MONUMENTS PUNIQUES ET LIBVPHÉNICIENS
A l'est, il y avait un avant-corps rectangulaire, qui n'est l)lns représenté aujourd'hui que par un dallage.
L'entrée, porte basse et étroite, jadis fermée par trois pierres do taille snperposées, se trouve du môme côté, sous la fausse porte, par conséquent dans le soubassement et non pas dans le cône à gradins, comme au Médracen. Un petit conloir surbaissé, interrompu par deux dallesportes qui manœuvraient dans des coulisses, conduit :i un caveau voûté, long de 5", 30, large de 2"°, 50, haut de 3", 50. Sur la paroi de droite, sont sculptés, d'une manière assez rudimentaire, un lion et une lionne, se faisant face au-dessus d'un nouveau couloir. Celui-ci, aussi bas que le précédent, était fermé de môme par une dalle-porte. Aussitôt après, le plafond se relève, les parois s'écartent et l'on monte par un escalier de sept marches à une vaste galerie circulaire, admirablement conservée, longue de près de 150 mètres. Elle pouvait être éclairée par des lampes placées de distance en distance dans des niches étroites. Elle fait presque tout le tour de l'édifice ; mais, arrivée à proximité de son point de départ, elle décrit un coude assez brusque et, se dirigeant dès lors vers le centre, elle aboutit à un troisième couloir surbaissé, qu'une dalle-porte fermait. Au delà, on trouve un caveau voûté d'assez petites dimensions (4 mètres de long sur 1"',50 de large), qui paraît n'avoir été qu'une sorte de vestilnde, puis un nouveau couloir avec dalle-porte, enfin un autre caveau, place exactement au milieu du monument. Il mesure 4 mètres de long sur 3 de large et présente de petites niches à droite, à gauche et au fond.
Le revêtement du mausolée, les couloirs et les caveaux sont construits en belles pierres de taille, de grandes dimensions
72 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉKIE
et très soigneusement appareillées ; elles jiortent des signes géométriques de formes diverses, indiquant les différents chantiers dans lesquels elles ont été façonnées ^ Le noyau n'est qu'un amoncellement de moellons et de grossiers blocs de tuf, ma] reliés ])ar un mortier de terre rouge ou jaune.
Les indigènes ont cherché, à plusieurs reprises, à s'emparer des trésors qu'ils croyaient enfouis dans ce tombeau. Au temps où l'entrée était encore connue, ils brisèrent les portes qui donnaient accès aux diverses chaml)res et creusèrent deux galeries dans le noyau : l'une d'elles a près de 10 mètres de longueur. Plus tard, au xvi- siècle, le pacha Salah Reïs tenta d'éventrer l'édifice à coups de canon. Enfin, en 1805-1860, Berbrugger et Mac-Carthy déblayèrent le (piart du pourtour, pénétrèrent à l'intérieur par un boyau qu'ils pratiquèrent au sud (voir le i)lan) et explorèrent les couloirs elles salles, qu'ils trouvèrent vides.
Le caveau central était-il la chambre funéraire? Par sa place au milieu du tom])eau et même par ses dimensions exiguës, il rappelle la petite case à ossements établie au cœur des sépultures indigènes. Peut-être des urnes, contenant les cendres des morts, étaient-elles placées en ce lieu ; elles auraient reposé sur des tables ou des consoles, car les trois niches sont trop étroites pour avoir aljrité des vases. Il est possible cependant qu'une autre disposition ait été <idoptée au Kbour Roumia : dans cette hypothèse, la salle du miheu ne serait qu'une chapelle ou un vestil)ule. et le caveau proprement dit se trouverai! par-dessous, encore inviolé. 11 aurait été accessi))le par un jjuits, qu'on aurait recomblé après chaque ensevelissement. On rencontre des aménagements ana-