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La Cortiirijna, Venise, i5<i4, acte premier

2. Folcmius^Silvius, évoque de Sien (4.^:--i-l«i- Son ouvragre rortc le nom Ljlci\-iilii,<: c'était une sorte de calendrier, .Voiiumenta Ger)ti Hist. Auct. .> ChroH. Minora, 1. p. 5^5. AiiasE. Patrologie. InÀ. I, i8o5, p. ^ii, et vol. M

p. 071. / x-ii /-

3. Cassiodore, l'jr., liv. V, let. ::: Moniimciita Cjcnn. Auct., Ml, p lO . Grisar, Roma alla cadiita .ici liupero. Home, lOo:, vol. I. p. 5<). Lanciani, . Riiiiis. p. ii)^.

4. Il a été récemment démontré que le colosse était placé sur un char irai par un quadrille fiçrurant le char du soleil. (Préciiac, comptes rendus u VAcaJémic des liiso-if'lioiis, k.H-)).

lations ainsi que le Soleil et la Lune dans leurs chars, conduits par des chevaux : au centre du temple étc-tit la statue de l'hébus, qui du pied touchait le sol et de la tête la voûte; le dieu tenait à la main une statue de Pallas.

« Le pape saint Sylvestre (qui vivait au iv siècle) fit détruire ce temple qui attirait trop l'attention des pèlerins, parce qu'il trouvait mauvais qu'on vînt à Rome pour y voir les édifices profanes plutôt que les églises. »

Le colosse avait donc donné son nom au Colisce. A la vérité, il y avait longtemps qu'on le nommait ainsi; sans doute dès l'antiquité, les Romains, frappés de ses dimensions, le désignaient déjà par le qualificatif de Colossciim, Amphitheatriim colosseiun, car le mot était de latinité courante, Pline l'emploie, et il venait du grec. Anastase le Bibliothécaire, qui vivait au viir" siècle, l'appelle le Colisée. Un autre amphithéâtre, celui de Capoue, qui était également ti'ès vaste, reçut de môme le nom de Cotosseum.

Mais une étymologie si simple ne suffisait pas à l'imagination populaire; à défaut de celle que l'on vient de rappeler, ou plutôt comme dérivation de celle-ci, on en imagina une autre. Quand les adorateurs du soleil arrivaient au temple, les prêtres leur demandaient s'ils vénéraient la statue : « Colis enm », et ils répondaient : « Colo enm », d'où Colisseum qui, au reste, se disait fréquemment au moyen âge Colideum.

Le tremblement de terre de 1849 fit des ravages dans ce qui restait encore intact du monument ; de cette époque date peutêtre le commencement de l'état ruineux où nous le voyons à présent'. Des parties entières s'effondrèrent, le sol fut jonché de pierres ; le légat du pape, Pi'etro Boëri, évêque d'Orvieto, lui écrivait en 1862 qu'il les avait mises en adjudication, mais qu'il ne s'était présenté d'autre acquéreur que les Frangipani, qui cherchaient peut-être par ce moyen détourné à reprendre pied en ce lieu. Ceci montre d'ailleurs que le Souverain Pontife considérait le Colisée comme lui appartenant puisqu'il disposait de ses débris.

La Compagnie du Saint-Sacrement qui, à ce qu'il semble, en avait reçu une partie en don, acquérait peu à peu le reste ; elle avait été fondée en 1220 par le cardinal Giovanni Colonna, dotée

I. I.;i duiiiMliiion du nionLinicnl avait dû coinmciKcr bien antérieurement, depuis qu'on avait besoin de pierres; on avait déjà arrache, avec un soin méticuleux, tous les crampons de métal qui unissaient les assises et pratiqué CCS innombrables trous qui se voient sur tous les piliers. Guatt.anm, A't';/ia, anlica.p. 11, n. i. Suaresio, iJialrita de Foraminibus lapidum in priscis xdiflciis, dans Nùvus Thésaurus aiiti.]. GR.rvir, Venise, 17.^.^, vol. I, p. 3i3.

de Statuts en i23i,et s'était établie dans la région du Latran d'où elle étendait ses possessions vers le Cœlius et le Palatin. D'un acte daté de i36i^, il ressort que la Compagnie acheta de Cola Cecco di Giovanni (des Annibaldij une maison située dans le Colisée pour le prix de 3o florins; trois ans plus tard, elle acheta de Giovanni et Andréa d'Annibaldi « la moitié d'une maison entière > située dans le Colisée, au milieu d'autres maisons pour le prix de 3o florins d'or. Ces maisons se trouvaient, d'après le texte de l'acte, voisines de l'hôpital San Giacomo, par conséquent du côté du monument qui fait face à. la \'ia San Giovanni et au Latran, dans cette partie qui menaçait ruine au temps de Pie Vil et qu'il dut soutenir au moyen d'un énorme contrefort de briques*.

Néanmoins il ne paraît pas que l'édifice entier ait appartenu à la confrérie, mais bien le tiers, le reste demeurant à la Commune. En effet, un état cadastral de Tannée 1435 porte que le tiers de tout le Colisée appartient à la confrérie, tandis que les deux autres tiers sont à la Chambre urbaine, plus « une crypte ou maison » et un four dans l'arène {rota} que loue un certain Paolodi Stefano; a au-dessus de cette cave, ajoute le document, est un emplacement où l'on dépose de la paille ». Outre ces maisons et ces hangars, il existait une église dans l'intérieur du Colisée, sur l'arène; elle portait le nom de San Salvatoro de Rota Colisei ; c'était apparemment une toute petite église ; un seul prêtre la des'servait. Une seconde église, placée peut-être dans une des arcades,' en tout cas voisine de la }]eta SiiJ.ins. d'où son nom, s'appelait Santa Maria de .Metrio ; un seul prêtre aussi la desservait. Une troisième église, Santa Maria délia Pietà, se trouvait également construite dans une arcade. Cette dernière église fut reconstruite en. 1622 par l'archiconfrérie du Gonfalon.

On retirait toujours des pierres du Colisée. En 1439, le 10 et le 21 décembre, un Allemand transporta pour le pape, du Colisée au Latran, en vue de la décoration de l'intérieur de la basilique, des blocs de travertin ; ce travail lui fut payé 3o bolognini.

Nicolas V enleva, dans le Colisée, plus de deux mille cinq cents charretées de travertin dont il était besoin pour les constructions si nombreuses qu'il entreprit*. Pie IL cet autre pape

1. L'antique église S- Giacomo del Coliseo avec son hôpital fut démolie i8i5. On y admettait surtout des femmes. Archiv. Ji Stato, Cat.isto S. San^ torum, 1435, p. 51). Gatti, HiiU. Arcli. Com., 1895, p. 118.

2. E. .NluNTZ, Les Arts..., vol. l, p. io5. La charretée était une mesure capacité ayant ?>> centimètres de côté.

humaniste, si épris aussi de l'antiquité, fit tout de même que son prédécesseur; pour édifier le péristyle de la basilique de Saint-Pierre, il fit emporter force matériaux et non de ceux qui avaient croulé (1460). Paul II ne le ménagea pas plus quand il fit élever le palais de Saint-.Marc ; ce fut la partie méridionale du monument qui pâtit alors ; à l'exemple du pape, le cardinal Riariopour bâtir son palais qui fut ensuite la Chancellerie, et le cardinal Alessandro Farnèse, pour le palais qui est devenu le Palais Farnèse, empruntèrent la matière première au Colisée. On raconte que l'un des » conservateurs », Lorenzo Cafarelli, voulut s'interposer et arrêter ces déprédations; il maltraita les ouvriers, mais ne put empêcher les destructions de se poursuivre.

Cependant le Colisée allait devenir un édifice consacré au culte ; il l'était déjà même un peu, ce qui aurait dû le protéger.

Kn Tannée 1400, la confrérie du Gonfalon sollicita du pape Innocent \'III l'autorisation de représenter dans le Colisée des drames sacrés. Cette confrérie était déjà ancienne; elle avait été fondée en i263 par saint I^onaventure et se composait de citoyens romains voués à des œuvres pieuses et chaiitables. Le pape ayant acquiescé ainsi que les conservateurs, un accord intervint, à la date du 17 mars 1490, entre les deux confréries du Saint-Sacrement et du Confalon, dans lequel il était dit que la confrérie du Saint-Sacrement, propriétaire depuis cent vingt ans environ de certaines maisons et d'habitations que lui avait vendues la famille des Annihaldi, cédait à la confrérie du Gonfalon ces demeures ainsi que la partie du monument qui lui appartenait, car ladite confrérie ne pouvait s'en passer pour les représentations c en l'honneur de Dieu et de ses saints » qu'elle projetait d'instituer. La confrérie du Cionfalon s'engageait à n'en pas faire un autre usage et à les restituer dès que la confrérie du Saint-Sacrement l'en requerrait. L'acte fut signé dans le palais des conservateurs au Capitule, apparemment pour bien prouver qu'il s'agissait d'une propriété communale.

L'emplacement choisi pour y établir la scène fut cette partie de l'arène où se trouvait l'église Délia Rota, c'est-à-dire le côté oriental ; ce lieu conserva longtemps l'appellation de Du Théâtre; les arcades servaient de fond et de coulisses; le public se tenait dans l'arène; on établissait dans les galeries supérieures les machines destinées à soutenir les anges et les apparitions ; des décors grossiers représentaient Jérusalem, Béthanie, le jardin de Qethsémané. la maison d'IIérode ; on montait des échafaudages pour figurer le Mont des Oliviers et le Calvaire. Les peintres décorateurs et les machinistes étaient pris parmi les

iJi LES MONUMENTS ANTIQUES DE ROME.

membres de la confrérie ; quant aux frais, ils étaient couverts en partie par des personnes charitables; en i5i7, un donateur oiïrit 60 ducats « pour que la tradition de ces spectacles ne se perdît pas ». -

La représentation de i.'^4i fut peut-être la dernière, cri tout cas l'une des dernières. On n'en donnait plus en i5.58.

Ces représentations dramatiques, où l'on voyait, à côté du Christ et de saintes personnes, le Diable avec ses cohortes de démons, et plus encore peut-être le passé légendaire du Colisée, en faisaient un lieu de terreur, propice aux incantations. En i522, comme la peste régnait dans la ville, un Grec nommé Demetrios persuada aux Romains qu'ils apaiseraient la colère céleste en sacrifiant selon les anciens rites un taureau au Colisée; une foule immense assista à la cérémonie.

Cependant on continuait à excaver à force dans le Colisée. En i5i9, la confrérie du Cionfalon pritquelques pierres tombées par terre, ce dont il fut dressé un acte notarié: elles étaient destinées à parfaire un autel situé dans le monument. Adrien \'l autorisa iMadeleine Brugmans. de Brème, à faire des fouilles, d'accord avec quelques associés, au Colisée et à Santa Croce in (îerusalemme sans leur imposer de redevance (27 juillet i523).

Le Colisée était la suprême ressource dans les cas de nécessité. Lors d'une inondation du Tibre, en lô.S^, une arche, peutêtre deux, du Pont Palatino ou Santa .Maria furent emportées : seize ans plus tard, au commencement de l'année iS~?>, le pape fit savoir au Conseil communal qu'il en désirait le rétablissement pour l'année du jubilé 1075. Aussi, le 12 mars, le premier conservateur, Prospero Boccapaduli, qui fit tant pour la viabilité et l'embellissement de la ville, proposa d'engager les entrepreneurs à soumissionner après avoir opéré le dépôt d'un cautionnement. Le 4 avril, le Conseil décida d'employer à ce travail i25o « lieux > de 100 écus pris sur la gabelle de la viande récemment aiïermée. Le 3 mai, le premier conservateur, qui était alors Antonio Velli, exposa que les plans et les devis étaient prêts et approuvés et que la dépense n'excéderait pas 20 000 écus. Mais si tout était décidé en théorie, en fait les travaux avançaient lentement, manque de matériaux; c'est pourquoi, dans la séance du i5 octobre 1.574, ^^ premier conservateur ayant d'abord exposé « que les œuvres commencées doivent avoir une fin », a^jouta que puisqu'on ne pouvait pas se procurer des pierres au dehors, il convenait d'en prendre au Colisée où, disait-on, on en trouverait quantité: et le Conseil, à l'unanimité, décida qu'on tirerait du Colisée le marbre et le travertin neces-

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