LKpyple était très à la moJc à Rome au temps d'.Xus'uste
LE PALATIN. «o-t
pied avec le sol de ce côté, que se trouvaient les boutiques dont il a été parlé; les boutiques romaines étaient g-énéralenient très exiiiHics, ne comprenant qu'une seule pièce fermée par une devanture de bois qui, en se rabattant, formait éventaire. Les boutiques de certains quartiers populaires de la Rome actuelle et plus' encore celles des villes arabes de l'intérieur rappellent cette disposition.
Les pièces d"habitation étaient, suivant la coutume, petites et peu aérées; au centre se trouve une salle plus vaste qui constituait sans doute une cour intérieure couverte; il en partait un escalier aboutissant à un troisième étage aujourd'hui détruit.
Dans la partie basse de la maison s'ouvrait une porte donnant dans un Crypioporticus, ou galerie cachée: une branche de ce souterrain conduisait au temple de Jupiter Victor, une autre au palais Flavien ; l'entrée en est accessible, mais la totalité de ces passages n'a pas encore été déblayée. Une autre galerie longeait la maison et allait rejoindre la galerie de Caligula; la voûte en est tapissée de bas-reliefs en stucs représentant des oiseaux, des amours, des fleurs; chaque figure a un entourage d'oves et d'autres ornements. Auprès est une piscine. Cette galerie donne à croire que la maison dite de Livie fut celle de Clermanicus, père de Caligula, celle dans laquelle ses assassins se réfugièrent après l'avoir mis à mort dans le grand souterrain; toutefois elle parait antérieure à cette époque et, comme on l'a dit, remonte aux tout premiers temps de l'ère impériale. C'est dans cette maison que naquit probablement l'empereur Tibère, fils de Tiberius Claudius Nero et de Livie.
Palais des EiMPEreurs. — De même que les souverains orientaux, les empereurs romains voulaient chacun à son tour se construire un palais à sa fantaisie sans s'occuper de ce qu'avaient fait leurs prédécesseurs; ainsi le Palatin s'est peu à peu couvert de palais; Tibère, Caligula, Néron, Domitien, Hadrien, Septime-Sévère édifièrent tour à tour des résidences qu'ils voulurent de plus en plus imposantes et, comme l'espace manquait, force leur fut d'élargir la colline en construisant en avant ces puissantes assises qui sont ce qui reste de plus frappant de leur œuvre.
Palais de Tibère et de Caligula. — Tibère, tout le premier, désertant la demeure d'Auguste, trop humble sans doute à son gré, se fit édifier un palais dans l'angle Xord-Ouest du Palatin, en face du temple des \'estales, à l'endroit qu'occupèrent
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à la Renaissance les jardins Farnèse, par conséquent assez près de la maison où il était né. Ce palaib, Domus Tiberiana, était composé de bcâtiments entourant une cour comme c'était l'usage'. Il ne s'étendait pas jusqu'au versant de la colline vers le Forum ; ce fut un peu plus tard que Caligula agrandit de ce côté son palais ; cette partie nouvelle porte le nom de Domus Caligulœ ou (laiaiia. Non seulement Caligula occupa la surface encore disponible sur la colline, mais il établit une terrasse au-dessus de laquelle s'éleva la façade Nord de son palais. Plus tard, au temps des Sévères, ce palais fut encore agrandi de ce côté par des substructions massives formant des arches en travers du Clivus Victoriœ lequel menait du Vélabre au sommet de la colline et qui commence à gauche de l'entrée actuelle du Palatin; le palais s'élevait ainsi à plus de 60 mètres de hauteur au-dessus du sol; on admire encore du Forum la masse et la puissance de ces assises qui bordent la Nova Via. Du côté du temple de Magna Mater sont des salles qui servaient d'habitation à des gardes ou à des esclaves et dans plusieurs desquelles on a retrouvé des graffiti'^; par exemple des soldats ont inscrit leurs noms en les faisant suivre de la mention Casirensis (du camp prétorien), ou Miles, soldat. Un esclave traça en grec ces mots : « Beaucoup ont écrit beaucoup de choses sur ce mur, moi rien. » Au-dessous se lit d'une main moins ancienne : « Bravo ». Un certain Tullius Romanus traça un profil de Néron, l'oeil étant vu de face. Des escaliers encore existants menaient d'un étage à l'autre, quelques-uns larges et commodes, d'autres très durs et étroits, les uns en briques, les autres en marbre. Un certain nombre de pièces donnant sur le Clivus Victor ix et sur la Nor.: Via semblent avoir été des boutiques.
Une bibliothèque était établie dans le palais; elle contenait surtout des archives et des papiers d'État; elle fut détruite par un incendie sous le règne de Commode, s'il faut en croire Dion Cassius qui se désole de la perte de tous les anciens documents relatifs à l'histoire de Rome.
Othon « traversa « la Domus Tiberiana pour descendre au Forum où se réunissaient les meurtriers de Galba; \'itellius y banquetait, tandis que les partisans de son rival \'espasien occupaient le Capitole; de sa table il put voir les temples capitolins en flammes et, quand il sut que sa perte était certaine, il s'enfuit « par une porte de derrière » pour gagner
1. Ce n'est qu'une hypothèse, car les restes des constructions sont rares.
2. L. Gourera, Graffiti Ji Rom.i, Bull. .\rch. Com., 1890, p. a^5 et i8g5, p. 193.
l'Aventin. Claude et Antonin y résidèrent. C'est dans l'aile ajoutée par Calig-ula, dans \'IIcn?iœum dont l'emplacement exact est incertain, que les prétoriens trouvèrent Claude caché derrière une tenture et se saisirent de lui pour le nommer empereur.
Cryptoportiques. — Le long- du palais passe le cryptoportique dit de Caligula qui est le plus long et le plus intéressant des passag-es de ce genre. C'est là que l'empereur déjà vieux, quoiqu'il n'eût que vingt-neuf ans, fut assassiné, le 24 janvier 41 ; il revenait vers midi du théâtre provisoire sur lequel devaient être célébrés les jeux palatins, Liidi palatini; au lieu de suivre le chemin habituel et de passer, entouré de sa garde, ' par la grande cour, il prit, dit Flavius Joséphe, le corridor obscur qui conduisait aux salles de bain; un groupe de jeunes Asiatiques l'y attendaient; Caligula s'entretint quelques instants avec eux; presque aussitôt, le chef de la conspiration, Cassius Chereas, tribun des troupes prétoriennes de service ce jour-là et qu'il avait souvent offensé par ses railleries, s'approcha de lui et, lui ayant demandé le mot d'ordre, le frappa de son poignard; l'empereur voulut fuir du côté des Asiatiques, mais Cornélius Sabinus le maintint jusqu'au moment où, percé de trente coups, il eut cessé de vivre. Les conspirateurs effrayés, n'osant retourner sur leurs pas, gagnèrent la maison de Livie et par là s'échappèrent. A la nouvelle du meurtre, les Germains qui formaient la garde de l'empereur se répandirent dans la ville massacrant tout sur leur passage ; la terreur et l'incertitude furent grandes pendant des heures, car les bruits les plus contradictoires circulaient et beaucoup pensaient que Caligula faisait courir le bruit de sa mort pour connaître ceux qui lui étaient hostiles.
Les débris qui se voient actuellement sur le versant du Palatin entre les arcs de Titus et de Constantin, débris informes et peu intéressants et qu'on a attribués à la Maison Dorée de Néron, sont du iir siècle. Ce sont des pièces étroites et obscures, construites en lave bronzée, matière d'une résistance admirable et toute désignée pour supporter Ténorme pression des construc- 'tions supérieures; le sol est pavé d'une mosaïque simple, sur les murs sont les marques des clous qui retenaient le stuc. Il y a des traces de salles de bains.
La Tiirris Cartularia élevée au moyen âge près de l'emplacment du temple de Jupiter Stator et qui servit de dépôt 1 archives, d'où son nom, fut construite avec des blocs de pierres
i58 LES xMONUMEXTS ANTIQUES DE ROME.
provenant de ces constructions et qu'on n'avait même pas eu la peine de transporter*;
Palais F'lavien (Palais de Titl's et de Domitien). — L'opinion publique réclama des empereurs de la dynastie flavienne le retour au peuple des terrains que Néron avait usurpés pour y édifier son énorme palais : « Rome, disaient des vers satiriques qui font penser aux pasquinades de la Renaissance, ne sera bientôt plus qu'un palais. Préparez-vous, citoyens, à émigrer à Véies à moins que \'éies aussi ne soit comprise dans le palais des Césars. » La vallée qui sépare le Palatin de l'Oppius (Esquilin) fut rendue à la circulation, mais il fallait cependant de vastes palais à la pompe impériale devenue de plus en plus fastueuse, aux services qui se multipliaient, à une domesticité innombrable. Ceux des précédents empereurs ne pouvaient suffire; force fut donc de remplacer le palais de Néron par un autre. Cependant la place manquait. Alors on imagina de combler la dépression qui séparait les deux sommets de la colline palatine-; des constructions particulières s'y trouvaient: tout fut rasé non pa^au ras du sol, mais, suivant la façon romaine, à la hauteur où devait être le sous-sol du nouveau palais: on combla les vides avec des débris; c'est pourquoi en fouillant on découvre dés vestiges de ces maisons, des mosaïques imitant des tapis orientaux, des fresques admirables dont Tune représente les principaux épisodes de ÏJlijdc, d'une part les combats, de l'autre les entretiens: de gros murs de fondation L coupent.
Titus commença le palais, mais son règne fut si bref (79-<>! que tout l'honneur de l'avoir édifié revint à Domitien (8i-g6). l.c palais mesure i5o mètres sur 80. L'entrée était au Nord, en face du Clivus PaLitinus et non loin de l'emplacement attribué à la Porta Mugonia. De même que toutes les demeures romaines, il se compose d'une cour centrale entourée de salles: il ne semble pas qu'il y eût de logements; au Nord se trouvait la salle du trône flanquée de la basilique à l'Ouest (côté du \'élabre) et du lararhim à l'Est: au Sud était le triclinium faisant face à la salle du trône et s'ouvrant sur le tjymp/KViinr. à la suite
1. l'n peu au sud uc la Tunis CartuLiri.i se trouvait au moyen âge la Tunis Jni.]iiiL}lis, roileiossc des Frangipani, où fut enfenné le pape Gélasc en 1118. Elle recouvrait le temple delà Victoire. En fouillant cet emplacement. M. Boni à retrouvé une très belle Victoire aptère du style de Phidias, actuellement au Casino des Jardins Farnèse. Voir l'article de .M. de Nolhac dans le Carresfondjnl du 2,^ novembre loiS.
2. Comme il a été dit, cette dépression était moins importante qu'on ne : pense, si elle a existe. ^ .
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du tricUniiim des pièces s'étendaient jusqu'au rebord de la colline, ayant vue sur la vallée du cirque Maxime; c'est la partie qu'on est convenu d'appeler l'Académie ou la Librairie. La richesse de cet édifice fit l'admiration des contemporains. Plutarque comparait à ce propos Domitien à Midas qui convertissait en or tout ce qu'il touchait et le poète Stace (Sylv., l\\ 2), avec l'exagération du plat courtisan, écrivait : « Edifice dont s'étonne la demeure voisine du maître du tonnerre, édifice rival de l'Olympe et que des dieux se réjouissent de vous voir habiter dans l'espoir que vous serez moins empressé de prendre l'essor vers le ciel, monument superbe qui déploie impétueusement ses contours.... » De fait, ce palais dut être une merveille. La cour était entourée de colonnes en marbre de porta-santa, le sol était pavé de marbre et de porphyre. Sur cette cour s'ouvrait une salle du trône, car Domitien, ayant introduit l'étiquette orientale, avait un trône; elle mesurait 5,5 mètres de long-ueur sur 40 de largfeur; de chaque côté de la porte étaient deux colonnes de jaune antique qui furent vendues 2000 sequins iors des fouilles du xviii* siècle. Les parois étaient g^arnies de statues colossales de porphyre roug^e et vert, ce qui était une nouveauté, car jusque-là, on préférait le marbre; Pline (///.';/. Nat., XXXVI, 57) blâme cette innovation; ces statues étaient placées dans sept niches séparées par dés portes dont les battants étaient d'un travail admirable. Le revêtement des murs était de marbre. La basilique longue de 35 mètres, large de 20, se terminait en abside; elle était soutenue par douze colonnes de granit, une galerie en faisait le tour. Des escaliers dont l'un est situé derrière l'abside menaient à cette galerie. C'est dans cette basilique que l'empereur, au fond d'une niche et séparé de l'assistance par une balustrade, rendait la justice. On retrouve dans ce qui en subsiste toutes les caractéristiques des premières églises chrétiennes, une galerie comme dans l'église des Quattro Santi lucoronati ou S. Agnese fuori le Mura ; une tribune dans l'abside, séparée du public, laquelle devint le sanctuaire; les trois nefs.
Le triclinium avait 3.5 mètres sur .3o; l'un des côtés formé de colonnes donnait sur le iiymphivum qui était une sorte de serre chaude; le sol était en albâtre oriental.
Les empereurs firent de ce palais le lieu habituel des réceptions et des cérémonies solennelles; ils n'y habitaient pas, préférant le séjour de leurs villas, dans les environs où ils retrouvaient la nature non dénaturée. « Rus verum barbarumque ».
L'incendie de igi endommagea la superbe demeure des Fla- \ieus. Septime-Sévère (k>3-2ii) s'occupa de la restaurer: jus-
i6o LES MONUMENTS ANTIQUES DE ROME.
qu'au iv° siècle, on continua à l'entretenir; on a retrouvé dans le Nymphaeum des travaux en opus mixtum qui datent de cette époque. Le dernier empereur qui y ait été couronné fut, ce semble, Héraclius, en 629.
Stade. — En même temps qu'il bâtissait ce palais, Domitien fit établir, de l'autre côté de la liaison d'Auguste en contre-bas, un stade ou hippodrome que Hadrien, Septime-Sévère et Théodoric achevèrent et transformèrent. Ce stade a la même forme que le stade Agonal (Place Navona); la destination n'en est pas exactement connue, c'était peut-être un lieu de réunion et de promenade planté d'abres et orné de statues; il mesure 160 mètres de longueur et 5o mètres de largeur; à 8 mètres en avant du mur d'enceinte se trouvait un portique construit par Hadrien ; il était composé de colonnes dont les fûts de briques étaient revêtus de plaques de marbre; les chapiteaux et les architraves étaient de marbre grec, une balustrade courait entre les colonnes. A l'extrémité Sud qui est cintrée vers l'extérieur s'élevait un édifice à deux étages ayant une façade tournée vers le cirque Maxime et relié à la loggia de la maison d'Auguste.
Sur la face latérale Est du stade s'élève l'exédre d'Hadrien d'où l'empereur assistait aux jeux sans avoir a. sortir de son palais; c'est la partie la plus imposante des ruines; cet cxèdre avait deux étages; au rez-de-chaussee se voient trois salles, une très vaste au centre, deux plus petites de chaque côté. Les parois de celle du centre étaient garnies, jusqu'à la naissance de la voûte, d'un revêtement de marbre; dans l'une des autres salles on a relevé des graffiti assez nombreux, un nom suivi d'un chiffre.... Au fond s'ouvrait un souterrain qui mettait cette partie de l'exédre en communication avec le reste du palais impérial'.
L'étage supérieur se composait d'une tribune garnie de colonnes en granit rouge oriental ; entre ces colonnes étaient des niches alternativement circulaires et rectangulaires comme au forum d'Auguste. Au-dessus des colonnes était un entablement en marbre blanc. La voûte est ornée de décorations en stuc; on y distingue un globe terrestre.
Les construciions elliptiques, peut-être des fontaines, dont on voit les restes aux extrémités du stade et sur les côtés, sont d'un travail plus récent, elles sont dues à Théodoric, le fond s'en trouve plus élevé que l'ancien sol du Staiium, ce qui seni| blerait indiquer que la poussière et des débris de toute sorlï
1. Deglave, Mélanges d'Archéologie, </ aiince, Paris, i88<), p. 208.
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avaient exhaussé le sol. De très belles statues ont été découvertes dans le stadium; elles ont été transportées soit à Parme, soit au Musée des Thermes, soit ailleurs. Au milieu de l'arène est un autel sur lequel se remarquent des traces de coups de ciseau; sans doute il allait ctre rompu et transformé en chaux comme le revêtement du mur et des colonnes quand les destructeurs furent interrompus dans leur œuvre.
P.VLAis DE Septlme-Sévére'. — Le palais élevé par Hadrien était, comme on l'a vu, adossé au stade; ce qui en subsiste montre qu'il était construit en pierres de couleur, en rouge antique, en porphyre vert et en albâtre, de sorte qu'il devait étonner autant par sa polychromie que par sa masse. La plupart des pièces n'ont pas été encore dég-agées. L'empereur Septime- Sévère détruisit une grande partie du palais d'Hadrien pour agrandir le sien. Celui-ci domine l'extrémité Est de la vallée du cirque Maxime et celle qui sépare le Palatin du Cœlius. Comme la place manquait, l'empereur usa du même moyen que Caligula: d'énormes substructions construites en avant de la colline établirent, à la hauteur du niveau supérieur, une terrasse, sur laquelle s'éleva le palais; ainsi du sol au faîte de l'édihce, il y avait probablement plus de 5o mètres. Presque toute la partie supérieure a disparu ; il ne reste que quelques salles de bains avec des hypocaustes et l'amorce d'un escalier de marbre monumental. Ces ruines permettent de se rendre compte de la façon dont, grâce à un double plancher et à des cloisons doubles, on chaulfait les appartements; ici le double plancher n'est pas porté comme ailleurs par des. courts pilastres très nombreux, il se soutient tout d'une pi -ce même dans les salles de 3 mètres de côte, tant la matière dont il est composé est rigide; c'est le même résultat qu'a donne depuis le ciment armé. La vue du haut des constructions encore existantes et qui forment comme un promontoire est des plus étendue: on entrevoit Ostie. Que devait-elle être du haut du palais! Une route passe sous ces substructions conduisant du haut du Palatin dans la vallée du C:elius.
En contre-bas du palais de Septime-Sévère s'élevait le Septizonium dont il ne subsiste plus rien-.
Aqueduc. — Un peu au Nord passait l'aqueduc de Septime- Sévère, qui, traversant le Cœlius, amenait des monts sabins l'eau au Palatin. C'était une dérivation de l'aqueduc commencé
!. (^)uelquefois appelé Palais d'Hadrien.
11 fut démoli par le pape Sixte V. Voir Monuments de Rome, p. 56.
par Caliyula et achevé au temps de Claude. Cet aqueduc s'élevait, entre le Cœlius et le Palatin, à près de 40 mètres de hauteur : quelques traces en subsistent* Il aboutissait à un système de citernes superposées se déversant l'une dans l'autre et bâties en opussigninum: quelques-uns de ces réservoirs existent; deux surtout sont en assez bon état, un dépôt épais de carbonate de chaux en recouvre les parois. 11 semble aussi qu'un tube de plomb de 3o centimètres environ de diamètre formant siphon passait, ainsi qu'il a été dit, du mont Ca-lius au mont Palatin à travers la vallée avec une différence de niveau 'le 43 mètres, supportant, par conséquent, une pression de plus d'une atmosphère. La pose de ce siphon eut lieu vers 73.
P.T2DAG0GIUM. DoMus Geloti.ana. — A l'autre extrémité de la colline palatine, au pied de la Maison d'Auguste, existent des restes fort curieux d'une habitation qu'on a appelée le Pxdagogium ou la Domiis Gelotiana. Peut-être la véritable Domiis Geloticina se trouve-t-elle, au contraire, un peu en avant vers le cirque Maxime. Quant au term'e Pxdagogium on ne peut non plus remployer sans réserve, car les g-raffiti où sp trouvent la mention : « Exit de Pccda^ogio » ont été sans exception découverts dans deux petites salles irréguliéres situées sur le derrière. Ces salles auraient été la prison des pages. Le reste de l'édifice serait, d'après De Rossi et llïdscn, une garde-robe impériale, (^uoi qu'il en soit, ces ruines sont formées d'une série de pièces petites et voûtées, adossées à l'ancien mur d"cnceinte; devant était un portique orné de colonnes dont une seule subsiste; bien que cette demeure fût assez humble à ce qu'il semble, les murailles en étaient revêtues de marbre ou de stuc; I parties les plus anciennes ne remontent pas au delà de l'époqi.^ de Caligula. Ce qui fait le très grand intérêt de ces ruines, ce sont les nombreuses inscriptions, les graffiti qui y furent tracés au couteau; une partie en a disparu depuis qu'on les a mises au jour; une de celles-ci, détruite en 1886, représentait un âne tournant une meule avec cette inscription :
Latiir.i jscUc .]iioiiioJo ct^o Liioravi cl prodeiil liti. Travaille, petit âne, comme j'ai travaillé et tu t'en trouveras bien.
On voit également des noms de soldats dont quelques-uns écrits en lettres latines, d'autres en lettres grecques. i)ans un de ces graffiti figure un âne crucifié devant lequel un homme