‹ Les monuments antiques de Rome, encore existantsChapitre 78 sur 156 · Uri.ichs, Codex Lrtis, Einsidlense, p · texte numérisé non relu

Uri.ichs, Codex Lrtis, Einsidlense, p

C'est à l'intérieur de l'arche que sont les bas-reliefs qui font de ce monument une relique précieuse. Du côté g'auche. en allant du Forum au Colisée. on voit Titus, petit et g^ras, sur un quadrige conduit par la déesse Rome; une Victoire le couronne: il est entouré de licteurs et passe sous un arc de triomphe; l'attelag-e est de trois-quarts, le char de face, l'artiste a voulu qu'il parût venir droit sur le spectateur. Un homme nu, probablement une divinité, le génie du peuple romain (r), précède le cortège ; les magistrats, les prêtres, les généraux de la nation vaincue sont conduits enchaînés à ses côtés. Il y a en tout dix-huit personnages et l'on dirait une foule'. En face, la suite du cortège, les dépouilles de Jérusalem, les trompettes d'argent, la table sainte et le chandelier à sept branches, qui valut à l'arc, au moyen âge, le nom de Septem lucernarum, Selte Lucerne ou Del Testamefito; ces dépouilles sont précédées d'écriteaux portés par des personnages à chevelure flottante. Au fond, la ruine de Jérusalem (70 après J.-C); les murs de la ville, ébranlés par l'incendie, semblent sur le point de s'abattre; des femmes, des enfants, des vieillards sont groupés, en proie à la terreur.

Au plafond, l'apothéose de Titus porté au ciel par un aigle aux ailes éployées.

L'entrée triomphale que cet arc représente a été racontée avec beaucoup de précision par Joséphe, qui en fut témoin oculaire {Bell.Jud., VII, 5).

« Durant la nuit précédente, les soldats étaient venus se ranger autour du temple d'Isis (aujourd'hui église S. Maria délia Minerva) où reposaient les empereurs. Au point du jour, couronnés de laurier et vêtus de soie, ceux-ci se rendirent au portique d'Octavie. Devant le portique, un tribunal était dressé et supportait deux sièges d'ivoire; \'espasien et Titus montèrent sur cette estrade, parmi les acclamations. \'espasien ordonna le silence, et, la tête couverte d'un pan de sa robe, prononça les invocations aux dieux. Puis les soldats se rendirent aux casernes où les attendait le festin d'usage. Les empereurs retournèrent à la porte triomphale (dont l'emplacement exact est inconnu); ils y prirent quelque nourriture, revêtirent les vêtements triomphaux, sacrifièrent aux dieux voisins de la porte. Puis le cortège passa devant les théâtres, pour que chacun put bien le voir. On portait des échafaudages extraordinaires, atteignant la hauteur de trois ou quatre étages, sur lesquels étaient représentées des scènes de la guerre. En dernier lieu on voyait les dépouilles du temple, la lourde table d'or, le chandelier

I. Cagnat et CuAPOT, 3/.ïH//f/ s Archéologie roinainc, p. 032.

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