Gavault, l. c, p. 36, fig. 8, n
qui remplissaient le liant de la baie? La chose est incertaine ; la seconde liyi)otliëse donne un arrangement plus élégant et plus solide. Des coussinets, que Ton a retrouvés dans les fouilles et qui sont plus petits que les précédents, étaient peut-être placés sur les chapiteaux de ces colonnes.
Au-dessus des grandes arcades qui fermaient les baies des tribunes, aboutissaient les poutres soutenant la toiture inclinée des collatéraux. Selon l'ordonnance usitée dans rarcliitecture chrétienne primitive, la nef devait s'élever plus haut encore. Des murs percés de fenêtres reposaient sur les arcades ; ils étaient précédés de colonnettes, dressées à Taplomb des colonnes antérieures durez-de-chaussée et de l'étage, et juchées sur les dés qui surmontaient sans doute la moitié antérieure des grands coussinets des tribunes ; les extrémités des entraits de la toiture du vaisseau central venaient s'appuyer sur ces colonnettes. La hauteur maxima de la basilique atteignait environ 10 mètres.
L'ornementation du monument était assez riche. Les cha})iteaux employés à coiffer les colonnes des quatre séries que nous avons indiquées ont été pour la plupart empruntés à des édifices plus anciens : ils appartiennent aux ordres dorique, ionique et surtout corinthien. Ceux qui paraissent contemporains de l'église sont de formes lourdes et d'une exécution grossière : ce sont quelques chapiteaux ioniques, un ou deux corinthiens, peut-être aussi plusieurs chapiteaux à moulures bizarres et qu'il est impossible de classer dans aucun ordre. Les bases et les fûts (dont quelques-uns sont cannelés) ont dû, en général, être pris ailleurs. Les coussinets se rattachent à divers types. Les plus intéressants, taillés tout exprès, offrent sur leur face antérieure soit une ou plusieurs figures (dauphins,.
lièvre, colombe, lion, aigle, quadrupède ailé, Daniel entre les lions, Balaam et son âne [?]), soit un motif d'ornementation, soit une croix monogrammatique. Les frontons sont également décorés sur celle de leurs faces qui regardait la nef : nous avons cité ceux qui montrent une coupe de l'église; sur les autres on voit des ornements variés, géométri([ues ou végétaux, encadrant parfois un monogramme du Christ. Leur rôle architectonique tout particulier, leur style et les motifs qui y sont sculptés prouvent à Lévidencc qu'ils sont aussi contemporains de la 1)asiiique.
Le sol de la nef et des bas cotés était entièrement couvert de mosaïques, mal établies et aujourd'hui en fort mauvais état. Les lambeaux qui subsistent permettent de constater qu'elles n'ont pas été faites d'après un ])lan d'ensemble, de manière à former un tout homogène et harmonieux. Elles consistaient au contraire en des séries de cases juxtaposées, fabriquées à diverses époques, selon les ressources disponibles. Outre des motifs d'ornementation très variés, on y distingue des restes d'inscriptions métriques plus ou moins pompeuses, rappelant la générosité des donateurs, un sujet biblique (le sacrifice d'Abraham, au centre de la nef ), une allégorie (deux barques conduites par des rameurs et guidées par les étoiles de la foi) ; des objets et des animaux, probablement symboliques (navire, vase, lion, bœuf, tigre, agneau).
Le mur épais qui limite l'abside repose à l'extérieur sur un ompattement de même forme ; en outre, il est étayé, au milieu de la courbe, par un gros contrefort en pierres de taille ; d'autres contreforts plus petits, qui subsistent à droite de celui-ci, semblent être d'une époque plus récente. Ces mesures de consolidation étaient utiles, car le terrain s'incline
par une forte pente aux abords du clievet de l'église.
Le sol du presbfjlerium est surélevé d'un mètre : on y montait par deux petits escaliers. L'ouverture était barrée par une double rangée de colonnes, au nombre total de huit, qui portaient trois arcades en pierres de taille. Tout en ornant l'entrée de l'espace réservé au clergé, ce dispositif avait l'avantage de consolider l'arc de tête, qui ne mesurait pas moins de 9™, 20 dediamètre. Quatre autres colonnes (àcliapiteaux ioniques), dont divers fragments ont été retrouvés à l'intérieur de l'abside, ont pu être appliquées contre le mur. Le sol était pavé d'une mosaïque, dont il ne reste en place que quelques cubes de marbre. Des cubes en verre ont été recueillis près des escaliers : ils peuvent provenir soit de la voûte de l'abside, soit de la paroi qui surmontait l'ouverture.
L'abside est flanquée, à droite comme à gauche, d'une sacristie, avec laquelle elle communique par une large baie, à chambranle mouluré. Sur le linteau, on remarque des trous de scellement pour des crochets, auxquels était suspendu un rideau masquant la porte. Un mur, très remanié, sépare la sacristie de droite [prothe^h) du bas côté voisin ; primitivement, il y avait peut-être là un passage. Une autre porte, également remaniée plus tard, s'ouvrait sur l'extérieur : l'un des montants est orné d'un monogramme constantinien gravé. Le solde cette sacristie, couvert d'une mosaïque, était à peu près de niveau avec le collatéral : on devait y descendre de l'abside par un escalier, sans doute en bois. La salle de gauche (diaconicum) n'a jamais communiqué avec le bas côté contigu, mais elle avait des portes donnant sur l'extérieur et sur le baptistère.
En avant du preshyterium et contre la murette qui le bordait du côté de la nef, on voit un socle massif, en pierres de
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taille, occupant tout l'espace compris entre les deux escaliers. Il était peut-être destiné à porter un autel. Plus tard, la table sainte fut placée au milieu même de l'abside, comme l'attestent quatre colonnes, disposées en carré, qui formaient évidemment les supports d'un ciboriiim ; elles étaient simplement encastrées dans le sol.
D'autres remaniements se remarquent dans la basilique Après une destruction partielle, on établit, au milieu du sanctuaire, une ligne de murs qui coupa transversalement les trois vaisseaux, de manière à constituer une nouvelle façade à l'édifice, réduit de moitié. Cette façade était percée de trois portes, donnant accès à chaque vaisseau. Entre les doubles colonnes du rez-de-chaussée, on éleva d'autres murs, pour isoler la nef. Dans la nef même, on dressa deux rangées de piUers et de colonnes, dont les espacements correspondent à peu près à ceux des colonnades primitives : cet aménagement s'explique sans doute par le fait qu'on ne possédait plus de poutres assez fortes pour franchir une portée de 9 mètres. Une partie du mur du bas côté droit fut refaite grossièrement en pierres de taille. On modifia aussi la sacristie de droite : un mur convexe remplaça la paroi rectiligne du fond'^. Tous ces travaux furent exécutés à l'aide de matériaux enq^runtés à la basilique même, déjà fort endommagée à cette époque : on les prit dans la partie antérieure du monument, qui fut désormais abandonnée, sans doute aussi dans la partie supérieure, car cette restauration hâtive et barbare ne dut pas comporter de tribunes