Rec. de Const., XXVIII, 1893, p
« (kl bombement que présente la croûte supérieure de la sur- « face déroulement, qui, ainsi divisée en deux voies, implique « deux courants distincts de circulation... Une aussi ingé- « nieuse disposition de la chaussée... facilitait l'écoulement « des eaux pluviales...
« Pour la construction, on a creusé une tranchée longitudi- « nale, de la hirgeur de la chaussée, et profonde de 0'",75 îi « 0'",80... Au fond de rencaissement, en apparence bien <( nivelé, il a été étendu un lit de menu gravier, de 0'",08 à « 0™,10 d'épaisseur, et, sur ce sa1)le rugueux, on a bâti, sur « près de 0"", 20 de hauteur et selon les ressources locales, une « assise de dalles, ou de pierres dures, ou de galets liés par une « coulée de mortier de ciment de tuileaux ou de terre siliceuse.
« Par-dessus cette fondation, déjà très solide, on a succes- « sivement superposé :
« 1° Une couche d'environ 0"',15 de béton de pierres cas- « sées ou de galets brisés ;
« 2° Une couche de même épaisseur, constituant le noyau « de la chaussée et composée d'excellent ciment, mélangé « avec du gros sable ou du petit gravier ;
« 3° Enfin, une couche dernière de ciment rustique couvre « ou mieux couronne l'œuvre éternelle, et c'est dans ce revè- « tement extérieur très convexe que les trois bordures ont été « implantées, et aussi, çà et là, des cailloux bruts, destinés à « ajouter de la force de résistance aux surfaces de roulement. »
La grande route de Carthage à ïheveste, dont les derniers milles se trouvent sur le territoire algérien, fut faite ou plutôt refaite au temps d'Hadrien. Elle comporte quatre couches superposées, dont l'épaisseur totale est de (r,67 en moyenne : 1° en bas, de grosses pierres brutes; 2" un lit de mortier dont
une partie s'est infiltrée entre les pierres de la première couche ; 3° une couche de cailloux; 4° des pierres très irrégulières formant la surface delà voie, surface bombée au centre. De chaque côté, des pierres assez grosses, à peine équarries, font saillie et constituent la bordure. La largeur totale est de 6^^,75 ^
Les voies de second ordre sont naturellement moins larges — elles mesurent de 3 à 4 mètres — et d'une structure plus simple, consistant en une couche d'éclats de pierres ou de galets, nojés dans du mortier et bordés par deux rangées de petits blocs
Enfin, bien des routes, même parmi celles qui figurent sur des documents d'origine officielle, comme V Itinéraire d'Antonin et la Table de Peutinger^ ou que des bornes milliaires jalonnaient, étaient de simples pistes, surtout en pays de montagnes : on se contentait d'encaillasser les parties les plus exposées aux dégradations et de jeter des ponceaux sur les oueds
Le long de ces voies devaient être établis Çcà et là des réservoirs plus ou moins vastes, fournissant l'eau nécessaire aux voyageurs et à leurs bêtes. Il semble bien que certains d'entre eux aient porté le nom de centenarium
\. D'après les observations de W. Carton {Découvertes faites en Tunisie^ p. 35-6, fig. 17), qui complètent celles que M. De Bosredon a faites près de Tébessa [Rec. de Consi., XVIIT, 1876-7, p. 423).
2. Voir par exemple De Bosredon, Rec. de Const., XIX, 1878, p. 3.
3. Conf. Vigneral, Ruines romaines de la Kahjjlie du DJurdjura, p. 156-7 ; Cat, Essai sur la province de Maurétanie, p. 263-4; Gagnât, V Armée romaine, p. 089.
4. Centenarium aqua frigida, sur une route allant de Bougie à Sétif [Ephemeris epigraphica, V, %Z-2)\ centenarium Solis, au sud de Sétif {Corpus, Vllf, 8712); centenarium^ en Kabylie {ibid., 9010); Ad centenarium, nom de deux stations situées en Numidie, l'une entre Gadiaufala et Tigisis, l'autre entre Lamasba et Zarai {Tatjle de Peutinger). — Pour la signification de ce mot, voir Duchesne, Bull, des antiquaires de France, 1886, p. 87.