‹ Les monuments antiques de Rome, encore existantsChapitre 74 sur 156 · Q. QuKRiNi, La Bencjkenza romane. Rome, 1892, p. 3œ · texte numérisé non relu

Q. QuKRiNi, La Bencjkenza romane. Rome, 1892, p. 3œ

2. GiACiNTo(ii(jLi, Diario, Cod. Vat. Lat. 8717. Gancellieri, Mercalo, p. 184 n. 8. F. Cerasoli, Diario di cose romane, Rome, iQfj^, p. 16.

?. De Bkosses, Lellrcs familières, Paris, itip, vol. IL 216.

9'l LES MONUMENTS ANTIQUES DE ROME.

colonne, au diable soit de l'étourdi, il a cassé tout net un des ang-les de la corniche à feuille d'acanthe... »

Peut-être existait-il aussi une deuxième colonne enfouie, ou tout au moins une base; Sang-allo le jeune s'en serait servi, au dire de Dosio, dans la construction de Saint-Pierre.

11 ne faut pas accorder trop de créance à l'hypothèse d'après laquelle le groupe d'Alexandre Farnèse et une Victoire qui est au Musée des Conservateurs auraient été tirés d'une autre colonne '.

Au cours du xviir siècle, un marchand de bois installa sa marchandise sous une des voûtes ; le Conseil communal jugea qu'il compromettait la solidité de l'édifice et le déshonorait: une résolution fut prise décidant son expulsion, mais ce ne fut pas chose facile: il prétendait avoir des brefs, il fallut batailler, négocier-. Cependant le Conseil était informé que les Mendiantes transportaient de la terre sur le haut de la basilique et y plantaient des fleurs et même des arbustes (23 juillet 1714). Ordre fut donné à l'architecte du Peuple romain d'aller les arracher. En même temps le Conseil tit bâtir autour de la basilique un mur de protection. Le marquis Emilio Cavalieri, qui apparemment avait des droits de propriétaire ou de locataire, dut remettre au premier des conservateurs les clés de la porte i comme chose relevant du Peuple romain ». Mais ce beau local le tentait, car il rêvait d'établir sous l'arche centrale un manège ; il offrit d'en payer la jouissance 3 écus par an et le Conseil accepta (i.5 novembre 1714). Restait à expulser le marchand de bois. Ce ne fut qu'en février 1715 qu'on y parvint, et alors le marquis s'était ravisé. On dut recommencer à traiter; cette fois il fut convenu que le marquis Cavalieri pourrait transformer en manège le terrain convoité, mais n'aurait pas le droit d'en disposer autrement, qu'il entretiendrait à ses frais le mur d'enceinte et fournirait comme location chaque année deux livres de cire de Venise ; la commune gardait à sa charge l'entretien des murs antiques. Cet accord devait être ratifié par le Souverain Pontife; le fiscal se rendit donc auprès de lui, mais il dut informer le Conseil, dans la séance du lô mars 1716, que le pape refusait son assentiment et voulait qu'on cédcât au marquis la jouissance de la basilique sans bail et sans loyer, à la seule condition qu'il y ferait un manège « et pas autre chose «.

Le Conseil s'occupait sans cesse de la basilique; il faisait^

r. G. GiATTAwr, Routa descritta, p. 62, n. i. Cancellieri, S/or. dei PossessiJ^ p. 01, note. Cf. A. UticERi, (iionule. vol. H, pi. \'I. Peut-être le bloc venait-iF du l'orum de la Faix.

2. Arcliiv. Stor. Capit., Cred 1, vol. XLIV, fol. 38, 3g, 45, 48.

arracher les plantes qui y poussaient, enlever les gravats qui en encombraient les abords, il rappelait aux conservateurs de « veiller au maintien de la juridiction du Peuple romain sur les arches du temple de la Paix ». L'architecte du Peuple vint prévenir le Conseil, le 27 juin 1716, que les Pères Olivétains de l'église Santa Francesca Romana avaient ouvert deux portes sous les arches, ahn de faciliter le passag-e; non contents de cela, ils occupaient une bande de terrain attenante à la basilique, avaient muré une porte donnant sur la rue et ouvert une issue du côté du jardin. Et le Conseil de protester contre cette appropriation et d'envoyer dire au pape que le Peuple considérait que la basilique lui appartenait. Le pape lit réponse qu'il en informerait le camerling-ue, afin qu'il parlât du fait aux Pères.

Ving-t-huit ans plus tard, en 1744, on s'aperçut que les Mendiantes avaient recommencé à apporter de la terre sur la plateforme du haut et à y faire des plantations. « Elles g-rimpent sur l'édifice à son grand préjudice », disait le premier conservateur.

La preuve que le sommet des arches était devenu un lieu de promenade et de plaisance, c'est qu'on y menait les étrangers comme pour voir une curiosité.

« Il y a de petits jardins au-dessus des voûtes du temple de la Paix, dit La Lande en 1765, mais on ne doit y marcher qu'avec précaution à cause des trous qu'il y a déjà dans les voûtes et de ceux qui peuvent s'y ouvrir à chaque instant. Pour y aller, on est obligé de passer dans le Conservatoire De//e Mendicanti où il y a 120 orphelines*. »

Le marquis Emilio Cavalieri étant mort, le manège passa à son fils Gaspare, le 21 février 1755 ; une tribune avait été installée pour les spectateurs*. Mais le nouveau possesseur ne jouit pas longtemps de sa concession, car, deux ans plus tard, les .Mendiantes étaient mises en possession pour sept ans du terrain situé « sous les arches ' ».

En 1814, des réparations furent commencées pour empêcher la chute de certaines parties de la basilique plus spécialement menacées * : quatre ans après, le fameux archéologue P'ea entreprit des fouilles qui permirent enfin dd restituer au monument

1. La Lande, Voyage d'un Français en Italie, Venise, 1769, vol. IV, p. 323.

2. FicoRONi, Le VesligLi e Rarilà di Roma aiilica, Rome, 1744, p. 70. En' 174Q, la Commune avait fait des travaux d'entretien' dont le coût n'est pas

-^spécifié. Archiv. Caf^il., Cred. VII, vol. XLIX, fol. 237.

Page 1