E PANTHÉON
Trois papes empruntèrent au Panthéon le bronze qui leur était nécessaire. Sixte V pour les statues de saint Pierre et de saint Paul qu'il plaça sur les colonnes Trajane et Antonine, Clément VIII pour les ornements de l'autel du Saint-Sacrement dans Saint-Jean de Latran, Urbain VIII enfin pour les quatre colonnes torses du baldaquin de Saint-Pierre.
Ce fut, en outre, avec du bronze du Panthéon que l'on fabriqua l'urne destinée à contenir les cendres de sainte Bibiane, laquelle fut placée dans l'église qui lui était dédiée'.
Suivant Torrigfiano, le poids total du bronze ainsi enlevé s'éleva à 460 25 1 livres (les clous à eux seuls représentaient 9374 livres); on en évalua la valeur à 67260 écus-. L'une des chevilles de bronze qui maintenaient les lames se trouve au musée Strozzi, à Florence; le poids en est de 5o livres, et la longueur de deux palmes, soit un demi-mètre ; une autre de ces pièces fut remise au duc d'Alcala qui l'emporta en Espagne 5.
Le président de Brosses ne trouvait rien à redire, cent ans plus tard, à cette destruction. « Mais le moyen de lui en vouloir (au pape), écrit-il, quand on sait qu'il en a fait le superbe baldaquin de Saint-Pierre*. » Tout le monde ne pensait pas comme lui, et Pasquin exprimait très vraisemblablement l'opinion publique quand il accusait, comme on l'a dit, les Barberini de faire pis que les barbares.
En même temps qu'il dépouillait le Panthéon, Urbain VIII l'affublait de deux campaniles, après avoir fait détruire celui qui existait au centre du portique depuis l'année 1270; les travaux commencèrent en 1627.
Depuis des temps très lointains, l'ouverture qui était au sommet du dôme servait à machiner, le jour de l'Assomption, l'enlèvement au Ciel de la Vierge ; des nuages et des anges étaient établis sur des machines et, pendant qu'on célébrait l'office, la Vierge disparaissait à travers l'orifice».
Cet orifice servait encore le dimanche de la Rose (Lii'tarc, 4" du Carême)'^. Au moment où le Souverain Pontife pénétrait
1. Paiement de 49,20 écus à L. Bernini pour iVjurniture de trois caisses de bronze pour les reliques de sainte Bibiaue. Dcf^us. gencr., 1027, fol. 18. Cette urne fut déposée dans un sarcophage ancien d'albâtre oriental.
2. ToRRiGio, Le Groltc Valicane, Rome, i63y, p. 14-'. W inkelmann, SI. délie Arti..., vol. m, p. 408.