‹ Les monuments antiques de l'AlgérieChapitre 6 sur 117 · PI. I · texte numérisé non relu

PI. I

A. Fontemwiiii;, Lan., l'a

l'hototypie Bctthaud, Pjiis

Deux dolmens de Bou Kouara

riches étaient ensevelis sous des monuments d'une architecture phi s soignée '.

Nous insisterons moins sur d'autres cimetières indigènes qui se trouvent aussi dans la province de Constantine.

Près de la station de chemin de fer appelée Bou Nouara , entre Constantine et Guelma, des croupes rocheuses, ramifications du djebel Mazela, portent plusieurs milliers de sépultures -. Elles ne diffèrent guère de celles de Roknia (voir planche I). Le pavement circulaire au milieu duquel est placée chaque tombe est d'ordinaire très renflé : il est fait de pierraille ou de moellons grossiers. Tantôt les cases le domineut, tantôt elles sont enfouies etla table seule reste apparente-^. Outre la bordure extérieure, formée de blocs simples ou d'assises, un ou deux autres cercles concentriques font souvent saillie au-dessus du pavement et ressemblent à des degrés. Il est tout à fait exceptionnel que les enceintes renfermentplusd'une sépulture. Loscases sontpresque toutes petites : en moyenne, elles mesurent au dehors 1 mètre de long sur U'",50 de large. Les tables débordent les parois et atteignent 3 mètres, voire même 3"", 50 de longueur. Nous n'avons remarqué aucune pierre véritablement taillée, mais les roches qui ont fourni les matériaux se cassent naturellement en dalles assez régulières : aussi les dolmens de Bou Nouara paraissent-ils d'une construction moins barbare que la

1. Des dolmens d'un aspect très primitif se trouvent devant l'entrée de plusieurs cryptes funéraires qui semblent avoir été taillées avec des instruments en métal. Ils datent donc d'une époque plus récente que ces caveaux, dont nous aurons à parler au paragraphe suivant (p. 38).

2. Faidherbe, Bull, de V Académie d'Hippone, VI, 1868, p. 63-65, avec plan. Id., Congrès préhistorique de Bruxelles (1872), pi. 9.JuUien, Assoc. française, Alger (1881), p. 1133-1137 = Bec. de Co}ist.,XX[l, 1882, p. 214-216.

3. La sépulture ressemble, dans ce cas, à celles que nous avons décrites plus haut, au numéro 2 de notre énumération des tombeau.x indigènes (p. 7).

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pliil)art do ceux de Ruknia. Parmi los dolmens que nous avons vus, quelques-uns, de dimensions assez vastes, ont leurs parois longues constituées par deux assises de pierres sommairement équarries; partout ailleurs, la case est formée de quatre blocs verticaux.

La nécropole de Bou Nouara est, pour ainsi dire, inexplorée : Faidherbe s'est contenté d'y faire ouvrir cinq tomljos, oîi il n'a trouvé que des ossements en désordre.

Au djebel Si Tahar, pi'ès d'Aïn el Bey (à 15 kilomètres au sud de Constantiue), M. Thomas a fait des fouilles dans un petit cimetière, assez mal conservé'. Cependant nous croyons devoir le mentionner ici, car certaines tombes ont pu être approximativement datées par les objets qu'elles contenaient. Les sépultures sont des dolmens à case apparente. Les enceintes sont circulaires ou rectangulaires ; des dalles grossières ou des murs à assises forment les parois des cases; les tables de couverture ont souvent disparu. Dans ces tombes, il y avait généralement plusieurs corps, repliés sur eux-mêmes. Chaque squelette était accompagné d'au moins une poterie, placée près du crâne. Parmi ces vases, les uns sont de fabrication indigène, comme ceux de Roknia; les autres, faits au tour et enduits d'un vernis rouge brillant, proviennent d'ateliers itahens et datent des environs de notre ère. M. Thomas a aussi recueilli des ])erles en verre ou en silex p:jli,dos débris d'œufs d'autruche, des fers de lance, une bague en fer, trois bracelets, deux en fer et le troisième en bronze, des monnaies frappées par des rois numides du if et du i"' siècle avant Jésus-Christ. FJien n'in-

1. Thomas, Recherches sur les srpuUures anciennes des enrlrons d'Ain el De;/ (extrait du Compte Rendu du Congrès in/emalional des >^ciences anlhropolof/igues de Paris, 1878), p. 13-21.

5I0MMENTS INDIGÈNES 25

«lique des ensevelissements successifs, des usurpations de sépultures : les tombeaux paraissent bien avoir été faits exprès pour les morts auprès descpiels on a déposé ces objets,

La nécropole de lias el Ain Bon Merzoug compte environ un millier de dolmens, dont une soixantaine ont été fouillés par des archéologues'. Elle est située à 35 kilomètres environ au sud de Constantine, sur des hauteurs dominant la rive di'oite <le l'oued Bon Merzoug et auprès d'une belle source. Les enceintes circulaires, dont certaines dépassent 12 mètres de diamètre, entourent fré(piemment un ou deux cercles concentriques, en saillie sur le pavement renflé. On rencontre aussi un grand nondjre d'enceintes carrées. Dans beaucoup de ces bordures, une ou plusieurs pierres sont plus grosses, plus ■cdevées que les autres : c'étaient peut-être des signes permettant de distinguer les tomljes. Souvent, des traînées de blocs verticaux, formant des lignes régulières, simples, doubles ou triples, envelo])pent des groupes de tombeaux ou les relient entre eux. Quant aux cases, les unes sont dégagées, les autres «nfouies sous le pavement jusqu'au niveau de la table. Elles ont parfois de grandes dimensions, car il est facile de tirer de la roche du pays des dalles de plusieurs mètres. D'ailleurs, les dolmens les plus vastes sont bâtis, au moins partiellement, on murs à assises ; quelques-unes de ces constructions aiï'ectent une forme à peu près circulaire. Dans la case, un lit de cailloux, épais de U"',oO en moyenne, recouvre un petit dallage-,

1. Bertrand, Revue arcliéolorjiqi/e, 18(i3, H, p. F;19-.")30 := Archéuloyie cellique el gauloise, 2° édition, 1889, p. 160-11 i. Féraud, Rec. de Consl., VII, 1863, p. 214-234 et pi. I-XI. Letourneux, Archiv fili' Anthropologie, 11, p. 318. Faidlierbe, Congrès jiréhisloriqiie de Hru.relles (1872), pi. 8 et 12. Jullien, Assoc. française, Alger (1881), p. 1111-1112— Rec. de Consl.. XXII, 1882, p. 219-221. Chabassière, Rec. de Consl., XXIV, 1886-7, p. 128-132, pi. Xll.

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