‹ Les montagnesChapitre 81 sur 313 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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ont fondé à Lahore un Himalayan-Club , u 1 imitation de l’Alpine-Club, celle masse montagneuse, presque inconnue il y a trente ans, est en ce moment l’objet de véritables découvertes. Déjà on y a mesuré géométriquement plus de

Fig. 47. — Ce Gaurisankar

soixante sommets dont l’altitude dépasse 7000 111 . Jusqu’ici, le plus élevé, c’est-à-dire le point culminant du monde, reste encore le Gaurisankar, ou Gaourichnaka , ou mont Everest (fig. 47), situé sur le bord indien, dans le Népaul ; il atteint 8840 m, presque deux fois la hauteur

du mont Blanc. Le sommet qui a le second rang pour l’élévation n’est pas dans l’Himalaya, mais dans le Ivarakorum : c’est le Dapsang , au nord de la vallée de Cachemire; il a 8030 m. Le troisième rang appartient au Kinchinjunga (8588 m), qui fait partie de l’Himalaya, mais dans le Sikkim , au nord de Calcutta ; à ses pieds ( à 2050 m), en un point d’où on peut voir se déployer toute sa majesté, les Anglais ont construit le belvédère de Dorjiling. Le Dawalagiri, que l’on regardait comme le point culminant il y a trente ans, a 8180 m. Schlagintweit évalue la hauteur moyenne des crêtes du massif, abstraction faite des pics qui les accidentent, à 5430 m pour l’Himalaya, à environ 5700 111 pour le Karakorum , et 5200 m pour le Kuenlun. On voit que tout est bien là à une échelle double de celle des Alpes. Toutefois, pour ne pas donner trop de regrets à ceux de nos lecteurs qui espèrent bien voir les Alpes, mais non l’Himalaya, nous leur citerons ce témoignage d’Elisée Reclus :

« Si ces monts puissants de la haute Asie sont plus majestueux que les Alpes d’Europe, ils n’ont point en général la même variété d’aspect, la même grâce dans les contours, le même charme dans les paysages. L’Himalaya est uniforme dans sa grandeur : ses pics sont plus hauts, ses neiges plus étendues, ses forêts plus vastes; mais il a moins de cascades et de lacs, il n’a pas de riantes pelouses ni de bosquets épars, on n’y voit point les pittoresques chalets blottis dans les vallons ou se penchant au bord des abîmes. »

Auprès de ces colosses de l’Asie centrale , il est à craindre que les montagnes qui nous restent à citer ne paraissent avoir que peu d’intérêt.

En Afrique, les voyages de MM. d’Abbadie ont donné de la notoriété au plateau d’Abyssinie, élevé de plus de

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