‹ Les montagnesChapitre 76 sur 313 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

sonl les mines de Schemnitz et la haute cime du Tatra (2700 m), et projetant, vers la mer Noire, la citadelle de la Transylvanie, dont nous avons parlé au chap. n. La hauteur moyenne de toute cette chaîne est intermédiaire entre celle du Jura et celle des Pyrénées.

Le système dus Balkans , des Alpes dalmates et des Alpes helléniques couvre de sa masse et de ses ramifications presque toute la surface de la péninsule grecque. A l’ouest, un immense plateau ridé, assez analogue au Jura, calcaire, miné de grottes, gou lires et rivières souterraines, s’étend le long de la mer Adriatique. C’est laque sont réfugiées ces indomptables populations Dalmates, Serbes, Monténégrins, toujours en lutte pour leur indépendance.

Ce haut plateau s'élargit au centre de la presqu’île, pour s’abaisser nui s les mers qui l’entourent par des terrasses ardues, coupées de ravins et de défilés. Les montagnes de eus pays, devenus aujourd'hui presque sauvages, ont abrité jadis les peuples lus plus civilisés de la terre, et portent des noms célèbres: ce massif culminant de la péninsule s’appelle le mont Olympe (2072 m), suivi des monts Ossa et Pélion ; cette large chaîne, en Thrace, s’appelle Rhodope; cette chaîne centrale, qui descend entre l’Epireet laThessalie, c’est le Dinde: ce défilé porte le nom de Thermopyles ; les sommets de celte crête transversale s’appellent l'Œta, le Parnasse, l’IIélicon, le Cithéron ; cette haute terre, si bien découpée eu feuille de mûrier par la mer, c est le Péloponèse ; ce plateau, arrondi au centre, c’est l'Arcadie, et les vallées âpres et désolées qui en descendent ont autrefois contenu Sparte, Argos et Messène.

Aujourd’hui , à moins d'être bien armé et accompagné, personne ne s'y aventure. S'il n’existait pas une école française d’Athènes pour fournir quelques rares visiteurs à ces contrées mortes, l’existence de leurs montagnes paraîtrait

OU SON T LUS MONTAGNES

aussi fabuleuse que celle de Jupiter et d’Apollon, auxquels on les avait données pour séjour.

En suivant le cercle du rayon moyen que nous décrivons autour de notre pays, nous rencontrons l’Italie, dont la charpente est formée, du haut en bas, par une chaîne belle et célèbre, au moins de nom, les Apennins.

C’est une chaîne de nature variable, mais o Ci le calcaire prédomine; elle atteint une longueur de 1300 kilom.; sa largeur, qui n’a pas 30 kilom. à Gênes, devient en certains points presque égale à celle de la Péninsule.

La partie septentrionale ou ligurienne est la plus basse ; ses sommets ne dépassent pas en hauteur ceux des Vosges, sauf dans le beau contre-fort qui fournit les marbres de Carrare.

L’Apennin toscan est plus élevé : les cols dépassent 1000 m, et le mont Cimone, 2000 m. Ces deux parties sont escarpées vers le sud , en pente douce vers le nord. L’Apennin central , romain et napolitain , est une suite de larges plateaux élevés de 1300 à 2000 coupés d’âpres arêtes et (fig. 44) de ravins sauvages, les Abruzzes et pays voisins; les plus grandes hauteurs, à l’inverse de la chaîne ligurienne, sont vers l’Adriatique, où se trouve le Grau Sasso d’italia , qui atteint 2917 m, et le mont Amaro (2800 111 ). Du coté de Rome se succèdent des terrasses moins élevées, mais toujours âpres et sauvages.

Au-dessous de Salerne, au mont Acuto, la chaîne se bifurque pour dessiner le pied de la fameuse botte ; la Calabre, qui en forme le cou-de-pied, est encore montagneuse; mais le talon (Ûtrante) et le bout du pied (Aspromonte) ne sont plus que des collines.

Les contrées basses qui s’étendent au sud-ouest, des limites de la Toscane à Salerne, sont semées d’accidents volcaniques célèbres. Ces lacs arrondis, Trasimène, Bol-

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