DÉFINITION DES P I. A I N E S
Waltiier. — Est-ce qu'il y a des pays sans montagnes, père ?
G. Tell. — Si on traverse nos monts, en descendant toujours le long du cours des eaux, on arrive dans une contrée vaste et unie , où il n’y a plus de torrents bouillonnants, mais des rivières tranquilles et nivelées. L’homme embrasse du regard tout le cercle de l’horizon : le blé pousse dans des champs droits et immenses; tout le pays est comme un jardin.
Schiller. — Guillaume Tell, acte lit , sc. iii.
Au point de vue de l’homme, il y a donc lieu de diviser le sol en deux portions : les surfaces généralement plates et les surfaces généralement hérissées d’inégalités, les pays de plaines et les pays de montagnes. Dans chacune de ces divisions, il y a des parties horizontales et des parties inclinées, mais plus d’horizontales dans les plaines et plus d’inclinées dans les montagnes.
Remarquons d’abord ce résultat de la constante action de la pesanteur, que par le mouvement imprimé aux fragments de la surface du sol qui s’émiette, l’action de l’eau qui tombe en pluie ou s’étend en nappe tend à combler les creux et à niveler les saillies. Nous étudierons plus loin les grands effets de cette cause. Contentons-nous ici de noter combien cet aplatissement est rapide quand les inégalités sont faibles. Voyez, dans les campagnes, les champs labourés; dans les villes, ces terrains désignés pour y décharger les décombres : on ne peut d’abord les traverser qu’avec peine, au risque de chutes ou d’entorses. Au bout d’un mois ou deux de pluies, vous les retrouverez unis, battus, parfaitement praticables au pied de l’homme.