I. SS. C"osma e Damiano in Silice
LE TEMPLE DE VENUS ET DE ROME. Sy
ce plan s'eifondra et fut heureusement recouvert de débris, ce qui l'a préservé de l'anéantissement. Les parois du temple, en blocs de péperin, subsistent en partie.
LE TEMPLE DE VÉiNUS ET DE ROME (/Edes Rom.'e et Veneris.)
Ce temple était compté parmi les sept merveilles de Rome, au dire de l'historien Ammien Marcellin. Comment en aurait-il été autrement, puisqu'il était dédié aux deux déités tutélaires de la ville, Vejîîis Félix, la mère d'Énée, l'ancêtre des Romains, et Roma /Eterna, le g-énie de Romer II dominait de très haut d'un côté la vallée du Forum, de l'autre celle du Colisée. L'empereur Hadrien en posa, à ce qu'il semble, la première pierre en 121, le 21 avril, jour anniversaire de la fondation de la ville ; il en avait donné le plan qui fut critiqué par Apollodore ; la dédicace eut lieu en i35, cependant il ne fut achevé que sous le règ-ne d'Antonin. Il s'élevait à l'emplacement du vestibule de la Maison Dorée de Néron. La plate-forme qui le supportait avait io3 mètres de largeur, iq.S mètres de longueur, disent certains archéologues, i65, disent les autres; du côté du Colisée, elle était fort élevée à cause de la grande déclivité du sol; les caves sur lesquelles elle reposait servaient à placer les accessoires de l'amphithéâtre; les parois en sont en blocage. Une colonnade régnait tout autour, simple sur les côtés, peut-être double à chaque extrémité, en granit rouge et en granit gris ; elle formait le péribole ; au centre, sur une plate-forme de sept degrés était le temple composé de deux cellx adossées, car chaque divinité devait avoir la sienne avec une entrée en face de la statue; ce temple était décastyle, c'est-à-dire que le porche avait dix colonnes ; il était construit en blocage revêtu de marbre et décoré k l'intérieur de colonnes entre lesquelles se trouvaient des niches. Ces colonnes avaient i mètre de diamètre.
Peu de choses subsiste de cet ensemble ; ce qui frappe le plus, ce sont les deux absides des cellpe accolées ; c'est merveille de voir comme elles se soutiennent par l'étonnante solidité de leur construction*. De-ci de-là des débris de pavage, des traces de niches, des fragments de perrons, des morceaux de colonnes. L'œuvre de destruction avait commencé de bonne heure. Le pape Honorius I"', qui régna de 625 à 640, obtint de
. CiiOiSY, Arl de bâtir chez les Romains, p. 58. Rivoira, Architecture lombarde (éd. anglaise), vol. I, p. 100.
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l'empereur Ileraclius la permission de prendre les tuiles dorées qui couvraient le temple pour en orner l'ég-lise Saint-Pierre'. Paul I" (757-767) édifia une chapelle en l'honneur de Saint-Pierre et Saint-Paul dans la partie du temple tournée vers le Forum. Dès le règne de Léon IV (047-855), la chapelle de Paul I'' avait fait place à une église dédiée à la Vierge et qui reçut l'épithète de S. Maria Nova, à cause de l'autre église dédiée à la \'ierge dont il a été parlé et qui devint S. Maria A?itica. En i6i5, Paul V en renouvela la façade avec le concours des moines olivétains qui habitaient le monastère voisin et qui firent construire à leurs frais le plafond, lequel est fort riche. Depuis, l'église a pris le nom de S. Francesca Romana qu'elle porte encore actuellement.
La construction du temple de Vénus et de Rome amena de grandes modifications dans toute la région avoisinante, le tracé de la Voie Sacrée fut modifié, le Colosse élevé en face du Colisée fut déplacé, peut-être aussi l'arc de Titus.
(Basilica Nova).
L'empereur Constantin se posait en protecteur et en restaurateur de sa capitale: » Conscrvator Urbis suœ », ainsi qu'il le mettait en légende sur ses monnaies ; très attaché aux anciennes traditions et très soucieux de relever le prestige de Rome, il s'occupa activement d'en réparer ou d'en achever les monuments : il remit en état le temple de Romulus, le Cirque de la \'oie Appienne, peut-être le L.apis Niger, la tombe supposée de Romulus, et acheva la basilique qui porte son nom.
INLixence, qui en avait posé la première pierre, détruisit pour l'édifier le marché aux épices, Horrca Pipcrataria, que Domitien avait construit; un incendie l'avait d'ailleurs en partie ruiné au lempsde Commode, cnl'an 191. .Maxencen'eutletempsquede voir les fondations de la basilique. Le plan adopte par lui donnait à la basilique une entrée vers l'Est, du côté tourné vers le Colisée. Un porche de 8 mètres de large servait de péristyle : trois portes s'ouvraient dans la nef centrale, une porte donnait
1. C'est ce que rapporte le Liter Pontifîcalis, mais peut-être s'agit-il en lait de la basilique de Constantin. Duchesne, Mélanges de l'Ecole de Rome, i£ p. 25. Ces tuiles existaient encore en K)o6; peut-être Paul V les fit-il fondf avec tant d'autres reliques de l'antiquité.
2. C. Fea, Z-.j Bjsilicj di CostJiilino, Rome, 1819. N. Ratti, Stillc Rovi» del Tempio délia Pace, Rome, iai3.
dans chaque nef latérale. En face était l'abside de 20 mètres de diamètre. Constantin ouvrit une nouvelle entrée sur le Forum et la décora de colonnes de porphyre roug-e dont on a retrouvé des fragments. En face, il établit une autre abside. C'est ce changement de plan qui donne à la basilique son caractère particulier ; elle a deux axes Nord-Sud, Est-Ouest : pourtant l'orientation du monument est Est-Ouest. La grande nef centrale a 80 mètres de longueur, 3.5 mètres de hauteur: les nefs latérales ont 16 mètres de largeur; le monument a, en tout, 100 mètres de long sur 65 mètres de large. Huit colonnes monolithes de iQ mètres soutenaient les voûtes ou plutôt ornaient l'intérieur, car les voûtes sont là comme ailleurs pour ainsi dire d'une seule pièce, tant les matériaux qui les composent se sont solidement agglomérés. Les murs qui, en certains endroits, mesurent 0 mètres d'épaisseur, sont en briques et en blocage. Ce qui reste de la voûte dans la nef centrale est orné de caissons, décoration préférée des plafonds romains. Des fragments du pavement qui était de marbre ont été retrouvés.
Du VI" au viii" siècle, la basilique porta le nom de Templum Urbis Romœ, ensuite elle fut appelée Templum Romuli, puis encore, vers le xiv" siècle, Templum Pacis, à cause d'une confusion avec l'un des monuments voisins. Ce ne fut qu'au commencement du XIX' siècle que son véritable nom lui fut restitué.
Le terrible tremblement de terre de 1.349 '-l'-'i abattit jusqu'cà mi-hauteur la Torre dei Conti, éloignée de 3oo mètres de la basilique, dut en hâter ou en déterminer la ruine si, comme quelques auteurs le pensent, elle était demeurée intacte jusqu'alors'. Au milieu duxv" siècle, il ne restait déjà plus debout que les trois arches qui subsistent encore; Pogge les vit et s'étonna de leur grandeur*. Des huit colonnes monolithes, une seule n'avait pas été renversée. Jusqu'en 1547, on ne s'occupa guère du monument qu'envahissait la végétation et qui, d'autre part, ne pouvait être utilisé, ainsi que lés autres ruines, ni comme habitation ni comme lieu de défense; cette année, le Il février, le premier des conservateurs fit au Conseil communal la déclaration suivante: « Les restes de notre passé ont été détruits ou menacent ruine par suite des injures du temps ou du peu de considération où les tiennent les habitants ; nous devons, en ce qui nous concerne, avoir à cœur ces souvenirs de la gloire
;. .\. NiuBY, Roma jiilic.i, part. H, p. 238 et suiv., dit qu'il y découvrit des traces de fresques chrétiennes, preuve qu'après le v siècle la basilique était ! encore entière.
I 2. De Wirietate Forluiiœ. Paris, 1722, lib. l, p. 10.
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de nos ancêtres, lesquels ont mérité l'immortalité par leurs hauts laits et leurs ji:ranJes vertus, leurs victoires et leur g-énie. » Et il concluait en conseillant d'accepter les propositions d'Euryale Silvestri, lequel demandait qu'on lui cédât la partie haute du monument'. Elle était devenue une sorte de forêt; arbustes et plantes de toute sorte y croissaient à l'envi. Or, Silvestri, qui était un riche amateur d'antiquités venu à Rome quelque vini*'t ans auparavant, après le sac de 1527, offrait de faire enlever, à ses frais, toute cette végétation. Derrière la basilique, il possédait un monticule qu'il avait converti en un jardin archéologique plein de statues, de marbres, de pierres sculptées, comme c'était la mode alors*. Aldroandi, qui en donne l'énumération^, y vit des Bacchus, des Faunes, des têtes d'empereurs, des tables de marbre et quantité de fragments que Silvestri avait trouvés dans une vig:ne lui appartenant. Silvestri avait-il demandé la concession du haut de la basilique seulement en vue d'assurer la conservation du monument, ou bien voulaitil en faire une annexe de son musée r II existait alors toutefois, scmble-t-il, une ruelle qui peut-être séparait la basilique et le monticule qui s'élevait derrière.
A la mort de Silvestri, ses neveux vendirent le palais qu'il habitait, le jardin avec ses collections, et probablement la jouissance du sommet de la basilique à un petit-neveu de Léon X, Ottaviano de .MéJicis, alors archevêque de Florence (i3 février iSo-)*. Il y continua les traditions de son prédécesseur et accumula dans le jardin les antiquités; toutefois, le 14 mars de l'année i.Sgi, il céda le palais et ses dépendances au duc de Zagarolo, don .Marzio Colonna, sa vie durant.
.Montaigne parle en ces termes delà basilique: * A voir suie niant ce qui reste du tamplede la Paix le long- du Forum Romanum duquel on voit encore la chute toute vifve come d'une grande montaig^ne dissipée en plusieurs horribles rochiers, il ne samblc que deus tels bâtiments peussent (tenir) en toute l'espace du mont du Capitole-'... »
Après l'année 1002, Paolo .Mercati était propriétaire du palais . il y logea les Mcndicjiiti qui y résident encore; les McnJican.'i. les .Mendiantes, était une confraternité organisée pendanU
1. Archiv. Stor. \ol. Catit-, Cred. 1. vol. XX.WI. loi. 5.=^i.
2. Lanciani, Scavi, vol. II, p. 72, 200 et suiv. .^. .Vldroandi, Venise. i556. p. 276.
4. Archiv. Ji Ht.ilo, Rowj, Prospero Canipana Nol. Tiot., v7. I>^l viano fui élu pape on ioo5, sous le nom de Léon XI.