‹ Les monuments antiques de l'AlgérieChapitre 17 sur 117 · MONUMENTS PUNIQUES ET EIHY PHÉNICIENS · texte numérisé non relu

MONUMENTS PUNIQUES ET EIHY PHÉNICIENS

(l'une nianièrc pins générale, le cimetière dont il est le principal monument, serait donc le lieu de sépulture des descendants de Madgliès.

Il n'est pas douteux, du reste, que le Médracen n'ait été un tombeau de roi. C'est pour cette raison que le lac voisin s'appelait encore à ré})oquo romaine le lac royal, laciis rcgius. Quelques-uns attril)uent cet édifice à Sjphax^, d'autres à Masinissa. Ce sont là de simples hypothèses. Mais, assurément, celui qui tit construire un mausolée aussi grandiose était un souverain puissant, comme ce Syphax, qui régna sur presque toute l'Algérie, comme ce Masinissa et son tils Micipsa, qui étendirent leur domination depuis les l)ords de la Moulouïa jusqu'aux rives du golfe de Gabès.

A. l'étude du Médracen, il convient de rattacher celle du monument dit Tombeau de Chrétienne'', qui lui ressemble beaucoup, mais qui est bien })kis mal conservé, du moins à l'extérieur. [Voir, fi rj. 21, le plan de ce mausolée et, planche VII, la vue de la fausse porte de l'est.) Il domine une crête de 260 mètres d'altitude, entre Tipasa et Castiglione, au point lephis étroit de la chaîne bordant lehttoral à l'ouest d'Alger.

C'est, comme le ^^lédracen, un cylindre coiffé d'un cône à gradins ; il présente en outre une base carrée peu élevée. La hauteur actuelle est de 33 mètres environ; complet, l'édifice devait atteindre iO mètres. Le diamètre est de 6i mètres. Soixante colonnes engagées, d'ordre ionique, décorent le

1. En tout cas, Syphax n'a pas pu y être enterré, puisqu'il mourut obscurément en Italie.

•2. Voir Gsell, Guide archéolorjifjue des eiwirons d'Alyer, p. 137-182, avec la bibliographie à la fin du volume. Ajouter : De Lauriére, mémoire cité page 6.'J, n. 1; Playfair, Travels in Ihe footsleps of Bruce in Ah/eria, p. 25-28, pi. I et II. il existe aux archives des Monuments historiques, à Paris, de beaux relevés du Tombeau de la Chrétienne, par Bourmancé (1878).

cvliudro; elles portaient un entablement d'nn profil assez simple. Aux quatre points cardinaux se dressaient de fausses portes, panneaux en forme de trapèze, dont les moulures sail-

FiG. 21. — Tombeau de la Chrêlienne. mausolée roval.

lantes imitent par leur dispositiim une grande croix, enfermée dans un cadre La croix ornementale de la porte du nord, l)ien conservée et restée visible en tout temps, a donné naissance à la dénomination de Khour Roimùa, Tombeau de la Chrétienne, par laquelle on désigne d'oi\linaire ce monument.

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