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CHAPITRE III

Des massifs du Val-d’Aran, de Bigorre et de Foix, s’écoulent en rayonnant dans tous les sens les cours d’eau les plus importants du versant français. Le Val-d’Aran, placé au centre, fournit la Garonne, le fleuve le plus considérable des Pyrénées. A l’ouest l'Adour, la Neste, le Gave de Pau et ses principaux affluents sortent des massifs de Gavarnie, de Néouvieille et de ses contre-forts; à l’est du massif du Puy-de-Carlitte et des monts de Foix descendent la Têt, l’Aude et l’Ariége.

La constitution des Pyrénées est beaucoup plus régulière du côté de la France que du côté de l’Espagne. Du côté de la France, les sommets et les vallées s’abaissenl vers les plaines d’une manière graduelle ; tandis qu’au sud des excavations s’ouvrent immédiatement à la base de la chaîne centrale, creusées comme d’énormes abîmes: il faut ordinairement descendre jusqu’à 1,000 à 2,000 m de profondeur le long de parois abruptes, avant d’atteindre le village qu’on avait aperçu d’en haut.

Par un contraste remarquable, si les gorges ouvertes immédiatement au pied méridional des Pyrénées sont plus profondes, le pays lui-mème est beaucoup plus élevé. L’Espagne tout entière n'est qu’un vaste plateau qui s’élève en moyenne de o à G00m au-dessus du niveau de la mer. Des chaînes latérales, parties île la crête des Pyrénées, traversent ce plateau dans diverses directions pour y tracer les divisions naturelles entre les provinces.

Sur le versant français, le chaînon des Gorbières, dirigé obliquement au nord-est de la crête centrale, forme une sorte de ramification en patte d’oie à l’extrémité de la chaîne. L’accident le plus apparent de ce versant français de la chaîne est constitué par le système rayonnant des hautes collines du Gers: elles ne prennent pas leur origine dans les Pyrénées elles-mêmes, mais dans le piateau de

Lannemezan, haute lande infertile formant une terrasse en face de la chaîne, dont elle est séparée par les vallées longitudinales de la Neste et de la Garonne.

La patte d'oie des Gorbières et l’éventail de vallées d’érosion qui diverge autour de Lannemezan n’ont aucun rapport géologique ni aucune attache avec le plateau central. C’est bien une vraie plaine qui les en sépare. 11 n’y a pas plus de col de Naurouse entre les Pyrénées et les Cévennes que de col de Valdieu entre le Jura et les Vosges.

Les Pyrénées, autrefois admirablement boisées, oui perdu la plupart de leurs forêts, et présentent de vastes surfaces dénudées. Leur climat est devenu plus sec : la limite des neiges perpétuelles y est en moyenne de 2,730 à 2,800 m au-dessus du niveau de la mer sur le versant français; sur le versant espagnol on ne trouve plus de neiges, au milieu d’août, que dans quelques cavités abritées des vents du sud et du soleil. On remarque aussi que, sur le versant septentrional, la limite des neiges éternelles va en s’élevant de l’ouest à l’est, du pic d’Anie au Canigou, parce que le bassin de la Méditerranée a une plus haute température que celui de l’Atlantique.

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