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CHAPITRE III

être le prolongement du précédent de l’autre côté de l’Isère ; ces deux massifs semblent se rattacher : vers le nord, à la chaîne du Jura et aux montagnes plissées qui entourent Annecy; vers le sud, aux monts décharnés du Dévol uy.

Grenoble est situé entre les deux, et à l’entrée d’un système de vallées rayonnantes qui séparent les principaux massifs dauphinois; la vallée de la Romanche et la route du col du Laularet limitent, au sud, le beau massif de Belledonne (2,990 m) et des Sept-Laux, continué par la chaîne de la Maurienne , dont les cimes culminantes sont celles des Grandes- Rousses (3,630 m), des aiguilles d’Arve (3,882 m) cl du Tliabor (3,180 m) , et qui aboutit au col du mont Genis (2,000 m).

La route de Gap, par Corps et la Salette, limite à l’ouest le gigantesque massif neigeux de YOisans, dominé par les splendides cimes de la Grave (3,987 "') et des Escrins (4, 103 "'), du Pelvoux (3,934 "') et du mont Olan (3378 m). Le massif de l’Oisans, «pie son importance et sa saillie moyenne mettent au premier rang parmi les montagnes françaises, domine loules les Alpes situées au sud du mont Blanc. Il forme une enceinte de hauts pics et de glaciers (voir la carte fig. 30) recourbée en demi-cercle autour d’une sorte de gouffre en entonnoir, au centre duquel est la Bérardc, hameau de la commune de Saint- Christopheen-Oisans. Il esl limité, au nord, par la vallée de la Romanche; au sud, par le triste Valgodemar (Saint-Maurice); et à l’ouest, par la riante Vallouise, comparable aux plus belles vallées de la Suisse. Le mont Pelvoux , qui plonge superbement sur cette dernière, étant le plus en vue, sinon tout à fait le plus élevé des sommets du massif, lui donne souvent son nom, comme la Jungfrau aux Alpes bernoises.

Autour de lui rayonnent de lous côtés des chaînes moins élevées, mais remplies d’accidents pittoresques, de sites grandioses, qui suffiraient pour illustrer un pays. A l’ouest de la vallée du Drac sont les sauvages montagnes du Dévoluy ( dcvolulus , écroulé); puis les montagnes étranges de la Drôme (mont Aiguille et mont Glandaz, près de Die, forêt de Saou), dont le chaos vient se terminer, au sud, par un massif à rangées parallèles orientées de l’est à l’ouest, dominé par le célèbre mont Ventoux , qui plonge si superbement dans les plaines de Vaucluse.

Au sud-est de l’Oisans s’étend, entre la France et l’Italie, le massif du mont Genèvre, dont le col ( 1,860 m) est le plus facile à franchir de ce côté des Alpes, et celui que domine la splendide pyramide du mont Viso (3,840 m). Le contre-fort de ce dernier, qui descend au sud de la Durance et d’Embrun , termine le Dauphiné et les Hautes- Alpes.

Sauf deux ou trois hauts sommets isolés, qui dominent les deux routes d’Italie par Barcelonnette et par le col de Tende, les chaînons compliqués qui s’épanouissent vers la Provence, sous le nom d’Alpes Maritimes, méritent le nom de Basses-Alpes, que leur doit un de nos départements. Ce sont, comme dit Beclus, « de tristes montagnes aux flancs ravinés et dépourvus de toute végétation. » Il faut aller au delà de ce désert français, dont l’affreuse Durance et ses affluents ont emporté le sol fertilisable.

En arrivant au voisinage de la Méditerranée, la nature change complètement : ce ne sont plus les spectacles grandioses des hautes montagnes, mais les paysages gracieux, les plaines fertiles parsemées de villas, dominées par les petites chaînes de la Sainte - Baume , des Maures et de l’Esterel, dont la mer vient directement baigner les pieds.

Celles-là sont suffisamment connues et célébrées, servant

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