Ar.melli.ni, Le Chiese di Roma, p. .)i
6. Mabillo.x, Mus. Italie, vol. II, p. 148, Ordo XI du chanoine Benoit: par conséquent la coutume remonte au .\u" siècle environ. Diario di Leone X, Paride de GrasîTi, Home, 1804, p. 112.
dans l'église pour y célébrer une messe solennelle et tant qu'elle durait, on répandait de là sur l'assistance une pluie de pétales de roses qui étaient censés figurer la descente du Saint-Esprit en langues de feu. A l'occasion de cette cérémonie, le pape Benoît XIV rappela que le devoir du Saint-Siège était d'entretenir cette église vénérable et que, ah'n de mieux réaliser cet objet, il convenait d'en confier le soin à l'administration pontificale.
Au cours de l'année 1798, le Panthéon devint un lieu de réunions publiques et d'orageuses discussions. La République venait d'être proclamée à Rome, le i5 février, par Berthier venu pour venger l'assassinat de Duphot et pour « démocratiser » les États pontificaux. .Mais si l'armée avait fait une brillante entrée dans la ville et si, le 24, elle avait défilé en bon ordre devant son général, elle manquait du nécessaire et depuis longtemps sa solde ne lui était plus payée. Cependant les généraux donnaient des fêtes, les fournisseurs des guerres s'enrichissaient; pour se procurer de l'argent, ils avaient d'abord pressuré les « gouvernants », puis dépouillé les églises et finalement levé des taxes arbitraires et vexatoires ; l'armée voyait grossir autour d'elle le mécontentement de la population et ne profitait en rien des mesures qui le provoquaient. C'est pourquoi, le 28 février (1798), la parade finie, les officiers, au lieu de rentrer dans leurs quartiers, se rendirent au Panthéon et, après en avoir fait retirer le Saint-Sacrement, commencèrent à délibérer. En vain, au nom de Masséna, le général Willette vint les sommer de se dissoudre ; ils répondirent en lui demandant de signer deux décrets mettant fin à « toute déprédation, toute spoliation des propriétés publiques et particulières ». En même temps une proclamation était rédigée, assurant le peuple de Rome que ses tribulations allaient prendre fin et que les officiers en prenaient l'engagement « devant le Dieu éternel en présence et dans le temple de qui ils se trouvaient rassemblés ». Ils décidèrent, en outre, de cesser leur service au cas où leur solde ne leur serait pas payée dans les vingt-quatre heures.
Le lendemain, les mutins se réunissent de nouveau au Panthéon ; ils envoient deux représentants au général Masséna pour lui signifier qu' « il les avait taxés, la veille, d'être en insurrection, alors qu'ils ne l'étaient pas, mais qu'aujourd'hui ils déclaraient au nom de l'armée entière qu'ils y étaient complètement ». .Masséna se retira au camp du Ponte .Molle.
Les Romains pensèrent pouvoir profiter de ces divisions et ne comprirent pas que s'ils brusquaient l'événement, ils allaient, en faisant naître un danger commun, réconcilier leurs adver-
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saires. Des moines parcoururent la ville, des émissaires allèrent travailler le quartier du Transtcvère, toujours prêt aux insurrections; on répandit le bruit que les Juifs du Ghetto ne seraient plus soumis au régime sévère qui leur était imposé: toute la ville fut vers le soir en rumeur. Alors les officiers firent appel à leur g-énéral préféré, à Berthier, tandis qu'un nouveau refus d'obéissance était adressé à Masséna. qui partit pour Ancône, déléguant le commandement au général Dallemagne. Toute la nuit, sous la conduite de Berthier revenu au Quirinal, les patrouilles et les détachements parcoururent la ville, dispersant les émeutiers et en fusillant quelques-uns. Le jour suivant, le calme était revenu dans la ville et la discipline rétablie. Dés lors le Panthéon reprit sa pieuse destination ^ Pendant le cours du siècle dernier, le dégagement du Panthéon s'est poursuivi ; Pie VII fit détruire les étalages des marchands de poisson qui encombraient le portique ; Pie IX, en 1804, ordonna la destruction d'un assez grand nombre de masures du côté de l'église Santa xMaria sopra iMinerva ; la ville de Rome, en 1876, démolit partie des habitations des Crescenzi et des Blanchi-; le ministre Baccelli acheva cette œuvre en 1882, moyennant une dépense de près d'un million '.
LE MAUSOLEE D'AUGUSTE
Des anciens monuments de Rome, celui dont la destinée fut la plus étrange est sans contredit le mausolée d'Auguste*; il rappelle d'illustres souvenirs et on l'ignore; il fut construitj">our servir de tombeau, et on en a fait un lieu de divertissement; il était peut-être l'un des plus beau.x monuments de la ville, et il en est maintenant le plus laid !
Auguste l'avait fait ériger pendant son sixième consulat, par conséquent en l'an 27 avant notre ère, à l'extrémité du Champ
1. Monitore di Koma, n. 3, p. 24 cl suiv., n. 4, p. Si. C. Gugnoni, Diario U'jinano di G. A. -S'j/a, i798-i7')9, Rome, 1882, p. 57 et suiv. ; vol. III, Rome, i'yM), p. 241. G. Maes, Ctiriosità Romane, Rome, i885, part. I, p. 28. A. Du- 1 ouRCg, Le Régime jacobin en Italie, la République romaine, Paris, iQfX), p. 123.