Crabionles (3,219"'). dominant la pittoresque vallée du Lys; enfin, au delà du port de Venasque, les hautes cimes espagnoles du pic Posets (3,367 m), de la Maladella ( 3,331 "') ( fi g . 28), dont un sommet postérieur, le Néthou. • ‘levé de 3,401 est le point culminanl de Ionie la chaîne des Pyrénées.
Fig. 28. — La Maladella (aulcr plan, le port de Venuseba-,
De l’autre côté du Val-d’Aran, la hauteur moyenne de la chaîne n’est pas moindre : les pics de Maubermé (2,880 m). de Monvallier ( 2,839 m), d’Estats (2,073 et le superbe mont Calm (3,080"'). le pic de Fontargente ( 2,988 m), el bien d’autres, se maintiennent aux altitudes neigeuses. Au delà du pic de Carlitte (2,931 '"), la chaîne s’abaisse brusquement au col de la Perche (1,621 m), donnant entrée dans la vallée de la Sègre, pour se relever immédiatement au Puigmal (2,909 m), par une ligne de hauts sommets neigeux projetant en avant le gigantesque Canigou, (2,787 m ) : le pic Costabona (2,463 111 ) termine réellement la grande chaîne , en s’abaissant sur le chaînon des Al bores.