CHAPITRE IV
doit donner et donne, en effet, une surface précise et constante au-dessus de laquelle font saillie les plaines et les montagnes.
La distance verticale du sol à cette surface, comme qui dirait la profondeur d’un puits dont la nappe d’eau serait la continuation horizontale de celle des mers à travers la terre, s’appelle la cote de hauteur ou Y altitude du point considéré.
En levant la carte d’un pays, on détermine rigoureusement les altitudes de quelques points remarquables de ce pays, angles de bâtiments publics, objets scellés, etc., dont l'immobilité est confiée au soin de l’administration des ponts et chaussées, et qui servent de repères pour les nivellements partiels faits dans chaque pays. A Paris, c’est une échelle fixée à une arche du pont de la Tournelle, dont le point 0 est à 33'“ au-dessus du niveau de la Manche.
La détermination de l’altitude de ces points s’obtient par des nivellements, et pour ceux qui sont inaccessibles, par des mesures d 'angles formés avec une base déterminée avec précision, et des calculs trigonomé triques.
Ce sont là de longues opérations, dont les résultats sont consignés par des chiffres sur les cartes d’état -major. Pour les mesures de détail, il existe une méthode rapide; c’est la physique qui l’a fournie, comme elle avait déjà fourni la boussole pour le levé des plans. Cette méthode consiste à apprécier le poids de la colonne d’air qui pèse sur un point d’altitude connue; puis, au même moment, celui qui pèse sur le point dont on veut connaître l’altitude : la différence est le poids de la colonne d’air qui aurait la hauteur cherchée, et de ce poids on conclut cette hauteur par un calcul qui peut être fait d’avance dans un tableau.
LES FORMES DES MONTAGNES
L’instrument qui mesure la pression due au poids de l'air est connu de tout le monde, c’est le baromètre.
Supposons (fig. 50) un tube de verre recourbé dont la
Fig. 50. — Tube barométrique couché.
longue branche, fermée au bout, est complètement remplie de mercure. Redressons ce tube doucement (fig. 51) ; l’air ne pourra pas entrer dans cette branche, et cependant, si le tube a à peu près un mètre de hauteur, le mercure quittera le sommet bouché, et établira son niveau en un point, plus élevé que celui de l’autre branche, d’environ 7 décimètres et demi. L’intervalle resté entre le mercure et le sommet bouché du tube est le vide barométrique.
Prolongeons parla pensée le tube ouvert jusqu’aux limites supérieures
Fig. 51 — Baromètre redressé.
del atmosphère, nous aurons, pesant l’une contre l’autre, d’un coté une colonne de mercure, de l’autre côté une colonne d’air, qui doivent se faire équilibre. L’une est très-courte, l’autre très-longue, parce que le mercure est très-lourd et l’air très-léger (11 à