Voir Diehl, Nouv. arch., p. 349; Afr. byz., p
3. Procope, Édi/ices, VI, 7 ; Guerre vandale, II, 20. Conf. Diehl, Afr. % ;., p. 249.
4. Graillot et Gsell, Mélanges de l'École de Rome, XllI, 1893, p. 473.
5. Une inscription [Bull, des antiquaires de France, 1895, p. 170) prouve que des ouvrages de défense furent construits en ce lieu vers 580. Mais
Lambèse. En arrière, s'élevaient les citadelles de Ksar Baraï [Bagai), an nord de Kliencliela, et d'Hencliir Guessès, au nord-est de Timgad. Le long passage qui s'ouvre au sud-ouest de Batna et qui est la principale route naturelle entre le Sahara et le Tell fut occupé parles Grecs ^, et Ton trouve une forteresse de tvpe ])yzantin à Tolga, dans les Ziban. Mais c'était, seuible-t-il, une sentinelle avancée, placée bien au delii de la frontière. Après Lambèse, celle-ci devait continuer ii se diriger vers l'ouest, par le Belleznia et par le Hodna. Elle passait probablement à Ksar Belleznia, au milieu de la plaine de ce nom, à Tobna [Thuhunae)^ à Bechilga, près de Msila [Zabi Justiniana). Puis elle remontait vers le nord, en suivant la vallée de Toued el Ksob, par Ras el Oued \ Tliamalla). Se repliait-elle ensuite snr Sétif, ou traversait-elle la plaine de la Medjana et les montagnes des Bil)an pour atteindre Bougie (Saldae)! C'est ce que nous ignorons'-'. En tout cas, Sétif fut la principale citadelle de l'ouest. Entre ce lieu et Constantine, les remparts de Mila tenaient en respect les montagnards de la petite Kabjlie"'.
Le long ih la ligne que nous venons d'indiquer, sur les points les plus menacés, anx passages qui pouvaient ouvrir l'accès du Tell, furent construites soit des forteresses, destinées à abriter des garnisons, soit des villes fortifiées ; des postes, simples for-
Masctda, dont l'importance stratégique est capitale, dut être occupée militairement dès l'époque de Justiuien.
1. On a découvert deux inscriptions byzantines entre Batna et Biskra : Corpus^ VllI, 2494 et 2525.
2. La question est de savoir si l'importante forteresse de Kherbet Achir, située au nord-ouest de Bordj Bou Aréridj {Rec. de Cons/., Ylll, 1864, p. 107 ; Bull. Comité, 1886, p. 479), est romaine ou byzantine. Je ne l'ai pas visitée.
3. Pour la frontière byzantine en Numidie et en Maurétanie Sitifienne, voir Diehl, Afr. byz., p. 237-239. 11 ne faut pas oublier que le tracé de cette frontière est très hypothétique.
348 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉHIE
tins gardés par quelques soldats, les reliaient ou les éclairaient.
En deçà de cette frontière, certaines places fortes étaient <les points d'appui pour la résistance à Tinvasion, des lieux de concentration pour les troupes, des dépôts d'armes et de vivres. De plus, des forts ou des fortins furent élevés dans un assez grand nombre de positions importaiites : nœuds de routes, cols, sources abondantes, entrées de plaines. Les forteresses qui avaient constitué la plus ancienne frontière des BA'zantins en Numidie, Thagura, Madauri, Tipasa, Tigisis, etc., formèrent (( une seconde ligne, très utile })Our arrêter les courses des « nomades, lorsque la barrière qui bordait l'Aurès était for- « cée : elle parut môme alors garder assez d'importance pour « qu'on la renforçât par de nouvelles constructions ' ». Divers l)orts furent recouvrés sur les côtes des Manrétanies et évi- <lemment mis en état de défense 2.
Cette œuvre immense fut accomplie en quelques années par les soins de Solomon, lieutenant de Justinieu''. Les successeurs de ce prince n'eurent qu'à la compléter sur quelques points et à réparer les dégâts causés par les guerres. Après la conquête musulmane, la plupart des forteresses élevées sous Justinieu restèrent debout pendant longtemps, malgré les nombreux sièges qu'elles eurent à soutenir. Dans Test de l'Algérie, presque tout s les villes importantes entre le vii^ et le XI*" siècle durent la sécurité relative dont elles jouirent à leurs remparts byzantins '*. De nos jours encore, Mila s'abrite
1. Diehl, Nouv. arc/i.. p. 350; conf. le même, Afr. byz.^ p. 73-4.