LA BASILIQUE JULIA
Une vaste plate-forme à laquelle on accède par des degrés, des bases de piliers en brique qui ne sont que la reproduction des anciennes bases-, voilà tout ce qui reste d'un des monuments les plus somptueux de Rome.
1. Les basiliques construites dans la région du Forum furent au nombre ^i, six :
La basilique Porcia construite en ir!i av. j.-C.
— Fulvia-.'Emilia . . itîo —
— Sempronia .... 170 —
— Opimia 121 —
— .Julià 4& —
— de Constantin. . . 3i:: apr. J.-C.
Les basiliques Porcia. Sempronia et Opimia ont complètement disparu.
2. Les anciennes bases étaient en pierre, elles avaient été rasées jusqu'au sol ; en 1878, le professeur Rosa les rétablit en briques.
LA BASUJQUE JULIA. 67
En 170 av. J.-C, Sempronius Gracchus avait construit en ce lieu, près des Tabernx Vetcres, une basilique qui porta son nom ; Jules César entreprit d'en substituer une autre en 54 av. j.-C. et la dédia huit ans plus tard, alors qu'elle était encore en construction; Auguste l'acheva comme il le fit pour plusieurs autres œuvres entreprises par son père adoptif; à peine la basilique était-elle achevée qu'elle fut incendiée. II la recommença et la dédia, en l'an 12 av. J.-C, au nom de ses petits-fiIs Caius et Lucius Ciusar, ainsi qu'il s'en vante dans Tinscription d'Ancyrc'. D'autres restaurations eurent lieu sous les Anto nins. bioclétien reconstruisit en partie la basilique après un incendie, mais sans en modifier la forme ; un préfet de la ville, Gabinius Vettius Probianus, y fit quelques réparations en 377.
La basilique était bordée par quatre rues: la Sacra Via sur le devant, le Viens Jugarius du côté du temple de Saturne, le \'icus Fuscus du côté du temple de Castor et une rue dont le nom est inconnu, par derrière. La surface qu'elle occupait mesure 109 mètres sur 46. Elle était composée d'une cour centrale oblongue de 82 mètres sur 18, bornée à chaque extrémité par un portique formé de trois ran^fées de huit colonnes ; sur les côtés longs et reliant les deux portiques était une double rangée de douze colonnes d'ordre dorique formant une sorte de g-alerie couverte. On ne sait si la cour était couverte d'un toit-.
Des voiles ou des grilles de marbre protégeaient contre le soleil ou la pluie ceux qui se réunissaient dans la basilique ; le pavement des ailes est en dalles de marbre blanc, celui de la nef intérieure est en marbres orientaux de diverses couleurs, disposés en carrés concentriques. Un deuxième étage existait sans doute au-dessus des deux ailes ainsi qu'une terrasse surmontant la colonnade faisant face au Forum ; on a cru distinguer, dans le bas-relief de l'arc de Constantin dont il a été déjà parlé, une vue de la basilique avec ce second étage chargé de spectateurs qui assistent de loin à la cérémonie que prési-
1. Après la mort d'Auguste on apposa dans plusieurs villes de l'Empire des tables de marbre contenant son testament politique et l'énumératiun des actes glorieux de son règne et des édilices qu'il avait construits ou restaurés. La seule de ces plaques qui subsiste se trouve à Ancyre, en Asie -.Mineure, où ^L Georges Perret a pu avec de grandes diflicultos en prendre connaissance en 1801. Ce « testament » a pour titre : « Index rerum gestaruin divi Aiiirusti ».
2. Les plus récents travau.K tendent à montrer que cette basilique, comme les autres, était couverte et éclairée par un lanterneau. Cependant le comm. Lanciani a remarqué, lors de l'inondation de 1878, que la plate-forme, couverte d'eau d'un côté, émergeait de l'autre; il en a conclu que cette déclivité, qu'il suppose volontaire, avait pour but l'écoulement de l'eau de pluie et que, par conséquent, la basilique n'avait point de toiture.