‹ Les monuments antiques de l'Algérie (volume 3)Chapitre 22 sur 288 · II · texte numérisé non relu

II

3i LES ^MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE

toire de Tagriculture dans l'Afrique du Nord. Il conviendrait du reste de compléter les quelques observations de détail qui ont été faites jusqu'à présenta

Beaucoup de ces ouvrages durent être construits avant la conquête romaine. On les entretint et on les multiplia pendant les premiers siècles de notre ère. Il est môme probable qu'un certain nombre d'entre eux ont été, sinon entrepris, du moins réparés à une époque plus récente : rien ne serait plus faux que de croire que le Maghreb ait été plongé dans une complète barbarie dès l'arrivée des Arabes.

En maints endroits, Ton retrouve des restes de digues en béton : petits barrages dans les ravins des montagnes-, autres plus importants dans les vallons et à l'entrée des plaines ^ : la course du liquide était ainsi ralentie et les eaux des pluies torrentielles, au lieu de se perdre en quelques heures après avoir ravagé les champs, s'emmagasinaient dans des bassins, habilement échelonnés de manière à empêcher de trop fortes poussées. Dans le voisinage des lieux habités, d'autres barrages coupaient les rivières ^ et retenaient l'eau nécessaire à

1. La Clanchère a publié, sur l'hydraulique agricole des Romains en Afrique, un mémoire qui contient des vues d'ensemble intéressantes {Nouvelles Archives des missions, VII, 1897, p. 1-109) ; mais les exemples qu'il cite sont presque tous pris en Tunisie, non en Algérie. — Pour celte dernière contrée, la seule étude importante est celle de Payen sur les travaux hydrauliques du Hodna {Rec. de Const., Vill, 1804, p. 1-13; pl. I-XXIII)..

2. En particulier au sud du Chélif, dans les montagnes voisines de Batna, dans la région entourant Tébessa (voir, par exemple. De Rosredon, Rec. de Const., XVIII, 1876-7, p. 426).

3. Par exemple, sur plusieurs affluents de la rive gauche du Chélif.

4. Par exemple, les barrages du Hodna, étudiés par Payen (conf. Ville, Voyage d^ exploration dans les bassins du Hodna et du Sahara, p. 111-2); ceux qui coupaient le Rummel auprès de la ville de Tiddi et à 1.500 mètres au sud de Constantine, en amont du confluent de cette rivière avec l'oued Bou Merzoug (Delamare, Explor., pl. 137); ceux qui étaient jetés sur Tisser,

l'alimentation du l)étail et aux cultures irriguées (potagers, vergers, jeunes plants d'oliviers) K

Des conduites ou simplement des rigoles, que des vannes pouvaient fermer, partaient soit des bassins constitués par les barrages, soit des sources, et amenaient le li(|uide dans des réservoirs, pour la plupart à ciel ouvert, ou sur les terrains à humecter

Nous citerons comme exemples de ces réservoirs ceux que Ton voit à Kasrou, près deBatna; ils ont été décrits avec soin par M. Moliner- Violle : « Le plus petit, dont le côté décou- « vert'^ a 17 mètres de long, est formé de fortes dalles de « 1 mètre à 1"\50 de large sur 1 mètre de haut, engagées « dans des piliers de même hauteur par des rainures en queue « d'aronde. Ces dalles et ces piliers reposent sur un soubassc- « ment recouvert par les eaux. — Le second bassin est plus « vaste que le premier : il a 2i- mètres de large et 32 de

près de Lamoricière et de Remclii, dans la province d'Oran [Retnie africaine^ I, I806-7, p. 364; Bull. tVOran, 188G, p. 46) ; celui de loued Djedi (Ragot, Hec. de Const., XVI, 1873-4, p. 290; La Blanchère, l. c, p. 82) ; etc.

1. Nous avons déjà fait observer (I, p. 247), qu'en général les hommes n aimaient pas à boire l'eau courante des rivières. L'eau qu ils buvaient leur était fournie, autant que possible, par les sources où des aqueducs allaient la chercher, par les citernes, enfin par les puits. Ces puits sont particulièrement nombreux entre Sétif et Batna, au nord de l'Aurès, au sud et au sud-ouest de Tébessa.

2. Parmi ces conduites, on peut citer celles que Moll et De Bosredon ont signalées près de Tébessa {Aim. de Const., 18.j8-9, p. 76; Rec. de Const. , XVIII, 1876-7, p. 388-9) ; celles qu'on trouve dans la région de l'Aurès (Masqueray, Revue africaine, XXII, 1878, p. 447) ; celle d'Ain Méchira {Rec. de Const. 18Gi, p. l.'iO); celle qui s'embranchait sur l'oued Boutane, près de Miliana (conf. Mémoires de la Société arckéoloçjiqiie de l'Orléanais, I, IS'jl, p. 256) ; etc. Voir aussi une inscription d'Aïn Témouchent (La Blanchère, Musée d'Oran, p. 22) : « ... aquagiiun novo opère a solo extructiun suis possessionibus constiluerunt. »

Page 1