‹ Les monuments antiques de Rome, encore existantsChapitre 119 sur 156 · Ar.MEI.LI.SI. p · texte numérisé non relu

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L'ARC DE JANUS. |!<i

une meule: la Ic^'cnde veut qu'elle ait servi à recouvrir un trésor. Un visai^e i2;-rimaçant y est g-rossièrement tîc^uré et la bouche est formée d'un trou percé au centre de la pierre. Ce trou a donné naissance à une léo"ende qui n'est pas tout cà fait éteinte : quand quelqu'un voulait démontrer péremptoirement la sincérité d'une assertion, il la répétait en plaçant sa main dans le trou car, s'il ne disait pas vrai, la pierre se refermait immanquablement sur elle. Or, il arriva qu'une femme eût à prêter serment à son mari, sur cette pierre, de n'avoir jamais trahi sa foi. Comme elle n'était pas sans quelque raison d'appréhender cette épreuve, elle eut recours au stratag^ème suivant. Celui dont son mari avait soupçon fut avisé par elle de se travestir en pauvre et de rôder autour de l'ég-lise au moment voulu; quand elle fut sur le point de prêter le dang-ereux serment, il s'élança sur elle et l'embrassa; ainsi elle put létritimement affirmer que jamais un autre homme que ce mendiant ne l'avait approchée. Et son mari fut rassuré, comme il convenait. C'est là une histoire que l'on rencontre bien fréquemment dans les conteurs médiévaux qui rendaient ainsi un naïf hommag'e à la merveilleuse fécondité d'imag-ination de la femme, surtout lorsqu'il s'agit d'en donner à croire à l'autre sexe.

Actuellement encore, les mères romaines menacent leurs enfants, quand ils ont menti, des colères de ce terrifiant visag-e.

L'église a pris son surnom de la dalle.

L'ARC DE JANUS (Janus Qcadrifrons)

Cet arc carré, rappelant celui dont on voit les restes près d'Autun, est entièrement en marbre et la chance a voulu que néanmoins les Romains du moyen câg-e ne l'aient pas démoli pour en tirer du plâtre comme c'était leur coutume. Chaque côté mesure 12 mètres, la hauteur en est de 16 métrés; les arches ont 5,70 d'ouverture et 10,60 de hauteur. Les pierres étaient reliées par des crampons de fer qui furent tous arrachés au cours du moyen âg-e, mais telle est la solidité de la construction qu'elle n'en a pas souffert. Pour alléger la charge que supportaient les voûtes, les pierres sont remplacées en certains endrf)ils par des urnes creuses; c'est un procédé qu'employaient parfois les architectes romains.

Dans chaque pilier sont douze niches sur deux rang:ées. quarante-huit en tout par conséquent, dont seize restent inachevées; elles étaient évidemment destinées à contenir des statues dont

iSa LES MONUMENTS ANTIQUES DE ROME.

on prétend que l'une, qui était de bronze, fut retrouvée en 1860 en creusant les fondations d'une maison voisine'. Il y a des traces de sculptures dans les clés des arches. Les moulures ainsi que toute la décoration de cet arc indiquent un art en décadence, et c'est pourquoi on croit généralement qu'il fut élevé vers le i\° siècle, avec des pierres prises dans d'autres monuments.

On ne sait guère quel en put être l'usage : il s'élevait à l'entrée du forum hoariutn et servait peut-être de bourse. On a pensé au moyen âge que le nom de Janus qui signifie arche était celui du dieu et qu'il s'agissait d'un arc élevé en son honneur, auquel on avait donné en conséquence quatre faces-.

Le Janus*fnt transformé, au moyen âge, en château fort: au xir et au xiii" siècle, les Frangipani en couronnèrent le sommet d'une construction de briques assez élevée et crénelée ainsi que d'une tour qui ne furent abattues qu'en 1829'; d'ailleurs, à cette époque, elle était en ruines. Dans la première moitié du xvr siècle, l'arc passa, soit en donation, soit par contrat de mariage, soit d'autre façon, des Frangipani aux Massimi. On lui donnait parfois un nom singulier, l'Arc de la Vache et du Taureau, à cause d'un bas-relief représentant ces animaux qui se trouve sur l'une des faces. En i56g, les Massimi louaient à LoJovico Cenci, représenté par sa mère Portia,le droit de déposer du bois sous l'arche moyennant 3 giuli par an*.

Au xvir siècle, l'arc, suivant le sort commun, était devenu propriété du Peuple romain. Le Conseil communal autorisa, le i3 février ïbb2, son charpentier Giovanni di Bartolommeo à en faire un entrepôt de bois comme son père^, mais en 1714, le 10 mars, il fut décidé que l'arc serait débarrassé. D'autre part, depuis un siècle, des gens sans aveu s'étaient établis dans les salles situées au-dessus des voûtes et peut-être aussi dans les superstructures des Frangipani; un escalier, qui s'ouvrait dans une des niches du pilier septentrional, y donnait accès^.En i6o3, c'était un malfaiteur allemand qui y avait sa retraite'; plus tard, il y vécut toute une colonie de malandrins que la police y tole-

1. A. Pi;LLE(iRiNi, Rotna vedtila in oUo Ctionii, Rome, iSôq, p. 197.

2. Le Janus romain primitif avait deu.\ visages, mais une statue étrusque apportée à Rome popularisa le Janus à quatre faces.

?, Gregorovius, vol. III, p. i85.

4. A. NiBBY, Roma antica, part. I, p. 467. A. Donato. De l'rte Roma, lib. II, cap. XXVI. A. Uggeri, JouiJiées Pittoresques des Edifices de Rome, Rome, 1800 vol. I, p. 54. Lanci.\ni, Riiiiis, p. 5iy.

5. Arcliiv. di Slato, Roma, Atti Saccoccius, Prot. iSao, fol. 117-

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