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UNE OCCASION DE VOIR LES ALPES

Si vous allez en Italie pour l’hiver, ce sera votre chemin. Je voudrais vous montrer les Alpes , les sapins , les torrents , d’immenses vues , quelque chose de tout à fait digne d’une imagination comme la vôtre, un lieu que vous aimeriez pour lui -même, et auquel vous garderiez fidélité.

( Lettre du P. Lacordaire à l’abbé Perreyve.)

Un cas qui se présente assez fréquemment, et met beaucoup de personnes dans la nécessité de faire un peu connaissance avec les Alpes, sans pouvoir y consacrer cependant beaucoup de temps, est celui d’un voyage en Italie. Si l’on n’est pas trop pressé, et si l’on ne tient pas à faire une autre connaissance plus désagréable, celle du mal de mer, en prenant la voie de Marseille, on est forcé de traverser la chaîne des Alpes en un point quelconque.

Les timides et les frileux, qui craignent les neiges et le froid des hauteurs , et qui préfèrent le gracieux au grandiose, sacrifient les grandes Alpes, font un détour, et prennent la Corniche. On désigne, par ce mot qui fait image, une route admirablement pittoresque, suspendue au flanc des contre -forts des Alpes Maritimes et des Apennins, qui plongent directement dans la mer Méditerranée, entre Nice et Gènes; elle va jusqu’à la Spezzia; mais de Gènes on peut passer l’Apennin en chemin de fer par un col peu élevé (la Bocchetta, 777 m).

Nous ne parlerons pas des cols de Tende, de l’Argentière, d’Abriès et de Mont-Genèvre , qui ne sont sur la route d’Italie que pour les habitants de nos provinces les

plus méridionales. Ils font d’ailleurs seulement connaître les Alpes de la Provence et du Dauphiné méridional, que le déboisement et le défaut d’agriculture ont rendues décharnées et tristes. Le dernier toutefois mérite d’être recommandé spécialement, si l’on veut visiter en passant la Vallouise et voir le mont Pelvoux.

Le col qui est sur la route la plus courte et donne passage aux voyageurs pressés, c’est celui du mont Cenis

Fig. 39. — Environs du mont Cenis.

(fîg. 39), sur lequel la poste a d’abord été détrônée par le chemin de fer Fell à rail central, lequel est aujourd’hui détrôné à son tour par le chemin de fer ordinaire, passant par ce gigantesque tunnel qui troue la montagne à 1 ,500 m au-dessous de sa crête. Ce tunnel ne passe pas, comme on le croit, sous le mont Cenis, mais à plus de 20 kil. au sud-ouest, sous le col de Fréjus. Il a 12,200 mètres de longueur entre son entrée à Modane et sa sortie à

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