Moliner-Violle, Rec. de Con^L, XXVIII, 1893, p. i"j
Le Médraceii oslccriaiiioincut un tombeau. C'est un énorme tumulus, de même type que ces sépultures coniques en pierres sèches, que l'on rencontre en tant de lieux de l'Afrique du Nord et que nous avons décrits au chapitre précédent. Pour voir des tumulus semblables, il suffit d'ailleurs de jeter les veux autour du Médracen, qui s'élève dans un cimetière indigène, dus en partie par une enceinte. Dans celles de ces tombes que l'on a fouillées, on a trouvé, au milieu, soit une fosse creusée à travers le tuf et contenant un squelette, soit un trou renfermant un récipient plein de cendres. La chandjrc centrale du INIédracen représente le réduit qui abrite le dépôt funèbre dans les tumulus ordinaires : c'était sans doute là que se trouvaient jadis les ossements ou les cendres du mort. Il est à croire que ce tombeau fut préparé à l'avance par celui qui devait y être enseveli, ou (|u"il fut destiné à plusieurs personnes ; il avait donc été nécessaire d'établir une communication entre la chambre du milieu et le dehors : de là, l'existence de l'entrée et de la galerie.
Mais si le Médracen est un monument indigène, il est revêtu, pour ainsi dire, d'une chemise gréco-punique. En effet, le parement, décor luxueux jeté sur un vaste amas de pierraille, est construit dans le style mixte que nous avons signalé plus haut : la colonnade est grecque, la corniche est phénicienne.
On a ingénieusement rapproché ce nom de Madghaseu, donné au tondjeau depuis des siècles', de celui de Madghès, qui fut, selon des généalogistes africains, Tancôtre d'une des deux souches principales des Berbères-. Notre mausolée ou,