‹ Les monuments antiques de l'Algérie (volume 2)Chapitre 75 sur 264 · ÔN/U · texte numérisé non relu

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On a en Algéi'ie d'assez miuibreu.x exemples du monogramme constantinien simple (1) qui datent des second et troisième tiers du iv siècle. Ce même signe se retrouve quelquefois plus tard, avec des croix simples ou monogrammatiques — La plupart des inscriptions datées qui offrent le mouogranuue constantinien avec l'a et l'o) (2). appartiennent au commencement du V siècle. Il y a un exemple de l'année 38't, à Sétif {Rec. de ConsL, XXII, 1882, p. Ii8)et un autre de l'année 480, prés de Tiaret, dans la province dOran {Bull. Comiic, 1S9:>. p. 314). — Le plus ancien exemple de la croix raonogrammatique avec le P grec (3) est de 4'2.^ [Bull. d'On/n, 1888. p. 89). Elle demeure en usage pendant

il6 LES îklÛMMENTS AMIQUES DE L ALGÉRIE

d'arcliitectiiro ' ci des mosaïques, la forme des lettres ou le style des inscriptions et quelques autres indices aussi peu précis que tous ceux que nous venons d"énumérer'%

les v et vi" siècles. — Une seule inscription datée d'Algérie nous la montre accompagnée de Ta et de Tw (4) : elle est de 540 environ {Corpus, VllI, 4TJ9). Mais ce signe a été sans doute usité longtemps auparavant. — On n"a pas de dates pour le monogramme constantinien avec la forme de l'Ii latine, accompagné ou non de l'a et de l'w (ri et 6). — 11 est de même pour la croix monogrammatique simple avec la même R (7). — La croix monogramniatique avec 1 15, l'a etr£>j(8j se trouve sur une inscription deSélif, de 454 (Bull. Comilc, 1802, pi. XV). — La croix simple apparaît sur des inscriptions d'Altava (département d'Oran) dans le second tiers du V siècle, peut-être aussi en 440 à Sétif (Corpus, £63 i, où cette croix n'est cependant pas certaine). Mais elle ne devient banale en Numidie et en Maurélanie qu'à l'époque byzantine. La formé de la croix grecque (9) est plus fréquente que celle de la croix latine (10 . Ce signe est rarement accompagné de Va. et de Vo) (11). — Xous nous contenterons de ces brèves indications. Une étude sur la chronologie des sifjna Cliristi en Afrique demanderait d'assez longs développements; elle devrait d'ailleurs embrasser à la fois l'Algérie et la Tunisie.

1. Encore faut-il être certain que ces morceaux d'architecture ne sont pas des remplois

•2. 11 n'existe en Algérie aucune basilique que l'on puisse rapporter avec certitude à une époque antérieure à la paix de l'Église. Les textes en mentionnent pourtant plusieurs (voir n° 66 b, à Hippone. et n° 44, à Constantine), et il est probable que, sous la persécution de Dioclétien. la plupart des sanctuaires chrétiens d'Afri(|ue ne furent pas détruits, mais simplement confisqués.

Voici, pour les époques suivantes, la liste des ruines chrétiennes que l'on peut dater tant bien que mal : Orléansville (n- 95), année 324; — Sainte-Salsa à Tipasa (n° 159), sanctuaire primitif, iv" siècle: — Djemila (n° 48), iv^ siècle;

— Tébessa, grande basilique (n° 138), iv^ siècle (?;; — Zoui (n" 167), id. (?); — chapelle funéraire d'Alexandre à Tipasa (n" 160), fin du iv< siècle ou début du v^;

— Malifou (n" 79), id. (?) ; — Kherbet Fra'im (n" 49), fin du rv" siècle ou v° (?); — Ilenchir Gourai (n" .'j3), id. (?); — Ksar Sbéhi (n" 71), id. (?); — Ilenchir el Ksour (n» 72', id. (?) ; — Kherbet el Ousfane (n» 104), id. (?); — Sériana (n° 118), id. (?^;

— Bénian (n" 22), entre 434 et 439; — Kherbet Guidra (n» 60), avant 444; — Mouzaïaville (n° 93), avant 495; — Sainte-Salsa (n» lo9), allongement du sanctuaire, milieu du v siècle ou plus tard; — Tébessa (n° 138), construction des tribunes, des cellules, etc., id.; — Tigzirt (n» 146), id.; — Sidi Ferruch, chapelle (n" 124), deuxième moitié du v siècle; — Ain Zirara (n° 8), entre 4rj0 et 550 environ ; — Ilenchir Mertoum (n- 88), vi' siècle, peut-être sous Hildéric ; — A'in Ghorab (n" 4), fin du v siècle ou vr; — Announa (n" 11), époque byzantine; — Constantine, église du Capitole (n° 44). id.; — Khamissa (n-eS), id.; — Timgad (n"» lut et 1.j5), id. (?); — Zana (n" 16'i), /(/. ; — Matifou (n» 79), restauration de l'église, id.; — Gouéa (n" 51), vr siècle (?) : — Timgad (n» 156), vers 645.

Au point de vue de lotir destination, on peut distinguer parmi les monuments religieux :

1" Les églises proprement dites, qui servaient au culte ordinaire et qui étaient situées dans les villes et dans les bourgs'. Le schisme donatiste, qui se répandit surtout en Numidie, contribua à multiplier ces églises. Si, en beaucoup de lieux, les donatistes mirent la main sur les édifices sacrés 2, ailleurs ils en construisirent de nouveaux : saint Optât leur reprochait d'avoir fait «des basiliques non nécessaires [hasilicas non necessarias)'^)). Les sanctuaires des deux partis s'élevèrent parfois les uns auprès des autres : saint Augustin raconte que de l'église catholique d'Hippo Regius on pouvait entendre des cris poussés dans l'église donatiste''. Dans l'ancienne Numidie, on rencontre assez fréquemment des ruines de plusieurs basiliques dans des villages qui no devaient être que faiblement peuplés S; peut-être attestent-elles les querelles religieuses qui

1. On constate souvent en Afrique, comme en Italie et on Gaule, que ces églises se trouvent, non au centre, mais à la lisière des villes romaines. Notre catalogue donne beaucoup d'exemples de ce fait : Djemila (n° 48). Rsar SLélii (n- 7t , Matifou (n" 79). Mdaourouch {n" 80), Taksebt (n" 132), Tébessa (n" 138), Tigzirt .n" 146), Tipasa (n" i;j7), etc. A Kherbet Guidra (n° 60j, l'église est même en dehors du rempart. Un certain nombre de ces édifices sont certainement postérieurs à l'époque des persécutions; d'autres, que l'on ne saurait dater, le sont sans doute aussi. Mais on peut supposer qu'ils ont remplacé des églises plus anciennes ; avant le règne de Constantin, les autorités n'auraient pas permis aux chrétiens de construire des églises au cœur même des cités : c'eut été une sorte de bravade adressée aux cultes officiels, dont les temples s'élevaient, pour la plupart, sur le forum ou dans le voisinage. Il est vrai qu'on peut aussi se demander si la situation excentrique d'un grand nombre d'églises ne doit pas être attribuée au bon marché relatif des emplacements à bâtir aux extrémités des villes.

2. Voir par exemple au n° 44 (Gonstantine). Conf. Optât, De schismale donatislaruta. 2, 17 et 18. — Les catholiques durent souvent leur rendre la pareille (voyez p. e. Conférence de Caii/iof/e. 3, 2-i8, dans .Migne, l'atrolof/ie latine, XI, p. 1413).

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