Corpus, VI
une toute faite aux alentours, à moins qu'il n'ait employé une colonne déjà existante à cette place en chan<^eant simplement l'inscription dédicatoire. En tout cas, que ce soit par Phocas ou par un autre, il paraît certain que la colonne tut prise ailleurs. Or, pas très loin, sur les bords du Tibre, il y a un petit temple rond dont on a fait depuis l'église , Santa Maria del Sole; ce g-racieux monument est entouré de colonnes cannelées en marbre, surmontées de chapiteaux corinthiens, dont le galbe rappelle exactement la colonne de Phocas, et il se trouve que l'une d'entre elles, une seule, a disparu ; on n'en voit plus que la base, au ras du pavement. On peut donc supposer sans invraisemblance que c'est elle qui a été transportée, au vir siècle ou avant, au Forum.
Cette colonne fut au xviii" siècle un objet de terribles discussions entre archéologues; les uns tenaient qu'elle faisait partie du temple de. Jupiter Custos, d'autres que c'était un monument isolé; on disputait, à la mode du temps, en s'appuyant uniquement sur des textes et sur des hypothèses, à grand renfort d'invectives et d'arguments personnels, sans songer du tout à examiner le monument lui-même. Or, le i3 mars i8i3, pendant les dernières fouilles accomplies par ordre de l'empereur Napoléon, on découvrit à quelques pieds sous terre l'inscription que porte le socle de la colonne et qui en expliquait clairer.enî tout le mystère. Aussi, le lendemain, un sonnet courait la ville, qui disait en substance : « Sots savants, les volumes par vous écrits sur le nom à donner à ma colonne en auraient, empilés, égalé la hauteur ; combien vous eussiez été plus avisés et moins ennuyeux si, jetant la plume, vous aviez pris une bêche. >
La colonne de Phocas est le dernier monument de. ce genre élevé au Forum.
A côté de la colonne de Phocas commence une série de piédestaux de colonnes ou de statues érigées en l'honneur de personnages divers.