SIC- X- SIC- XX
Ce qu'on peut expliquer par : « On s'est acquitté des vœux formés pour le x" anniversaire, on en forme autant pour le xx°*.»
Les bas-reliefs qui ornent le passage médian, sous 'la voûte et les petits côtés de l'attique, faisaient primitivement partie d'une vaste frise qui décorait peut-être le forum de Trajan.
Les huit panneaux oblongs qui décorent les grands côtés de l'attique ont été rapprochés des bas-reliefs exposés aujourd'hui dans l'escalier du palais des Conservateurs; sur les bas-reliefs de l'arc de Constantin, la tête de l'empereur a été refaite ; sur ceux du Musée, la tête est celle de ALarc-Aurèle.
Les médaillons circulaires des faces principales paraissent à M. Arndt contenir une figure qui serait celle d'Antinous et il les a datés en conséquence du temps d'Hadrien: plus récemment i\L Stuart Jones les a datés du temps de Domitien.
Les médaillons circulaires des faces latérales et les frises qui sont au-dessous des médaillons de la face principale sont du temps de Constantin.
S'il se confirmait, comme on l'a récemment soutenu, que les bas-reliefs les plus anciens ne sont pas rapportés, mais ont été sculptés in silu, il faudrait conclure que l'arc tout entier ne date pas du temps de Constantin, mais d'une époque antérieure,
I. Conhtantin fêta ;i Rome en 3i5 ses dcceunalia, en 326 ses viceniialij.
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i38 LES MONTMENTS ANTIQUES DE ROME.
peut-être du règ-ne de Domitien, et a seulement été remanié en l'honneur de Constantin *.
Plusieurs salles existent dans l'intérieur de l'arc; on remarque des noms inscrits sur les parois, entre autres celui de Michel- Ang-e (?) daté 1494. On était convaincu à Rome, au xvii° siècle, qu'elles servaient jaJis aux joueurs de flûte qui y saluaient les entrées des triomphateurs. Un escalier, construit, comme celui de l'arc dit de Janus, en blocs empruntés a d'autres édifices, y conduit; la porte qui y donne accès s'ouvre dans la paroi tournée vers le Palatin.
Le nom qu'il portait fut une protection pour l'arc qui passa, au xir siècle environ, des mains des moines de San Greg-orio entre celles des Frang-ipani, maîtres de toute la région voisine; ils en firent un réduit fortifié.
Assez tôt, le monument devint propriété du Peuple romain, et il n'en est pas d'auties à Rome dont le Conseil communal se soit occupé plus diligemment et pour lequel il ait été fait plus de dépenses. Les Romains l'avaient en particulière vénération.
Vacca rapporte que, sous le pontificat de Pie l\, un « Goth » vint vers le pape portant un vieux livre dans lequel il était dit qu'un trésor existait à Rome et qu'il était indiqué par un basrelief où l'on voyait une figure tenant d'une main une corne d'abondance et désignant de l'autre un point du sol. Après avoir longtemps cherché, le Goth découvrit son bas-reliet dans lare de Constantin; il s'en vint donc demander au pape l'autorisation d'entreprendre des fouilles; le pape lui répondit que l'arc appartenait aux Romains et de s'entendre avec eux. Le Conseil communal ayant accordé la permission sollicitée, une excavation fut commencée, mais comme elle était poussée sous l'arc même et semblait devoir en amener relTondrement, les Romains protestèrent, s'ameutèrent, d'autant plus qu'ils soupçonnaient fort le Goth de n'avoir d'autre but, i à l'exemple de ceux de sa nation », que de chercher la ruine des souvenirs du nom romain. Le fouilleur fut très heureux de s'en tirer avec la vie sauve, et la recherche du trésor dut être abandonnée ^.
Peu d'années après, en 1670, le Conseil vota une somme de 100 écus pour dég:ager l'arc qu'entouraient des bâtisses et dési-
1. Frothingham, Amcricin Journal of Archxology, iqi: et 1913. Salo.mo» Reinach , Les McJaillons .ic l'arc Je Constantiu à Rome, Paris. 1910. A. Monaci, La Palestina e le sciiltiire Jelt' Arco di Coslaiitino, dans Bulktino di Arch. Cristiana, an XIII, Rome. 1907. P- 55-
2. Fla.minio Vacca, Meiiiorie, dans Nardini, Roma .intica, vol. III, p. 40, § io3.
LARC DE CONSTANTIN. i?9
gna trois surveillants des travaux' ; mais l'arc ne fut pas tout à fait débarrassé des constructions parasites qui y avaient été appliquées; une maison avait été construite du côté du mont Ca'lius, et l'on voit actuellement encore la trace des trous qui furent pratiqués dans la pierre pour en soutenir le toit. Sans doute le Conseil avait assez à faire d'empêcher la vég-étation d'envahir et de détruire le monument. En ihSz, il est compté un écu et Ho b. à un ouvrier pour avoir enlevé un certain nombre de fig-uiers; deux ans après il était dépensé 3 écus pour un travail plus complet; cet article revient souvent dans les comptes du Conseil; en 1718, par exemple, il fallut arracher une forêt d'arbustes, d'épines et de plantes; un homme dut se suspendre à une corde pour opérer ce travail ; il représenta au Conseil les dangers qu'il avait courus et obtint un écu. En outre, le Conseil votait sans cesse des crédits pour la restauration du monument. On transporta du côté du Colisée de grandes quantités de terre qui encombraient les arches et cachaient les bas-reliefs inférieurs; la dépense fut de 7 écus; il en coûta autant pour établir une voie pavée pour le transport des matériaux ; on la dalla avec des pierres antiques.
Une restauration complète s'imposait. Un pape florentin, Clément XII, d'esprit éclairé, venait précisément de monter sur le trône (i73o); il fit savoir au Conseil communal qu'il mettait à sa disposition, pour opérer ce travail, une somme de loooo écus à prélever par termes successifs sur le. Mont de Piété, et aussitôt il fut décidé qu'un échafaudage serait construit pour permettre à l'architecte du Peuple romain, Filippo Barigioni, de se rendre compte des travaux à faire (27 septembre 1781); le 9 octobre, le Conseil désigna, comme surveillants, le marquis Girolamo Teodoli et Alessandro Capponi, leur conférant tous les pouvoirs nécessaires « sans limitation pour la dépense ou pour tout autre chose que ce soit » ; le 28 octobre, ils obtenaient de la Secrétairerie d'État un bref de nomination les confirmant dans cette charge, et les travaux commencèrent presque aussitôt.
Il fut accordé 200 écus à Filippo de Rossi, administrateur des biens de la famile Cornovaglia, pour prix de la petite maison qui était adossée à l'arc.
L'un des principaux travaux à faire était la restauration des statues de captifs barbares en marbre de Phrj'gie qui ornent le sommet des colonnes ; l'une d'elles, sur la face opposée au Colisée, faisait défaut, ainsi qu'une des huit colonnes, peut-être ■elle qui la supportait: les sept autres statues avaient été fort