Voir p
3. Voir p. 235. — Une inscription sur mosaïque de Pont-du-Chélif {Corpus, Vllf, 9703) est peut-être l'épi taphe d'un évèque, enseveli dans une église; elle n'est pas datée. — A Sériana (p. 255), une inscription d'une époque assez basse
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sonnes dans les églises, bien que cet usage ne fût pas approuvé, en général, par les autorités ecclésiastiques'. Certains sanctuaires cliréliens de l'Algérie sont encombrés de tombeaux de basse époque : par exemple, à Morsott, aux Ouled Agia, à Périgotville, ;i Sidi Embarek, à Souk el Kbrais, à Tigzirt, h Et Toual, h Zoui -'. Ailleurs, on se contenta de faire des ensevelissements auprès des églises ou dans des annexes de ces édifices
Parmi les monuments funéraires clirétiens de l'Algérie, le mausolée de Blad Guitoun et les Djnlar méritent d'être décrits d'une manière assez détaillée. Certaines de leurs dispositions rapjjellent des sépultures africaines d'une époque fort antérieure : nous avons, du reste, de sérieuses raisons de croire qu'ils furent élevés, non par des Romains, mais par des princes indigènes, cbez lesquels le souvenir des ancêtres ne s'était pas conqjlètement effacé.
Le mausolée de Blad Guitoun (dans la Kabylie occidentale, près de Ménerville) a été fouillé en 1896 par M. Viré : voir le })lan que nous en dounoiis, fiy. 170, et la coupe, fig. 171 11 est en assez mauvais état ; cependant la salle du milieu et les couloirs sont encore bien conservés et on a retrouvé les éléments nécessaires pour restituer l'ensemble. La construction,
(fin du vi° siècle probablemeni) célèbre le mérite d'un évêque ; elle a été tracée sur la mosaïque d'une abside. Mais elle ne parait pas avoir recouvert la tombe de ce personnage.
1. Naturellement il ne s'agit pas ici des tombes de martyrs placées sous les autels.
2. Pages 23S, 244, 248, 2j7, 2Gi, 303, 339, 342. Conf. aussià Bénian (p. \'û), à Matilbu (p. 227], à Sélif (p. 236).
3. Par exemple à Mrakhib Thala (p. 236), à Morsott (p. 234), à Tébessa (p. 268, 273, 283), à Zraïa (p. 343).
4. Gsell, Comptes rendus de l'Académie des Inso iplions, 1898, p. 481-499.
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en grès poreux, laisse à désirer : les assises manquent de régularité ; les blocs, mal ajustés et de grandeurs très diverses, sont reliés par un mortier qui s'effrite dès qu'on le touche. Les nuu's extérieurs, épais de 1"', 05-1", 40, se composent de deux rangées de pierres de taille, entre lesquelles sont jetés des moellons : c'est le procédé que nous avons constaté dans les ouvrages de défense de l'époque byzantine. Le noj au du monument est en blocage et en pierres de grand appareil, amoncelées au hasard ; beaucoup d'entre elles sont certainement des matériaux d'emprunt.
La forme de cet édifice est octogonale. Sur chaque face (large de 4", 30), il y a quatre colonnes engagées, dont les chapiteaux sont d'ordre ionique, à grosses volutes et d'un aspect massif, fort semblables à ceux que l'on rencontre dans les églises chrétiennes de la région, par exemple à Tipasa. Audessus, régnait un faux étage avec d'autres colonnes engagées, également d'ordre ionique. Une porte simulée occupait le milieu de chacun des huit côtés. Bases de colonnes, panneaux figurant les portes, cadres entourant ces panneaux, entablements courant au-dessus des colonnes offrent une profusion d'ornements végétaux et géométriques, exécutés pour la plupart en relief plat, selon la technique usitée à l'époque chrétienne. Une pierre, qui était sans doute placée entre deux chapiteaux, montre un calice flanqué de deux poissons, images dont le caractère chrétien n'est guère douteux. Le couronnement consistait peut-être en une série de gradins. La hauteiu^ totale devait atteindre une dizaine de mètres.
Deux degrés bordent le mausolée au nord, au sud et sans doute aussi h l'ouest'. A l'est s'étend une grande plate-forme
■1. Les abords du monument n'ont pas été fouillés de ce côté.
en pierres de taille, qui paraît avoir été précédée de plusieurs marches.
C'est en avant de cette plate-forme, entre deux petites avancées rectangulaires, que se trouve la porte, établie en
FiG. no. — Mausolée de Blad Guitoun.
contre-bas ; elle était sans doute masquée par Tescalier dont nous venons de parler. Le couloir d'accès, barré par une murette, n"a que 0'",95de large; entièrement recouvert par le dallage de la plate-forme, il ne dépassait guère 1 mètre do
SÉPULTURES CHRÉTIENNES 415 j
liauteur. Au bout de quelques mètres, il est interrompu par i
une (lalle-i orte encore intacte, qui, à l'aide d'un levier, pou- | vait être repousséc dans une coulisse latérale. Puis il débouche
dans une galerie circulaire, surmontée d'un plafoml on pierre ■
et haute de 4™, 50, qui enveloppe la chambre funéraire, sauf j
au nord-est, oii elle est coupée par un épais massif. Au delà, '
le couloir se prolonge en ligne droite et atteint bientôt une j
petite porte, en avant de laquelle on distingue, à droite, un \
FiG. m. — Mausolée de Blad Giiitoun.
muile de lion grossièrement sculpté ; il y avait très probablement un mufle identique à gauche, mais il n'en reste plus aucune trace, la paroi étant endommagée. Une dalle fermait la porte; quand on voulait ouvrir, on la faisait glisser dans une coulisse, ménagée à l'intérieur du massif qui barre la galerie.
La baie franchie, on entrait dans un'e salle ronde, de 3", 75 de diamètre et de 3", 65 de hcLiiteur marima. Le long du mur,
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huit pilastres, coiffes d'impostes qui resseml^lent à des troncs de pj-ramide renversés, portent des blocs creusés en arcade; au-dessus, une coupole à encorbellement est constituée par des séries superposées d'anneaux en pierres détaille. Cette chambre funéraire, violée depuis longtemps, est vide aujourd'hui, mais elle contenait vraisemblablement un sarcophage chrétien en marbre, datant du iv'' siècle environ, dont de menus débris ont été recueillis dans les fouilles.
L'âge du mausolée de Blad Guitoun ne peut pas être déterminé d'une manière très précise. Cependant, il est certain qu'il fut construit à l'époque chrétienne, entre le iv'' et le vi*" siècle'.
Il s'élève dans une région où la civilisation romaine ne parait pas s'être fortement implantée, où l'on n'a trouvé qu'un très petit nombre d'inscriptions latines, concernant d'ailleurs des indigènes. Il n'y a donc pas lieu d'attribuer ce monument à un riche Romain ; il est plus probalde qu'il fut bâti par les soins d'un prince maure, chef d'une puissante tribu. Sans doute, ce roitelet dut faire appel à un architecte, à des ouvriers de quelque ville du littoral ; mais il ne les laissa pas libres d'exécuter une œuvre de style classique, senil)lable à ces mausolées qui se dressaient autour des cités romaines de l'Afrique du Nord.
On retrouve, en effet, à lUad Guitoun des aménagements qui existent déjà au Tombeau de la Chrétienne, plus ancien de quatre ou cinq siècles. C'est la même entrée souterraine à l'est, la même plate-forme en avant de l'édifice, à l'est aussi, le même système de portes à coulisses, la même galerie circu-
1. Certains ornements sculptés sont exactement de même style que ceux qui entourent le portail du caslellum de Kaoua (voir tome 1, p. 103,. Or ce château ne parait guère postérieur au début du v" siècle.
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laire ;i rintcrieui-, le même décor de fausses portes et de colonnes engagées, à chapiteaux ioniques. Eniin, un défait mérite d'être spécialement noté : nous voulons parler du mufle de lion taillé dans une pierre, auprès de la porte qui donne accès au caveau ; il rappelle le lion et la lionne sculptés au Tombeau de la Chrétienne, sur la paroi de droite du vestibule, audessus du couloir qui permet de pénétrer plus avant. — 11 y a pourtant entre le mausolée royal et celui de Blad Guitoun do grandes difTérences. Celui-ci se rapproche beaucoup plus que l'autre des monuments gréco-romains. Nous avons montré plus haut' que le Tombeau de la Chrétienne est, comme le Médracen, une construction indigène, un tumulns recouvert d'une enveloppe classique. Le cône ;i gradins en est la partie essentielle; le cylindre, orné de colonnes, qui le supporte, ne représente que la bordure du tumulus. Ici, les parois verticales prennent une importance beaucoup plus grande et comportent deux étages superposés. Les degrés qui devaient être placés au-dessus n'étaient qu'un simple couronnement. La forme arrondie du tumulus s'estperdue : le plan est devenu octogonal. A l'intérieur des tumulus africains primitifs, il n'y a qu'un simple coffre en pierre, dans lequel le mort est déposé; les petits caveaux qui occupent le centre du Tombeau de la Chrétienne et du Médracen sont sans doute des imitations de cette case exiguë. Ici, la chambre funéraire a d'assez vastes dimensions: ce n'est plus un réduit, c'est une véritable demeure. Le mausolée de Blad Guitoun révèle donc l'action de plus en plus forte des influences étrangères, sans que pourtant les traditions indigènes aient tout à fait disparu-.