De Bosredon, Rec. de Const., XVI, 1873-4, p. 54 et pl
3. Conf. Saladin, Archives des Missio7is, 3" série, XIII,, 1887, p. 125-128.
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magasins. Comme on le voit, ce monument, qui, après dix-sept siècles, garde encore grand air, était une simple huilerie ^
A Tipasa de Maurétanie, il y avait, au sud-est de la ville, une propriété importante, appartenant à une famille Hortensia. Le bâtiment que nous allons décrire- s'élevait sur ce
Can,p,c crv tu.vuer;> C D E F FiG. 90. — Huilerie de Bir Sgaoïm.
domaine; nous en donnons le plan figure 91, d'après le dessin
1. 11 y a aussi une huilerie importante à Ksar Tébinet, au sud-ouest de Tébessa; elle a été établie dans un fort de l'époque du Haut Empire (conf., t. I, p. 89, n. 1). — Dans les régions de Tébessa et de Khenchela, on rencontre en beaucoup de lieux des ruines d'huileries analogues, mais moins vastes ; conf. par exemple, Masqueray, Revue africaine^ XXII, 1878, p. 34, 38, 40.
2. Gavault, Revue africaine, XXVIII, 188 p. 74 seq. Gsell, Mélanges de l'École de Rome, XIV, 1894, p. 420-4.
■de Gavault. Il comprend des constructions qui datent de différentes époques et se distinguent par des exhaussements suc- •cessifs. Les parties teintées en noir indiquent la première •époque, à laquelle se rapportent tous les murs en pierres de
taille ; les murs à hachures croisées sont en moellons et plus récents.
Primitivement, l'édifice était peutêtre une habitation, pourvue de bains : les salles A et B offrent, en effet, des restes d 'Il ypocaustes .
Cette demeure fut détruite par un incendie. Plus tard, probablement à la fin du m" siècle, on y établit une fabrique. Les salles Y et H contiennent
FiG. 91. — Fabrique de Tipasa.
des pressoirs, de 1"',60 et de 2 mètres de diamètre. Dans la salle H se voit aussi, dit Gavault, « un escaher de huit degrés, qui a « encore sa rampe ; il mène à une large plate-forme, où sont deux « beaux bassins, séparés par un rebord en pierres de taille. Tous « deux pouvaient, celui de gauche {a) par une gargouille, « l'autre, plus éloigné {b), par des conduits de plomb, déver-
« ser leur contenu dans un troisième bassin (c), dont le radier « est de niveau avec le sol de la salle. Une dépression (e), de « forme circulaire, ménagée dans ce radier, était destinée ii « recevoir le dépôt du liquide. Une ouverture permet de vider <( le bassin; elle débouche dans une petite cuvette {d). Cet « ensemble d'appareils servait, sans doute, au foulage du rai- « sin ; les liommes montaient par l'escalier dans les bassins « supérieurs, d'où le liquide coulait dans le réservoir ».
La salle E contient « deux auges monolithes, divisées, l'une (( en trois, l'autre en quatre compartiments cubiques, et dis- « posées en forme d'L dans l'angle de la pièce. Les sept réci- « pients communiquent, de proche en proche, par de petits (( canaux creuses à la partie haute des cloisons, de façon que, « le premier étant rempli, la nappe supérieure du liquide « s'écoule dans le second, et ainsi de suite. On conçoit l'ingé- « niosité de ce système pour l'épuration d'une substance telle « que l'huile ou le vin ; les parties solides tombent dans le « fond, creusé d'un petit contre-bas central, et, à chaque pas-
sage, le liquide en contient une moindre quantité. » L'une de ces auges est pourvue d'une inscription, portant une date qui correspond à l'année 278 après Jésus-Christ et donnant le nom du propriétaire, M. Hortensius Gaudentius ^
Les autres salles de l'édifice n'offrent qu'un intérêt médiocre ~. Elles ont été en partie remaniées à une très basse époque.
Ce n'est pas ici le lieu de décrire les nombreux vestiges des travaux hydrauliques que les anciens exécutèrent dans les campagnes : cette étude ne peut être qu'un chapitre d'une his-