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CHAPITRE I

cevoir au-dessus de l’horizon les montagnes situées de part et d’autre. Dans ce cas aussi, de l’une des chaînes limitrophes on voit l’autre. Si les deux rives saillantes se rapprochent beaucoup , et surtout si elles appartiennent au même système montagneux . l’espace compris est une vallée plus ou moins large.

Si cette vallée est assez large, on peut employer pour la désigner le mot plaine, afin de faire remarquer cette largeur, et de distinguer la portion plate du pays de la portion montagneuse. Ainsi on appelle indifféremment plaine ou vallée du Rhin le pays plat dont l'Alsace est la moitié gauche; il est vrai que de la plate-forme de la cathédrale de Strasbourg on voit les Vosges et la forêt Noire.

Mais on appelle toujours plaine suisse le bassin inférieur de l’Aar, quoique le Jura, qui le borde au N. -O., soit un splendide observatoire pour admirer les Alpes, qui le terminent au sud.

Ce dernier exemple nous montre en même temps combien est relative cclLc question de parties plates et de parties saillantes. Cette plaine suisse est semée de collines qui paraissent insignifiantes auprès du Jura et des Alpes, et semblent des ondulations du fond de la vallée. A Paris, on les appellerait des montagnes; car elles sont en moyenne trois fois plus hautes que Montmartre.

Ces grandes vallées- plaines étant (fig. fi) des surfaces plates bordées d’escarpements montants, les plateaux sont tout à fait l’inverse; ce sont (fig. G) des surfaces piales bordées, au moins d’un côté, d’escarpements descendants.

Toutefois il faut faire pour eux, d'une manière générale, l’observation que nous venons de faire pour la plaine suisse : leur surface est ordinairement bossue, ravinée, tourmentée ; mais ces accidents sont peu considérables relativement à l’élévation de tout le massif. Nous en avons

PAYS DE PLAINES ET PAYS DE MONTAGNES 25

un magnifique exemple dans le plateau central français, que nous décrirons au chapitre ni.

Fig. 5. — Profil de vallce.

Fig. 6. — Profil de plateau.

Les plateaux sont en définitive une forme particulière de montagnes; différons donc leur étude, ainsi que celle des vallées, qu’on ne peut pas considérer indépendamment des saillies qui les bordent, et revenons aux plaines.

La richesse principale du sol , le tribut que demande surtout l’homme, c’est la végétation, c’est l’aliment, fruit de la culture. Si l’homme choisit la plaine pour séjour, c’est à la condition qu’elle sera fertile. Or le sol , pour être fertile, exige avant tout de l 'eau, qui l’imbibe sans le noyer, qui se renouvelle sans cesse , mais sans excès.

Les montagnes sont, comme nous le verrons, les grands agents et les grands régulateurs de la circulation des eaux. Leurs pentes les plus douces et les plus basses, ainsi que les plaines qui s’étendent à leurs pieds, sont tout à fait favorisées sous ce rapport, et l’on y trouve toujours la plus admirable fertilité.

Les plaines trop grandes, au contraire, sont souvent dans de mauvaises conditions pour que l’eau y entretienne la végétation. Le climat y est toujours trop constant, les variations atmosphériques venant le plus souvent des accidents de terrain; la prolongation de la chaleur et de la

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