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CHAPITRE III

de promenades aux visiteurs de Marseille, Toulon et Nice. Il n’y a pas de voyageur dans ces pays qui n’ait admiré, par exemple, les gorges si connues d’Ollioules (fîg. 38), aux portes de Toulon. Mais toutes ces montagnes de la Provence sont à celles du Dauphiné ce que l’Ardenne ou le Morvan sont à la Suisse.

Fig. 38. — Gorges d'OIlioules, près de Toulon.

11 faut rendre justice à nos grandes Alpes méconnues et délaissées. La ville de Grenoble, si merveilleusement placée pour être un centre d’excursions montagneuses, les bains voisins d’Uriage et d’Allevard, etaussi le célèbre pèlerinage de la Saletle, attirent, il est vrai, quelques visiteurs et donnent quelque renommée aux merveilles du Dauphiné, mais certainement bien moins qu’elles ne méritent. Voici l’opinion d’un juge impartial et compétent, de Joanne : « Le Dauphiné est la plus belle partie de la France; il l’emporte de beaucoup sur le Jura et les Pyrénées ; il possède une grande vallée et des gorges (pic la Suisse elle-même pourrait lui envier; quelques-uns de ses glaciers étonnent, par leur magnificence et leur étendue, les touristes qui revien-

rient de l’Oberland bernois ou de Chamounix. Si cette grande et belle province est beaucoup moins connue et visitée que les Pyrénées, c’est, il faut le dire, la faute de ses habitants. Les Dauphinois n’ont jamais su rien faire pour attirer et retenir les étrangers dans leur pays. Où la propreté la plus vulgaire manque complètement, il sérail insensé de chercher le confortable. Nulle part, en Europe, on ne trouverait des populations et des administrations plus insouciantes. Mais qu’importent ces petites misères à ceux qui aiment la grande et belle nature des Alpes, si leur âge et leur santé leur permettent de braver les ennuis et de surmonter les difficultés? Qu’ils aillent visiter le Dauphiné; ils y seront amplement récompensés de leurs privations et de leurs fatigues; ils auront, en outre, la satisfaction d’y faire de véritables découvertes. Certaines de ces régions de notre belle France n’ont encore été explorées par aucun voyageur, décrites dans aucun livre. La plupart des massifs des hautes Alpes françaises attendent encore leur Saussure. »

11 est juste d’ajouter que ces lignes datent de 1860, et que, depuis cette époque, des efforts sérieux ont été faits pour rendre le séjour dans les montagnes du Dauphiné plus agréable aux voyageurs. Encore un peu de temps, et ces efforts patriotiques donneront au Dauphiné des hôtels, des chemins, des guides, des moyens de transport et des billets de circulation, et notre pays pourra offrir à l’instruction de sa jeunesse, pour compléter l’échelle croissante qu’offrent les Vosges, l’Auvergne et les Pyrénées, les mâles et grandioses beautés d’une Suisse française.

Nous ne voulons pas ici, comme pour les Vosges et le Jura, indiquer un itinéraire qui permette de se faire en

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