CHAPITRE III
sena , Albano (voir au chap. îx), sonl d’anciens cratères; le lac Lucrin , qui leur ressemblait, a été comblé par une éruption au xvi° siècle. Le mont Epomeo d’ischia, la Solfatare et d’autres points, ont été en éruption au moyen âge. Aujourd’hui il ne reste plus d’autre volcan actif sur cette cote que le Vésuve.
Fig. 44.— Le mont Cassin (Apennins).
Nous y reviendrons au chap. ix, ainsi que sur les îles Éoliennes et sur l'Etna, le géant des volcans d Europe, qui élève à 3320 m sa tète neigeuse par-dessus les prolongements de l’Apennin, formant la charpente de la Sicile.
Les régions volcaniques sont à peu près les seules visitées clans les Apennins, dont la chaîne, quoique bien voisine de nous, a contre elle deux fortes raisons qui en éloignent les voyageurs : la concurrence des Alpes et le manque de sécurité.
Nous pouvons presque en dire autant des montagnes d’Espagne : pour les aller voir, il faudrait passer les Pyrénées, qui savent garder leurs visiteurs et les laisser tranquilles sur leur bourse et leur vie.
La péninsule espagnole tout entière est un haut plateau aride et nu, dont la partie centrale, la Castille, a de 700 à 800 m d’altitude moyenne, et s’abaisse vers la mer par des terrasses encore très-élevées, où les eaux ont creusé des vallées profondes , presque seules habitées. Le singulier mont Serrato près de Barcelone, avec son couvent, ses grottes et son cirque cratériforme , est presque le seul qui ait des visiteurs. Des faîtes âpres et déboisés, formant à l’horizon des crêtes déchiquetées en dents de scie et appelées sierras (fig. 45), séparent les diverses portions du plateau et des terrasses en contrées isolées, dont les parties montagneuses sont impraticables à une armée offensive, comme le montre toute l’histoire de l’Espagne, aussi bien la plus ancienne que la plus récente. 11 n’y a guère de plaines basses de quelques myriamètres d’étendue qu’autour du cours inférieur de l’Ebre, du Tage et du Guadalquivir : cette dernière plaine, nommée l’Andalousie, est bordée, à l’est, par une haute chaîne, la Sierra- Nevada, qui, au delà de Grenade, contient des pics neigeux (Mulliacen, 3554 m) plus élevés que les points culminants des Pyrénées. C’est la région la plus pittoresque et la plus curieuse à visiter pour les amis des montagnes.
Nous pouvons encore ajouter à ce cercle des moyennes distances, comme appendice à la Grèce, à l’Italie et à l’Es-