Pline, Hisl. Nat., xxxiv, 8. Suétone, Aiig
2. Auf^ustc devenu Pontifex Ma.ximus (0 mars an i: av. J.-C.l fit. dit Suétone, détruire tous les livres sihylhns apocryphes et les nombreux recueils, d'oracles qui s'étaient répandus depuis peu ; il en brûla 2000 et conserva seulement les oracles sibyllins proprement dits et expurgés qui furent déposés dansj le temple d'Apollon au Palatin (Suétone, Auguste, 3i).
LE PALATIN. l'.i
de Vesta. Ovide a chanté ce partage du Palatin entre trois déités, Apollon, \'esta et Auguste.
Phœbus tiabet partem, Vestœ pars altéra cessit
nuod siiperest illis tcrtius ipse tenet. State Palatinx laurus, praDtextaque quercu
Stetdomus; a^ternos très habet una deos'.
Pliébus occupe une partie et Vesta une autre,
Ce qui reste, luimcme se l'est réservé.
Vivez lauriers du Palatin, vis demeure
Ceinte de chênes. Un seul lieu renferme trois dieux.
De cet ensemble de monuments dont Aug-uste orna le Palatin, il ne demeure que quelques vestiges à peine.
Le Mu.mdus. — C'est dans l'enceinte du temple d'Apollon qu'on place un lieu très vénéré, le Mundus, dont on sait peu de chose; il était contemporain de l'orig-ine de Rome ou antérieur; on a pensé à tort que c'était une pierre cubique servant d'autel et entourée d'un fossé; en réalité ce devait être une cavité car le calendrier portait pour certains jours solennels la mention : « Mundus patet ». Or récemment, en fouillant auprès de l'emplacement que devait, d'après le commandeur Boni, occuper le trône d'Aug-uste, une recherche habilement conduite a fait découvrir l'entrée d'une fosse fermée par deux g-rosses pierres; elle est de forme conique et, comme tous les silos rencontrés dans la région romaine, la partie supérieure est légèrement incurvée vers le midi ; les parois en sont formées de pierres non cimentées; cette première fosse dégagée, on trouva au fond un puits dont l'ouverture n'est pas au centre de la fosse; il aboutit à deux souterrains horizontaux de forme ogive, orientés l'un dans la direction du soleil levant au 21 mars, l'autre dans celle du soleil levant au 21 juin. Le revêtement de ces galeries est un ciment fait avec des poteries antiques; une galerie transversale relie les extrémités; le système forme un triangle à peu près équilatéral de 6 mètres de côté. Ne serait-ce pas là un sanctuaire du culte de Cérès et de Proserpine, le véritable Mundus-}
Maison de Livie. — De la même époque que le temple d'Apollon ou d'une époque un peu antérieure date la Maison de
I. Fastes, IV, gSi. Cf. R. Lanciant, dans AUi deUa R. Accad. dei Lincei Rome, 1889, p. ?5 et suiv.
;. Les hypothèses de M. Boni n'ont pas laissé de soulever des discussions. \'oir à ce sujet Pinz.\, Nuove Osservazioni intonio al tempio di Apollo Palatiiio, Bull. Com. Arch., 1913, p. 199. Constans, Comptes rendus de l'Académie des Inscriptions, i3 février 1914, p. lou.
i.'j LES MONUMENTS ANTIQUES DE ROME.
Livie ou d'Aug-uste' ou de Germanicus, fameuse par ses fresques. Cette maison, dont la façade se trouvait dans la dépression située au milieu de la colline, est adossée à une paroi rocheuse en sorte que le premier étage dont il ne reste que quelques traces était par derrière de plain-pied avec le sol. Par suite de l'exhaussement du terrain, on a dû, en 1869, opérer une fouille pour dégager cette maison ; on y descend par un escalier. Elle est construite en blocage avec revêtement d'opus reticulatum. C'est un modèle très complet et très instructif de maison romaine aux premiers temps de l'Empire. Comme toutes ces maisons, elle est divisée en deux parties, une partie réservée à la réception, à la vie en public, une partie réservée à la vie privée et tout à fait distincte de l'autre, c'est la partie qu'on visite. L'entrée primitive était au Sud-Est. Vatrium où l'on pénètre tout d'abord a i3 mètres sur 10; le sol est en mosaïque blanche; on y distingue l'emplacement de deux piédestaux et d'un autel placé non au centre mais à gauche de l'entrée ; cet atrium était peut-être totalement couvert. Trois pièces s'ouvrent sur cet atrium: elles ont 7 mètres de longueur sur 4 mètres et 3 mètres respectivement de largeur ; celle du centre était le iMinum, le grand salon. C'est là que se trouvent les meilleures fresques'-'; celle de droite qui mesure i m. 35 sur i m. 70 de hauteur, représente le mythe d'Io aimée par Jupiter et persécutée par Junon ; la dlle d'inachus est prisonnière dans le bois de Mycènes au pied d'un rocher sur lequel s'élève une colonne que surmonte l'image de la déesse tenant un sceptre; Argus, à droite, armé d'une lance veille sur elle; contournant le rocher, .Mercure portant le caducée s'avance avec précaution pour délivrer lo : le mot Hermès est écrit en lettres grecques blanches sous ses pieds. Sur le même panneau, une scène, de i m. 35 de largeur sur ^m.oô de hauteur, représente une rue la nuit; une femme semble sortir suivie d'un enfant: quatre ou cinq personnes sont sur les terrasses et aux fenêtres des maisons pour la regarder passer. Des gens circulent avec des lanternes. Sur le mur du fond est représenté Polyphème plongé jusqu'à mi-corps dans les eaux de la mer; ayant écrasé son rival Akis sous un gros rocher, il contemple Galatée en partie couverte d'un manteau rouge et qui lui échappe, chevauchant un monstre marin, un hippocampe à la crinière noire ; la passion qui a dompté le géant est figurée par un Cupidon placé sur son épaule gauche et qui le conduit avec un ruban ; deux femmes, dont l'une nage et l'autre est debout
1. La nouvelle école archéologique admet généralement que ce fut là que vécut .\uguste.
2. Li;oN Renier et Geoules Perrot, Pcititiircs Au JKiLitin, Paris, 1871.
dans une eau peu profonde contemplent le spectacle. Sur le devant du tableau se voit un disque circulaire, creusé au centre; c'est peut-être une aug-e destinée à rappeler que Polyphème exerçait le métier de pasteur; un bâton est appuyé sur ce disque. A droite, au-dessus de la frise, est une scène de vie intime. Une jeune femme couronnée de laurier, le col, les bras et les pieds nus, vêtue d'une tunique blanche sur laquelle est jeté un manteau jaune à doublure violette, achève de vider une cruche de terre qui a la forme d'une amphore, dans un bassin rond de métal ou de terre vernissée. Derrière le bassin, au milieu du champ, se tient un adolescent, la tête couronnée de lierre, vêtu d'une tunique violette et portant un ayneau sur ses épaules. A droite, une femme plus câg-ée, est assise sur un escabeau, la tête entourée d'un turban et enveloppée jusqu'au menton d'un ample manteau; la main .droite dégagée tient tout près du visag-e le flabellum ou éventail en forme de feuille de lotus.
Une autre scène se voit entre la vue de la rue et la représentation de Galatée :
Au fond pend une bifula^ qui semble tomber du plafond. Au centre est une femme assise sur un tabouret recouvert d'étoffe rouge; elle a la tête nue, le front ceint d'une couronne de feuillage; elle est vêtue d'une tunique à demi transparente qui laisse voir le col. les épaules et l'avant-bras. Autour de la partie inférieure du corps est enroulé un manteau jaune à doublure foncée. Elle tient sur ses genoux un vase qui a la forme d'un verre à pied et semble de verre. Devant elle est une femme debout qui lui offre une bandelette: elle est vêtue d'une tunique rouge pardessus laquelle est jeté un manteau jaune; ses cheveux sont cachés par une écharpe rouge roulée autour de la tête. Un trépied où brîile du parfum la sépare de la femme assise^ A gauche du tableau, au même plan que la femme assise, se tient une femme debout, les mains appuyées sur ses épaules; elle a la tête couronnée de laurier; sa tunique, de couleur violet foncé, est recouverte dans la partie supérieure, d'un manteau jaune foncé. Les couronnes de laurier, la présence de l'éphèbe portant un agneau, l'Intula pendant du plafond marquent qu'il s'agit d'une cérémonie religieuse; d'autres détails tendent à montrer qu'il s'agit d'une scène de divination par l'eau, d'hydromancie.
Ces peintures sont faites de façon à donner l'illusion de scènes vues à travers une baie entr'ouverte. A l'époque de la Renais-
I. L'îh/h/j était un ornement formé de fils de laine teints en rouge et en blanc et noués à des intervalles réguliers; c'était rornemenl rituel des vestales et des prétresses ainsi que des victimes oircrles en sacrifice.
RODOCANACHt. 11
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sancc, des Irompe-l'œil de ce g-enre étaient la décoraiioii iavurite des demeures privées; le goût ne s'en est pas complètement perdu, s'il a dégénéré.
Quand ces peintures lurent .dégagées, elles étaient en fort bon état; depuis elles vont s'effaçant'. Des motifs architecturau.x séparent les peintures. Sur la paroi de gauche, pas de fresques.
Des tubes de plomb déposés sur le sol portent des inscriptions qui ont permis d'identifier la maison ; les Romains ne savaient pas couler des tubes, ils les formaient en enroulant des plaques de métal et en soudant les deu.x bords; ces tubes avaient généralement 3 métrés de long; on les joignait en élargissant une extrémité dans laquelle pénétrait l'autre qu'on avait rétrécie. Les inscriptions portent les noms de Julia, tille de Titus, de l'empereur Domitien et d'un affranchi. La salle située à droite du Tablinum, VAla, est également décorée de colonnes peintes et de frises entre lesquelles sont de merveilleuses guirlandes de fruits et de fleurs; on constatera d'ailleurs que ces fruits sont peu variés, car les Romains étaient loin d'en connaître autant d'espèces que nous; une frise, peinte en diverses nuances de jaune, est divisée en deu.x parties et l'on y voit des spectacles champêtres avec des hommes et des animau.x parmi lesquels des chameaux*. La salle qui est à gauche a une décoration semblable, mais sans paj'sages.
A la droite de V Atrium en entrant, c'est-à-dire au Sud, s'ouvre la porte du Iricliniuin, la salle à manger; entre cette salle et ; l'Atrium, se trouvait un escalier étroit menant à l'étage supérieur. Le Triclinium a 8 mètres de longueur sur 4 mètres de la:geur, il est pavé d'une mosaïque à fond blanc entremêlée de morceaux de marbres orientaux; les parois sont décorées de fresques très détériorées représentant des colonnes entre lesquelle^ se voient des vases pleins de fruits et des paysages, des jardins, des bois, une rivière; au-dessus de la porte d'entrée, un vasi de verre plein de fruits; les fonds sont en vermillon. Comme K lieu était humide parce qu'il se trouvait en contre-bas. lemurailles avaient été doublées de tuiles creuses dans lesquelles l'air pouvait circuler.
On parvenait à l'étage supérieur, qui contenait les pièces privées, par un escalier partant, comme on l'a dit, de l'entrée du Triclinium; il en reste des traces. C'est à cet étage, de plain-
1. Vitruvc, qui écrivait au siÙL-lc d'Augruste, dans le temps précisément ou cette maison était décorée, se plaint du manque de !?oùt et de la fantaisie des ornementations, liv. VII, c. .S.