LE LAC DE JUTURNE
(LaCUS JUTURNy-E.)
Entre le temple de Castor et la Maison des \'estales se groupaient une série de constructions qui avaient leur origine et leur raison d'être dans une source ou plutôt dans un ensemble de deux sources. Les sources ont été de tout temps et, presque partout, l'objet d'un culte particulier. Celle-ci devait son importance particulière au voisinage du Palatin. Les Dioscures y avaient abreuvé et lavé leurs chevaux quand ils vinrent annoncer aux Romains la victoire du lac Régille. Bien qu'au moyen âge des constructions et peut-être une église- eussent été bâties à l'endroit où elle jaillissait, elle n'en a pas été tarie ni détournée et maintenant elle se déverse comme jadis dans la Cloaca Maxima.
1. Il s'agit, bien entendu, du temple qui précéda celui de Tibère et dont les colonnes n'étaient pas apparemment de marbre blanc, c'est-à-dire du temple que venait de relever, en 107, Cœci.ius Metellus Dalmaticus.
2. Il s'agirait de l'antique église S. Maria litcra nos a pœnis inferni. ou de infermo ou in inferno, ainsi dénommée parce que ce lieu passait pour le plus sombre et le plus bas du Forum, et parce que la légende racontait que le pape saint Silvcstre y avait tué un dragon. Ce dragon était une réminiscence du culte de Vesta célébré dans le temple voisin. L'Anonyme de Turin parle de cette église comme n'étant plus desservie; il semble qu'elle ne doit pa»i être confondue avec l'église S. Maria Libératrice, toute voisine d'ailleurs.
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7i LES MONUMENTS ANTJQUES DE ROME.
L'eau formait avant de s'écouler une mare (profunda palus) à laquelle on donnait le nom de Juturne, la sœur du roi Turnus ' dont Jupiter lit la déesse des sources. Plus tard, ce lac fut transformé en un bassin mesurant 5 mètres carrés et profond de
2 m. 12, lequel existe encore; au centre émerg-e une base de
3 mètres sur 2 mètres, haute de i m. 78. Le bassin est dallé en marbre et entouré d'un mur en opus reticulatum ; au-dessous, on a retrouvé des morceaux de tuf provenant d'une construction antérieure. La base semble avoir été destinée à supporter une statue de la déesse Juturna. On distingue fort bien en deux points du bassin les sources qui continuent à fournir un peu d'eau.
A 4 mètres au sud de ce lac est un autel avec un puits et un petit sanctuaire dédié à la divinité du lieu. Le puits est octogonal, l'eau s'y élève à i m. 20 environ. La margelle a environ I mètre de hauteur et est sculptée; une inscription rappelle que Barbatius Pollio, peut-être un ami de Marc-Antoine, en soigna la réparation. Devant ce « puteal » est un autel renversé dont on avait fait un degré pour monter au puits. Un peu plus loin, sur une fondation de briques, s'élève l'édicule de Juturne qui consiste en un pronaos et en une cella ornée de colonnes dont ii ne reste rien. Derrière passe la voie qui conduisait du temple de Vesta au Palatin. Pour la supporter on avait établi des salles voûtées dont plusieurs se voient tout à côté du lac de Juturne On a trouvé tout proche une statue de Constantin dédiée par un curator aguarum ; la Slatio Aquanim se trouvait, en ellct, dans cette région.
La source de Julurnc avait la réputation de guérir les maladies ; aussi a-t-on déterré dans le voisinage une statue d'Esculape brisée en morceaux mais qu'on a pu rétablir; le dieu porte le bâton symbolique entouré d'un serpent. A côté est un enfant s'apprêtant à sacrifier un coq. On a également retrouvé des fragments de statues des Dioscures de grandeur naturelle.