LES THERMES DE TITUS - LES THER.MES DE TRAJAN
(DoMUS AuREv — THERM.T3 Titian.î; ET Therm.t: Trajani)
Au nord du Colisée, sur cette partie du mont Esquilin qu'on nomme Oppius, sont les restes souterrains et enchevêtrés de constructions diverses; là se trouvait, en effet, une partie de la Maison Dorée de Néron dont quelques dépendances étaient en face sur la pente Nord du Palatin; dans l'espace intermédiaire, sur la Velia, devaient s'étendre des jardins et surtout ces bois sauvag'es. ces espaces découverts et « ces perspectives », qui, au cœur de cette Rome surpeuplée, parurent aux contempora-ns un luxe plus insensé même que la décoration ruineuse du palais.
Les appartements étaient décorés d'oeuvres d'art pillées en Grèce; la salle à manger possédait un plafond en coupole représentant le ciel et qui était animé d'un mouvement circulaire. La mort de l'empereur arrêta la réalisation complète de ses plans grandioses. Il ne subsiste plus delà Maison dorée que quelques pièces et des corridors revêtus de stuc et parfois ornés de fresques, car Titus se servit des' assises de cet édifice pour établir ses bains qu'il inaugura .en grande hâte aussitôt après avoir achevé le Colisée en l'an 80. Ces bains avaient io5 mètres sur 120 mètres. De ces Thermes, que Palladio a décrits sous le nom de thermes de ^'espasie^, aucune trace ne reste plus aujourd'hui.
Trajan choisit à peu près le même emplacement pour les vastes bains, œuvre d'Apollodore, dont il dota ce quartier. La disposition en était la même que dans les autres bains : un frigidarium, un tepidarium et un caldarium circulaire: autour un péribole avec palestre et bibliothèques. La construction centrale mesurait 280 mètres sur 210 mètres; le péribole, 840 sur 33o mètres, soit un peu plus de onze hectares. Il subsistait de notables parties de cet édifice à l'époque de la Renaissance; aujourd'hui on n'en retrouve plus que quelques débris enfouis sous terre. On visite, sous l'exèdre, quelques restes de la Maison Dorée.
C'est entre les thermes de Trajan et les Sette Sale que fut découvert le groupe du Laocoon, le 14 janvier i5o6, dans la vigne de Felice de Fredi. Michel-Ange fut des premiers à l'aller voir dans la fosse d'où il émergeait.
L'archéologue Xacca, qui écrivait dans les dernières années du xvr siècle, raconte dans ses Mémoires qu'il vit tirer des bains
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de Titus* « quantité de figures de marbres et une infinité d'ornements telle que celui qui voudrait les énumérer entrerait dans une grande mer ».
Au Nord, sur la partie la plus haute de l'Esquilin, les ruines appelées Sette Sale sont un Casfellum ou réservoir destiné à l'alimentation de la Maison Dorée, puis à celle des bains; c'est une série de neuf salles longues et voûtées en blocage; dans chaque salle, on remarque deux ouvertures qui ne se font pas face, afin que l'eau ait à parcourir un plus long trajet et dépose les impuretés. Les parois sont tapissées de carbonate de chaux comme dans tous' les réservoirs romains.
(Ampiiitiieatrum Flavium)
L'immense amphithéâtre dont l'empereur Vespasien jeta les fondements vers l'an 75, à l'emplacement du lac sur lequel Néron
^ avait donné tant de fêtes féeriques, fut inauguré par Titus en 80 et embelli par Domitien*; c'est en raison de la part qu'avaient
. ainsi prise à son édification les trois empereurs de la famille Flavienne que le monument reçut le nom de Amphitheatnim Flavium; cependant il n'était rien moins que terminé quand disparut le dernier de ces empereurs.
On admet que le quatrième étage, qui figure sur une médaille de Titus, était en bois et ne fut bâti en pierre que plus tard. Ceci expliquerait les dégâts occasionnés par le feu du ciel dont le monument fut frappé, notamment le 3 août 217 sous le règne de Macrin; ces dégâts furent si importants qu'on dut renoncer pendant plusieurs années à donner des spectacles. Élagabal commença des travaux de restauration que poursuivirent Sévère- Alexandre (218-222) et Gordien III (238-244); une médaille de cet empereur montre le Colisée avec l'étage supérieur construit définitivement en pierre; à gauche se voit le colosse de Néron, à droite une statue plus petite sous un édicule, dans l'arène un éléphant monté combattant un taureau. Des statues décoraient
1. Au XVI" siècle, le nom de thermes de Titus était improprement employé pour désigner les thermes de Tra}an.
2. D'une façon générale, F. Gori, Memorie ,1cl Colosseo, Rome, 1875. Gio, Marangoni, belle Memorie... delV Aiifîlcatro Fhivio, Rome, 1746. Neralco, Descrizione del Colosseo, Rome, 176?. Parker, The Flavidii amphithéâtre, Oxford, 1876. P. CoLAGROSSi, L'Aiiflteatro Flavio nei suai venti secoli M storia- Rome, 1Q12. FiLipi'O Clementi, Il Colosseo, Rome, 191 2. Fr. Cerxsoli, Ntiovi Doc. sitlle l'icende del Colosseo, Rome, içoS.
LE COLISÉE. n5
les baies de la deuxième et de la troisième g-aierie. Au fond on disting-ue l'empereur.
On avait eu tant de hâte à achever la partie supérieure que les entrepreneurs avaient pris des matériaux dans les monuments ruinés du voisinag-e; peut-être aussi faut-il attribuer ces pillages autant à la disette d'argent qu'au manque de matériaux neufs. Commode établit un passag"e souterrain du Colisée à son palais, à la Domus Vectiliana, située sur le mont Cœlius, car il était un amateur passionné des jeux du cirque, auxquels il prenait part personnellement.
De nouveau atteint par la foudre et incendié, le Colisée fut restauré par Decius en 200; le tremblement de terre de 442 causa de grands dommages que Théodose II et Valentinien III s'efforcèrent de réparer en 446; Lampadius, préfet de la ville, présida à cette restauration, ainsi qu'en témoig-ne une inscription gravée sur une dalle de marbre g-rec qui avait déjà servi à un autre usag-e et qu'on voit encore actuellement au Colisée. Le podium, les entrées et les sièges furent réparés. Messius Phœbus, au temps de l'empereur Anthemius, fit aussi quelques travaux au Colisée entre 467 et 472. En 486, un « abominable tremblement de terre » nécessita de nouvelles réparations que le préfet Decius Marins Venantius Basilius accomplit à ses frais en 5o8; Eutharich en 5iq fit ég-alement travailler au Colisée.
Lors de l'inauguration, cinq mille bêtes féroces y avaient été sacrifiées devant les cinquante mille spectateurs qui pouvaient y prendre place'.
La description que donne Dion Cassius, qui y assista, des jeux célébrés au Colisée sous le règne de l'empereur Commode est des plus curieuse, tant par l'abondance des détails que par ce qu'elle révèle touchant l'état d'esprit des Romains à la fin du 11° siècle.
« Le premier jour, l'empereur tua cent ours à lui tout seul, à coups de flèches, du haut du pourtour de l'arène; elle était entièrement divisée par des cloisons diamétrales surmontées d'un chemin circulaire et se coupant deux à deux, afin que les bêtes, partagées en quatre compartiments peu distants, pussent être percées plus aisément. Au milieu de la lutte, lorsqu'il était fatigué, il buvait dans une coupe en forme de massue du vin miellé rafraîchi que lui présentait une femme et, au même instant, le peuple et nous tous nous criions Vivat, comme on a coutume de crier dans les festins.
I. Sur la contenance du Colisée, voir la Dissertation du professeur Ch. HuLSEN, dans Bull. Arch. Com., Rome, 1894, p. 3i2, et Platner, The Topography and Monuments of Ancient Rome, p. 33^.
nS LES MONUMENTS ANTIQUES DE ROME.
« Voilà ce qui eut lieu le premier jour; les suivants, étant descendu du haut de sa place sur le sol même de l'arène, il tua d'abord toutes les bêtes qui s'approchèrent de lui, bêtes dont les unes lui étaient amenées, les autres présentées dans des cag-es, puis il égorgea un tigre, un hippopotame et un éléphant.... Ensuite, au sortir de dîner, il combattit comme gladiateur. Il se servait de l'armure de ceux qu'on appelle Secutores, le boucliei au bras droit et Tépée de bois à la main gauche, car il était fier d'être gaucher.... Après lui combattaient les autres gladiateurs; le premier jour ce fut lui qui, au bas de l'amphithéâtre, en costume de Mercure, les réunit deux par deux, tenant une verge d'or et assis sur un trône d'or. Après cela il remonta sur son siège ordinaire, d'où il vit avec nous le reste du spectacle. Un très grand nombre de personnes y perdirent la vie. Comme quelques gladiateurs tardaient à tuer leurs adversaires, il les ht attacher deux par deux et leur ordonna de combattre tous à la fois. De cette façon, ceux qui étaient liés ensemble combattirent un contre un; quelques-uns même tuèrent des gens sur lesquels ils n'avaient aucun droit, se trouvant embarrassés par la foule et le manque d'espace.
« Ce spectacle dura quatorze jours. Quand l'empereur combattait, nous autres sénateurs nous nous rendions chaque fois à l'amphithéâtre avec les chevaliers.... Outre les acclamations ordinaires, nous criions sans cesse comme on nous l'avait ordonné : « Tu es le maître, tu es le premier, tu es le plus heureux « de tous les hommes, tu es vainqueur, tu le seras à jamais. « Amazonius! ' »
« Beaucoup parmi le peuple ne vinrent pas à l'amphithéâtre, à cause d'un bruit qui avait couru que l'empereur avait dessein de tirer sur les spectateurs, comme Hercule sur les Stymphalides. Cette crainte était commune à tous. L'empereur fit même à l'égard des sénateurs une chose qui n'était pas le moindre indice de notre perte. Après avoir tué une autruche et lui avoir coupé la tête, il s'avança vers l'endroit où nous étions assis et. tenant cette tête dans sa main gauche, tandis que, de la droite, il brandissait l'épée ensanglantée, il ne prononça aucune parole et remua la tête en ouvrant la bouche, comme pour nous montrer qu'il pourrait bien nous en faire autant. Quelques-uns s'étant à cette vue pris à rire, eussent été tués sur-le-champ si je n'eusse mis dans ma bouche des feuilles de laurier tirées de
I. Ce surnom est encore une preuve de l'étonnant avilissement des Romair à cette époque. Commode portait ce nom en souvenir de sa maîtresse Marci| dont il conservait un portrait en amazone II lit donner au mois de novembre! le nom d'Amazoïnum.
ma couronne et conseillé à ceux qui étaient près de moi d'en faire autant, atin que le mouvement de nos lèvres ne permit pas de soupçonner que nous riions* ».
Le Colisée mesure sur le g-rand axe 187 mètres et sur le petit i52 mètres extérieurement. Sa hauteur est de 48 mètres environ. Les arcades qui y donnaient accès étaient au nombre de 76; au-dessus de chacune d'elles était un numéro en beaux caractères ; ceux des portes xxiii à liv subsistent encore; il y avait en outre quatre entrées situées aux extrémités des axes ; c'est par là que pénétraient l'empereur, les hauts personnages ainsi que les cortèges; peut-être éiaient-elles surmontées de quadriges ainsi que semblent l'indiquer les médailles; celle qui faisait face à la partie de l'Esquilin appelée Oppius, et qui se trouve entre les arcades numérotées xxxviii et xxxix, parait avoir été reliée aux Thermes de Titus par une g-alerie.
Au rez-de-chaussée, cinq g-aleries entouraient le centre de l'arène; la galerie extérieure communiquait par des arcades avec le dehors, elle n'existe plus que partiellement ; dans la deuxièine prenaient naissance les escaliers qui menaient aux étages supérieurs ; la troisième donnait accès au premier moenianum (voir plus loin) ; la quatrième donnait accès au podium ; la cinquième était revêtue de marbres et pavée de mosaïques, ce qui semblerait indiquer qu'elle servait de promenoir aux personnages élevés, ou bien que les gladiateurs s'y réunissaient avant d'entrer dans l'arène ; les portes y menaient directement.
Les trois premiers étag"es sont éclairés par des arcades : au dernier étage, qui fut ajouté plus tard, comme on l'a dit, les ouvertures sont quadrangulaires et espacées de deux en deux baies. Les arcades du rez-de-chaussée sont séparées par des colonnes engagées, posées sur un stylobate de trois degrés ; elles sont d'ordre dorique. Par une singulière conception architecturale, — dont on trouve déjà l'exemple à Pergame, — chaque étage est orné de colonnes d'un ordre différent, de plus en plus compliqué à mesure qu'on s'élève, ionique au premier étage, corinthien au deuxième. On aperçoit, tout en haut, des pierres saillantes, placées Tune au-dessus de l'autre à une assez grande distance ; la plus haute est percée d'un trou ; elles servaient à fixer les mâts auxquels on attachait les cordes du velarium destiné à préserver les assistants contre les ardeurs du soleil. Les suppositions qui ont été faites touchant la disposition du velarium ne sont fondées que sur des hypothèses. C'étaient des marins qui plaçaient le vcL-irium : on a supposé que ces
!• Dion Ci^ssiis, Ilisl. Rom., liv. LXXIl, ^ i3.
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marins provenaient de la flotte de Misène parce que, non loin du Colisée, ont été retrouvés les restes d'un camp de marins de la flotte de Misène.
Les trous dont sont parsemés les parois et les piliers, du haut en bas de l'édifice, sont le fait des Romains du moyen âge qui. pour se procurer du métal, arrachèrent les crampons de fer scellés avec du plomb, qui reliaient les pierres entre elles. Cependant pas une pierre ne s'est déplacée, tant la construction est solidement et judicieusement établie.
Les couloirs haut voûtés, qui mènent de l'extérieur à l'intérieur, étaient g-arnis d'un revêtement de sluc qui subsistait, en partie, encore au xvm" siècle, mais a depuis malheureusement disparu ; à peine en reste-t-il quelques traces. On a aussi retrouvé quelques graffiti représentant des coTibats de gladiateurs.
Le Colisée est l'exemple le plus frappant et le plus magnifique de l'extrême habileté avec laquelle les architectes romains savaient employer les divers matériaux dont ils disposaient; les portiques extérieurs, les arcades, les escaliers sont en travertin; d'autres parties sont en péperin ; celles où la pression était moins forte sont en briques ou en une sorte de cong-lomérat. Pour'alléger la maçonnerie des voûtes, on a surtout fait usage de tufs volcaniques très poreux. On constate aussi dans la construction des voûtes la profonde connaissance des Romains en stéréotomie.
L'extrême confusion des galeries et des dégagements n'a pas encore été bien démêlée. La division du travail, qui était poussée très loin, peut rendre compte des diversités qui s'observent entre le travail des diR"érents chantiers qu'on occupa simultanément à la construction.
L'arène mesurait 8ô mètres sur .S2, autant qu'on en peut juger, car le mur de protection qui la limitait a presque entièrement disparu. On lui donnait le nom d'arena à cause du sable qu'on étendait pour absorber le sang des combattants, hommes ou bêtes. Une partie du sous-sol a été dégagée; on connaît mieux sans doute, grâce à ce travail, les substructions du monument, mais son aspect artistique y a perdu ; les réduits où l'on gardait les bêtes féroces ont été ainsi mis au jour avec les plans inclines qui servaient à faire monter les cages au niveau du sol ; on a pu reconnaître les rainures des ascenseurs qui furent en usage plus tard, les dégagements, tout un enchevêtrement de couloirs et de galeries; ces substructions, d'époques très ditTérentes. datent, les premières, de la fondation de l'édifice, les dernières, du règne do Théodoric. l'ne dérivation d'un aque-
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duc permettait d'inonder l'arène et d'y donner des spectacles nautiques.
Autour de l'arène rég-nait un podium compose de quelques ran<^s de g-radins; il était réservé au Sénat, à divers magistrats, aux préteurs, aux douze frères Arvales ', ainsi qu'aux Vestales. Revêtu et dallé de marbre et surmonté d'une colonnade de marbre, il était couvert d'un velarium ; une grille de bronze protégeait les assistants dans le cas où une bête féroce aurait franchi le mur de protection ; les sièges étaient de marbre. Ils avaient été pillés en Grèce si l'on en juge par leur élégance et leur ornementation; un certain nombre sont devenus des trônes d'évêques ; on en voit, par exemple, dans l'église S. Pietro in Vincoli, dans l'église S. Gregorio et dans l'église S. Stefano Rotondo; la hi'^a du Vatican semble de même provenance. On y plaçait des coussins, pulvini. La plupart portaient inscrits, surtout dans les- derniers temps de l'Empire, les noms des titulaires ou de leurs familles. Quand un siège changeait de propriétaire, on martelait le nom du précédent. Auparavant, les places étaient accordées, en bloc, aux collèges, aux corporations ; les duumviri présidaient dans tout l'amphithécâtre à la répartition des places; chaque corps avait droit à tant de pieds, non à tant de places. Ainsi on trouve des inscriptions portant : Aux ex-consuls, iio pieds; aux maîtres d'école, . . . pieds.... On connaît plus de deux cents inscriptions de ce genre. Les disputes de préséance étaient continuelles et des plus âpres, ainsi qu'en témoigne Martial ; on dut graver sur marbre les € lieux assignés — loca assignala ».
Lors des fouilles entreprises, en 1810, par ordre de Napoléon, on a retrouvé quelques bas-reliefs et quelques stucs qui ornaient le podium. De loin en loin, des escaliers conduisaient dans le couloir qui entourait l'arène, d'autres escaliers donnaient accès aux gradins supérieurs.
Deux loges se faisaient face aux extrémités du petit axe de
I. Les frères Arvales étaient une confrérie de douze prêtres voues au culte de la Terre. Ils étaient les représentants des douze lils mythiques d'.Vcca Larentia, héroïne de l'iiistoire romaine primitive. Leur sanctuaire, le l'>6isacré de la l)ea Dia, a été retrouve au .^' mille de la via Campana, sur la ri\ . droite du Tibre (entre Home et Porto) ; tm peut encore le visiter. C"cst aussi la qu'on a recueilli, depuis iHo-, les fragments épi-rraphiqucs de leurs procèsverbaux annuels. Us célébraient une fête annuelle en mai, accompagnée do banquets, de chants, de processions et de danses (nous possédons le texte di. leurs chants, qui est pour nous incompréhensible). Leur oflice propre était de purilicr la terre et d';issurer une bonne recuite ; Dea Dia est une incarnation comme .\cca Larentia, de la Terre-.Mére. .\ la dillérence des autres coUégc.saccrdotaux, le colléfire des .\rvales netait pas fermé à la plèbe.
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Tarènc, l'une appelée pulvinar était réservée à l'empereur, l'autre aux consuls. Ces log-es étaient plus élevées que le podium ; on y avait accès par des escaliers spéciaux.
Les places qu'occupait la foule des spectateurs étaient divisées en trois étagres. le moenianum priinum, secundiim, summum ; leur ensemble formait la cavea : les deux élag-es principaux (moeniana I et II) comptaient ensemble tout au plus cinquante rangs ; ils correspondent aux trois portiques superposés de la façade extérieure; le dernier étage, selon M. Hûlsen, ne peut avoir compté plus de onze gradins. Entre les deux étag:es principaux et l'étag-e supérieur, laccès était interdit par un mur de 5 mètres, d'ailleurs décoratif, gTâce à ses portes, ïenctres et niches, et surmonté d'une colonnade, c'était le balteus (baudrier). Les rang-s étaient partagés en secteurs, en {vaxées. eu nei. On a retrouvé près de ramphithéâlre de Frosinone, dans le Latium. un jeton d'ivoire qui était un billet d'entrée; il porte le numéro de la travée, cv n (cuneus) Wl. et le numéro du rangqui était un des rang-s inférieurs, in. xvih. Il ne reste aucune trace de la tribune d'où celui qui donnait les jeux y assistait, éditons tribunal.
Les places du haut, celles qui, avant le grand incendie de 217, étaient en bois et qu'on appelait, par suite, in li^?!eis, servaient aux gens de la plèbe, à ceux qu'on appelait /'î///a//, parce qu'ils étaient revêtus d'une toge brune ; on les répartissait par tribus. C'est Là aussi qu'on relég-ua les femmes de condition médiocre. Les hommes mariés furent, à une certaine époque, séparés des célibataires.
Du haut de ce qui subsiste de ces gradins, la vue s'étend au loin sur l'admirable campagne romaine, la chaîne de l'Apennin, les monts de la Sabine, tandis que. plus près, tout autour de soi, gisent les restes du Palatin, les ruines des Thermes de Trajan. celles du Forum que domine au fond le palais du Capitole ; la Torre délie Milizie s'élève au Nord, dans la partie de la ville qui tapisse le versant de l'Esquilin et qu'on nommait les Carincv. Les Romains étaient hers du Colisée. « Que la barbare Mcmphis ne vante plus ses merveilles, écrivait le poète Martial, ni Babylone l'effort de son travail assidu, que les doux Ioniens ne célèbrent plus leur temple de Diane Trivienne et qu'ils cachent leur autel couvert de cornes, que les Cariens ne portent pas aux nues leur Mausolée dont le sommet semble atteindre le ciel, toute œuvre le cède à l'amphithéâtre Césarien. seul entre tous il doit être célébré par la Renommée*. » Bien des siècles plus