‹ Les monuments antiques de Rome, encore existantsChapitre 132 sur 156 · Voir plus loin le texte de cette inscription · texte numérisé non relu

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qui le composent sont en granit roug^e; leur diamètre à la base est de 4 m. 5o: elles sont disposées sur trois rangées, la première de huit colonnes, les deux autres de quatre : les entrecolonncments de la première rangée vont en diminuant de chaque côté: les colonnes des extrémités ont un diamètre plus fort que les autres. Lé dallage est en marbre et en granit égyptien. Au fond se voient les deux niches dont il a été parlé. La g-rande porte à deux vantaux qui donne accès à. l'intérieur est en bronze antique; le seuil en est formé d'un énorme bloc de marbre. Au-dessus de la porte une ouverture est fermée par une grille de bronze. On trouve souvent à Rome des grillages d'un dessin semblable soit en métal, soit en marbre; des morceaux de verre remplissaient parfois les interstices.

C'est dans l'épaisseur des murs de chaque côté de la porte que sont les escaliers qui mènent à la coupole par 190 marches.

Sur le frontispice se voit l'inscription suivante :

M- AGRIPPA L- F- CCS- TERTIVM FECIT-

Une autre inscription en caractères beaucoup plus petits rappelle la restauration faite par Septime-Sévère et Caracalla

IMPCAES[ARi • L- SEPTIMVS ■ SEVE RVS • PIVS • PERTINAX • AVG ■ ARA BICVS • ADIABENICVS ■ PARTHICVS • MAXIMVS. PDNTIF- MAX ■ TRIB POTEST • X • IMP . XI ■ ces 111 P • P • PROCOS • ET • IV.P • CAES ■ M AVRELIVS • ANTONINVS • PIVS • FELIX • AVG ■ TRIB • POTEST • V • COS PROCOS • PANTHEVM • VETVSTATE • CORRVPTVM ■ CVM -OMNI ■ CVLTV RESTITVERVNT

« L'empereur César L. Septime-Sévère le Pieux, l'Energique, vainqueur des Arabes, de l'Adiabéne, des Parlhes, souverain pontife, dans sa lo' année de puissance tribunicienne, salué onze fois imperator, trois fois consul, père delà patrie, proconsul, et l'Empereur César Auguste M. Aurclius Antoninus (Caracalla), le Pieux, l'Heureux, dans sa ,5" année de puissance tribunicienne, une fois consul, proconsul, ont restauré avec grand soin le Panthéon ruiné par le temps. »

La rotonde a r>ri mètres de diamètre et presque autant de hauteur, en sorte que le dcmi-cerclc formé par la coupole viendrait, s'il était continué, toucher tangcntiellcmcnt le pavé. Elle forme un bloc si compact qu'aucun tremblement de terre n'a pu l'ébranler et la poussée en a été si bien établie que les murailles sur lesquelles elle repose n'ont pas besoin de contreforts. Les nervures qu'on y a vues n'entrent pour rien dans sa solidité; elles semblent n'avoir été qu'un élément de construction. L'in térieur n'est éclairé que par l'ouverture centrale du haut, large

LE l'ANTlIKON. l'J^i

de 9 mètres, ce qu'on ne croirait g-uère quand on la considère d'en bas. Néanmoins toutes les parties du monument sont fort claires; on comprend donc comment les temples antiques, qui n'avaient que rarement des fenêtres latérales, n'étaient cependant pas obscurs. Le pavement, qui est légèrement convexe atin que Teau de pluie coule vers la périphérie, est en granit et en porphyre. Sept niches s'ouvrent au niveau du sol dans la paroi ; elles sont encadrées par des colonnes monolithes cannelées en jaune antique, hautes de g mètres. La coupole est ornée de cinq rangs de caissons qui étaient de marbre et qu'on a malheureusement détériorés lors de la fâcheuse restauration de 1747. A 2 m. i5 au-dessous du pavement actuel se trouve un autre pavement composé de dalles de marbre.

Des salles qui s'ouvrent à l'extérieur, sont pratiquées dans l'épaisseur de la muraille.

En l'année 399, le culte païen fut supprimé par décret de l'empereur Honorius dans le Panthéon, de même que dans tous les autres lieux de culte'. En ôo8, le pape Boniface IV obtint de l'empereur byzantin Phocas de le consacrer ausculte chrétien. Une fresque placée à droite de la tribune et qui subsista jusqu'à l'époque de \'alloni, c'est-à-dire jusqu'à la fin du xvr siècle, représentait le pape Boniface IV tenant l'église dans sa main-.

Cette nouvelle destination n'empêcha pas l'empereur d'Orient Constant II de s'emparer en ôb3 des tuiles de bronze qui recou-vraient le dôme. Le pape Cîrégoire 111 les remplaça, en 73.5, par des lames de plomb, et ce devint par la suite une des préoccupations du pouvoir pontifical que d'entretenir la toiture du Panthéon. Déjà, vers l'an 800, le pape Léon 111 y fit entreprendre des réparations.

Il avait été apporté au Panthéon quantité de reliques, des « charretées ■>, disent certains auteurs se méprenant sur le mot de carreftata, lequel signifie une mesure de capacité de3o cent, de côté; l'église reçut, en conséquence, le nom de Ad Martyres, mais le peuple lui donna celui de Rotonda. ou Rolonna à cause de sa forme et, en fait, c'est ce nom qui a prévalu. Déjà au xu* siècle, c'était sous cette dénomination qu'(Mi la connaissait surtout^

En 8.3o, Grégoire IV consacra le monument à tous les saints comme il l'avait été à tous les dieux*.

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