‹ Les monuments antiques de l'Algérie (volume 3)Chapitre 23 sur 288 · Ce bassin n'a pas été entièrement déblayé · texte numérisé non relu

Ce bassin n'a pas été entièrement déblayé

« long. Ses murs sont construits de la même façon : fortes « dalles retenues par des rainures creusées dans des piliers, u sur un soubassement... Sur le pourtour des murs, de 0™,60 « en 0°',60, on voit des trous de 0™,09 de profondeur et de «( 0°',025 de largeur, destinés sans doute, à l'origine, à rece- « voir les montants d'une [grille], dont il n'existe plus de « de trace. » Ce réservoir pouvait recevoir Teau de deux sources, l'une froide, l'autre légèrement thermale (20°), par deux canaux construits en fortes briques.

(( Le sol du bassin est formé par une belle mosaïque blanche. « Ce sol n'est pas uniforme; tout autour [règne] une banquette « de 2°", 50 de large, qui s'infléchit vers le centre. »

Une vanne est placée à l'angle sud-est. « Elle a 1°',35 de « haut sur 1™,20 de large; c'est une forte pierre, vers le « milieu de laquelle se dresse un large talon, qui permettait (( de la soulever à l'aide de leviers, lorsqu'on avait besoin de « nettoyer le bassin. Au-dessous de ce talon, sont deux trous, « placés l'un au-dessus de l'autre et qui servaient à l'écoule- « ment des eaux. Près de l'angle opposé, on remarque aussi « un autre orifice, qui devait déverser une partie des eaux (( sur les terres du sud de la vallée. »

Ces bassins de Kasrou ont pu servir à prendre des bains, mais il est probable qu'ils étaient avant tout des réservoirs permettant d'humecter les champs environnants K

Voici, d'autre part, comment les cultivateurs du pays situé au nord de Khenchela irriguaient leurs terres : « L'Abigas,

1. Des bassins analogues se retrouvent en divers lieux : par exemple à Ain Tarfa et à Ksar Ténaceft, au nord de l'Aiirès (Graillot et Gsell, Mélanges École de Rome, XIII, 1893, p. 531 et XIV, 1894, p. 73; Poulie, Bec. de Const., XIII, 1869, p. 663); à Ksar Tébinet, au sud-ouest de Tébessa; cà Messaoud, près de Sétif (Poulie, Rec. Const., XVIII, 1876-7, p. 568); etc.

MAISONS. INSTALLATIONS RUIIALES 37

'< dit Procopc sort du mont Aurès ; parvenu dans la plaine, « il arrose le pays comme le veulent les liabiiants, car ils (( dérivent ce cours d'eau de la manière qu'ils croient leur « être la plus avantageuse ; ils ont creusé un grand nombre « de canaux, dans lesquels l'Abigas est réparti ; il coule sous <( le sol, puis reparaît, réunissant ses eaux. Ainsi, dans la

plus grande partie de la plaine, cette rivière se trouve être u à la disposition des habitants, qui ferment les canaux par « des digues ou les ouvrent ensuite, de manière à se servir u des eaux comme il leur plaît. »

On a découvert dans cette région, à Ain Mtircliou, un canal souterrain, construit en pierres de grand appareil et mesurant 2 mètres environ de largeur sur 1 mètre de hauteur; il semble avoir appartenu au système hydraulique dont parle l'historien byzantin'^.

A Aïn Djedied, au sud-est de Tébessa, M. Durand a constaté l'existence de tout un système de drainage et de puits pour l'irrigation des cultures On distingue plusieurs lignes, constituées chacune de la même manière : de petits puits, creusés à égale distance les uns des autres (7 mètres environ d'axe en axe), profonds de 5"\40 à 8°', 60, donnent sur une conduite souterraine, large de 0™,70, haute de près de 2 mètres, à pente très douce.

Des règlements minutieux fixaient l'usage de l'eau. Masqueray en a retrouvé un à Henchir Merouana, au nord-ouest de Batna

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