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CHAPITRE IV

On cite le mont Soracle, près de Rome; mais il a à peine 700 m d’altitude. Les montagnes qu’on pourrait trouver sur certaines gravures, comme produisant cet effet, se relient à un massif plus éloigné par un prolongement caché derrière la montagne; ce sont des promontoires dont on ne voit pas les isthmes; exemple : le mont Ventoux, vu d’Avignon.

Une île montagneuse peut produire plus souvent cet effet de montagne isolée ; mais remarquons que le profil se continue sous l'eau ; nous ne voyons en réalité que le sommet de la montagne : si l’eau disparaissait, nous verrions des saillies cachées relier ce sommet aux accidents de la cèle voisine.

Le fameux mont Athos dans l’Archipel se relie par un isthme accidenté à la côte de Macédoine ; c’est l’isthme ipie Xerxès fil couper par un canal pour faire passer sa flotte.

Il n’y a qu’une seule classe de montagnes que l’on puisse voir se dresser d’un seul morceau au milieu d’une plaine : ce sont les volcans, c’est-à-dire des cônes de débris lancés en l’air par des gaz sortant d’une fente, et retombés régulièrement autour île l’ouverture ; lorsque l’ouverture d’éjection est restée unique, on peut avoir, en effet, au milieu d’un pays plat, une haute saillie en forme de cône régulier qui répond assez à l’idée vulgaire que se font d’une montagne ceux qui n’en ont jamais vu. Exemple: l’Orizaba.

Mais les volcans eux-mêmes sont ordinairement groupés, la terre donnant ordinairement issue aux produits volcaniques par des ouvertures multiples, et l’entassement de ces monts forme une première classe de chaînes de montagnes tout à fait spéciale: les chaînes volcaniques, dont nous traiterons en particulier au chapitre ix. La

LES FORMES DES MONTAGNES

ligure 24 bis, représentant une chaîne volcanique de l’Auvergne, donne une idée de la forme générale de cette classe de montagnes.

Une seconde classe est celle des montagnes de plissement, dont le Jura (fig. 59), en Europe, et les Alleganys, en Amérique, nous offrent des exemples; ce sont des suiles d’ondulations comme des vagues parallèles ; il semble que l’écorce de la terre, resserrée dans un sens, se soit plissée comme un rideau d’étoffe ou comme une pile de draps resserrée latéralement entre deux planches. Des fractures et des érosions par l’eau se sont produites ensuite, qui ont accidenté la forme générale.

Fig. 39. — Plissements du Jura, vus d’une cluse ou coupure transversale.

Une troisième classe est formée par les massifs montagneux, où l’on ne distingue pas nettement la ligne de faîte et les deux versants, mais où toute une portion du sol est surélevée à peu près également dans toute sa largeur ; quelquefois la surface ainsi soulevée est à peu près plate, et le massif entier est un haut plateau; quelquefois aussi elle est hérissée d’un fouillis de saillies inextricable. Les montagnes de l’Espagne sont souvent dans le premier cas, les parties centrales de l’Himalaya dans le second : les eaux s’écoulent par où elles peuvent, et leur ligne de partage, si chère aux géographes, décrit des

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