I. Archiv. Nat. Caplt., Cred. I, vol. XXXIX, fol
lio LES MONUMENTS ANTIQUES DE ROME.
maltraitées, il leur manquait les mains, les bras et la tête. La tradition voulait qu'un matin de l'année i534 les Romains se fussent aperçus avec indii^nation que les sept têtes avaient subitement disparu; on accusa du larcin un collectionneur, et les soupçons se portèrent sur Lorenzino de Médicis, celui qui devait trois ans plus tard assassiner Laurent de Médicis: il était très curieux d'antiquités et la voix publique l'accusait de s'être déjà plus d'une fois approprié par fraude des pièces pour son musée. 11 était peu vraisemblable, a vrai dire, qu'on fût parvenu à scier en une nuit, à cette hauteur, les sept têtes; néanmoins •le pape dut éloigner Lorenzino'.
D'ailleurs le Conseil communal convoqué en hâte avait vote la peine de l'exil contre le coupable; le sénateur Ht plus, il mit sa tête à prix*. Cependant le cardinal de Médicis alla trouver le pape. Lorenzino ne fut pas poursuivi et bientôt l'affaire s'assoupit. ,
Deux siècles s'étaient donc écoulés quand on songea enhn a réparer le dommage; le plâtrier Carlo Giardoni reçut en deux fois 100 écus pour une maquette de la statue manquante, et le sculpteur Pietro Bracci eut 3oo écus pour l'avoir sculptée; il 1 fut compté, en outre, .320 écus pour la sculpture des huit tê,à 40 écus l'une, car pour la statue manquante, on avait compta, semble-t-il, la tête à part. Bracci reçut io5 écus pour . k~ mains et les bras » des huit statues et 65 écus pour treize tel de marbre qu'il refit pour les bas-reliefs (décembre 17.décembre i733). Une longue inscription rappelle que la restauration de l'arc est due à Clément XII.
On avait déblayé les alentours, mais bientôt le sol s'exhaussa de nouveau et l'arc fut enseveli jusqu'à la moitié du piédestal des colonnes.
Après avoir entouré d'un mur l'arc de Septime-Sévere, Pie \ 11 en fit autant, en i8o5, pour l'arc de Constantin, « non seulement parce qu'il est un monument ancien, dit l'abbé Uggeri, mais parce qu'il est érigé à la gloire de Constantin le Grand ». Uggeri se plaint que l'intendant des antiquités ait fait, à cette occasion, remplir de stuc les trous pratiqués jadis pour arracher les scellements de métal. Il rappelle que. de son temps, cet arc était
1 En outre on n a jamais trouvé trace à Florence de ces sept têtes. On a pensé qu'une tête de barbare captif, exhumée dans le voisinagrc de lare et qui est actuellement au Vjilican dans la chambre des Bustes, appartenait a une de ces statues, mais elle est en marbre blanc, tandis que les barbares de l'arc de Constantin sont en paonaczetlo. Helbig, Guide dans ies Musées de Rome trad 18 )'^ t 1. p. 16-. .MissoN, Nouveau Voyage d'Italie, La Haye, 170: u" «i*'-
LE PALATIN. l'U
surnommé, sans doute par Icsg-ens qui étaient à la fois spirituels et archéologues : la Pie d'Ésope, « parce qu'il est revêtu d'ornements pris ailleurs ».
Stendhal vit cet arc, en 1827, « au centre d'une petite cour en contre-bas, environnée d'un mur de soutènement de huit ou dix pieds de haut ».
Lorsque le pape Léon XII Ht niveler le sol entre le Palatin et le Cotisée, le mur fut détruit et le public put de nouveau apprécier dans toute leur beauté les lignes du monument; en i83.5, quand on pava la rue qui mène à San Gregorio, le sol fut surélevé autour de l'arc. Ce n'est qu'en ces temps derniers qu'il a été finalement dégagé.
La position et la configuration du Palatin devaient forcément le faire choisir pour lieu d'habitation par les pâtres latins qui erraient à travers la campagne romaine en quête d'un refuge contre les déprédations dont ils étaient les victimes. Il était .isolé des autres collines qui l'entouraient « comme pour lui rendre hommage », le Capitole au Nord, l'Aventin au Sud-Ouest, leCœlius cTu Sud-Est, l'Esquilin au Nord-Est; des vallées profondes qu'il domine de .3o cà 40 mètres l'en séparaient ; c'étaient le Vélabre, le \'allis ÏMurciœ où fut le Cirque Maxime et la vallée du Forum. Des ruisseaux traversant ces dépressions y formaient des marécages qui défenJaient les apprOk.hes de la colline. Une source situçe tout proche, la fontaine de Juturne, fournissait l'eau nécessaire comme il a été dit. A son défaut un puits de 17 mètres de profondeur, creusé à une époque reculée, et une citerne établie dans le roc, pouvaient alimenter les habitants. C'est pourquoi il semble que, dès les temps les plus lointains, le mont Palatin ait été un lieu de séjour; on y a découvert des débris d'objets préhistoriques, pointes de flèches en silex, poteries, haches ainsi que les traces- de demeures primitives, chaumières rondes bâties en roseau et couvertes de chaume semblables à celles dont on retrouve des reproductions nombreuses en petit dans les tombes albaines. Aussi la légende
1. G. Boni, Les Nouvelles découvertes Jii Palatin, Bruxelles, 1914. .-\lfonso Bartoli, // Palatino, Rome, iqii. C. L. Visconti et Lan'ci.vxi, Guida del Palatino, Rome, 1875, 1893. Do.menico C.\ncogni, Le Rovine del Palalino, Milan,
2. Ces traces sonl des trous disposes circulairement qui peuvent avoir servi à établir des tentes ou les piliers d'une cabane.
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a-t-elle groupé sur le Palatin les souvenirs les plus lointains et partant les plus sacrés de Rome: c'est là que s'élevait la hutte du berger Faustulus qui avait recueilli Romulus et Remus, c'est là que se trouvait la caverne dans laquelle vivait la louve qui les allaitait, le Lupercal, d'où partait chaque année la confrérie des Luperci pour faire demi-nus, dans une course désordonnée, le tour du Pomœrium de la Roma Quadrata (i5 février); c'est là que se voyait le cornouiller sacré sorti d'un javelot que Romulus avait lancé du haut de l'Aventin où il prenait les auspices ; c'est là qu'était l'Aug-uratorium d'où les augures, dominant la plaine, observaient les présages. Ces reliques dont la plupart subsistaient encore au iv" siècle de notre ère, au moment de la chute de l'Empire, occupaient la partie Ouest du Palatin. Alors que dans la suite le reste de la colline fut bouleversé, ce coin respecté demeura intact; on n'y éleva que des temples. Par sa position et par son passé, le Palatin devait donc être et était le centre du monde romain, l'Arx Imperii.
De même que le mont Capitolin, le mont Palatin était formé de deux sommets séparés par une dépression \ l'une le Cermalus, à l'Ouest, dominant le \'élabre. l'autre, le Palatin proprement dit, au Sud-Est, vers le Colisée. L'origine du mot Palatin, qui s'appliqua peu à peu à toute la colline, est inconnue; on l'a fait venir de Pales, divinité des troupeaux *, de Palare, errer, à cause des troupeaux qui y pâturaient, de Pallantia, mère de Latinus, de Pallas.... En fait, il est le plus souvent impossible d'établir l'étymologie certaine des lieux-dits.
Le périmètre de la colline est d'environ 1 700 mètres ; elle a la forme d'un rectangle dont le grand côté mesure 480 mètres et c'est ce qui fit donner à la bourgade qui s'établit sur le Palatin le nom de Roma quadrata^. Une muraille épaisse de i m. 5o environ, haute à ce qu'assurent quelques archéologues de 4 à 5 mètres l'entourait primitivement; elle était composée de blocs ■de I m. 40 sur 0 m. 60, non équarris. placés alternativement dans le sens de leur longueur et de leur largeur; aucun ciment ne les relie; la muraille s'élevait, comme dans toutes les constructions défensives de ce genre, à mi-hauleur du versant de la colline qui d'ailleurs est généralement assez abrupt; l'escalade
1. Les recherches conduites par le commandeur Boni, tendent, d'après son inlerprétation, à démontrer le contraire.
2. i^alès est connu sous les deux sexes; l'incarnation masculine semble l.i plus ancienne.
3. Du moins des archéologues autorisés en ont jugé ainsi: d'autres pensent que l'aspect géométrique actuel résulte dos constructions impériales. Quelques-uns donnent une autre signification à l'expression Rom.i Oti.iJr.ita
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en devenait plus difficile car on ne pouvait approcher d'échelles. Quelques fragments de cette muraille, contemporaine des pre-. miers temps de Rome, subsistent entre l'entrée actuelle près de S. Teodoroet le commencement de la vallée duCircus Maximus. Trois portes s'ouvraient dans cette enceinte, car une ville n'aurait pas mérité le nom de ville, dit Servius Flonoratus,
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F\g. 10. — Le Palatin. — (Platner, Topography of Ancient Rome.)
{Ad Aeii., I. 422), si elle n'avait eu ce nombre d'entrées. L'une
des portes était la porte "Nlug-onia située non loin de l'arc de
, Titus, sur la voie qui conduisait delaS^cz-a Tù au Palatin; elle
semble avoir eu son emplacement vers le haut de la colline et
l'on a cru en retrouver des traces. L'autre porte, appelée
[i Romana ou Romanula, s'ouvrait à l'angle Nord-Ouest de l'en-
li ceinte, sur le Clinis Victorix et conduisait à la fontaine de
LjQturne et au lieu où les \'estales entretenaient le feu sacré, à
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moins qu'il ne faille la reporter, comme on le pense maintenant, plus au Sud, du côté de l'église S. Tcodoro et même plus près encore des Scala; Caci ; elle se trouvait donc, dans cette hypothèse, assez près du fleuve et servait à y aller. On a même prétendu que, de ce fait, lui venait son nom ; il est certain que jamais une porte ne reçoit le nom de la ville même où elle se trouve, mais qu'on lui donne le nom du lieu auquel elle conduit; or le Tibre s'appelait Rumon (}) dans les premiers temps; la porte tournée de ce côté en aurait pris son nom lequel passa ensuite à la bourgade et à la ville formée des diverses agglomérations établies sur les collines environnantes. L'emplacement et môme le nom de la troisième porte sont inconnus: elle ne pouvait se trouver, semble-t-il, que du côté Sud à cause des marais qui bordaient la colline ailleurs.
ScAL^ Caci. — Parmi les constructions des premiers temps dont il subsiste quelques débris se trouvent les Scalœ Caci, sorte de degrés creusés dans le roc et qui permettaient de descendre du haut de l'extrémité occidentale du Palatin vers la vallée du Circus Maximus; ils devaient leur nom au célèbre brigand Cacus qui vola les bœufs d'Hercule et fut tué par lui'; c'est par cet escalier que s'enfuit X'itellius, en 69, quand ses troupes eurent été mises en déroute parles partisans de \'espasien; au sommet se trouvait une plate-forme qui était peut-être YAuguratoriuin. une poterne y donnait accès ; on en découvre encore les vestiges : en bas, il aboutissait à la grotte du Lupercal. Caligulale fit réparer, mais les travaux amenèrent la destruction du cornouiller sacré, ce dont le peuple romain s'émut considérablement. Les degrés ont disparu, mais les deux parois latérales en pierres de grandes dimensions se voient encore.
Temple de Cybéle ou Magn/e Matris. — A gauche de cet escalier, en montant, était un temple auquel on a donné le nom de temple de Cybéle ou Magna' Mafris. Au cours des guerres puniques, les livres sibyllins consultés annoncèrent que la victoire appartiendrait aux Romains s'ils amenaient à Rome une pierre noire de forme conique apparemment un météorite, qui représentait la tête de la déesse Cybéle dans un temple de Pcsinonte. Une ambassade fut la chercher en 2o5 av. J.-C. et K. ramena, mais le vaisseau qui la portait s'enlisa dans le Tibre, près de Rome; une Vestale, Claudia Quinta, accusée d'avoir violé son vcjeu de chasteté, prouva son innocence en liant sa ceinture à la proue du vaisseau et en le ramenant juj
\'iR(.iLK, tCiici.iL\ chaui \T1I.
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port; un bas-rclicf du musée Capitolin rappelle cet épisode. Ce fétiche d'abord placé dans un temple, comme on va voir, fut plus tard transporté par Elag"abaldansle lararium de son palais; lorsque ce lararium fut exploré vers 1725-1730, Bianchini trouva une pierre « ayant la forme d'un cône et de couleur noire » ; ne s'en occupa pas et elle disparut !
Les censeurs avaient fait élever un temple dès l'arrivée de la pierre afin de l'y déposer; il fut dédié en 191 *; en attendant, la pierre avait été entreposée dans le temple de la \'ictoirc situé sur le flanc occidental du Palatin près du ^'élabre
Dans son testament, Auii-uste se vante d'avoir restauré le temple de Cybèle en l'an 8. après un incendie. Il ne reste de ce monument que des pans de murs fort épais, 2 m. qo à 5 m. 5o, en couches alternées de tuf et de péperin. C'était un temple d'ordre corinthien, prostyle, hexastyle, de 35 mètres de longueur sur i<3 mètres de largeur. En janvier 1872 une statue sans tête et sans bras représentant Cybèle assise entre deux lions et datant du 1" siècle, fut trouvée dans le pronaos. Elle fut laissée en place, demi-couchée; depuis on l'a dressée contre la paroi du temple. Plusieurs autels portant le nom de la déesse et des inscriptions commémoratives ont été trouvés en ce lieu.
Temple de Jupiter Victor. — A droite de l'escalier, séparé par un massif de constructions de la fin de l'époque républicaine, s'élevait le temple de Jupiter Vainqueur, Jovis Mctoris ou Propngnxtoris, dont la plate-forme subsiste seule-; elle a 44 m. de longueur sur 2.5 m. de largeur; au-dessous se trouve tout un réseau de passages souterrains, tantôt étroits, tantôt s'élargissant en salles et qui s'étend fort loin; il est à remarquer d'ailleurs que le sol a été grandement exhaussé dans cette partie de la colline par les travaux accomplis au temps de l'Empire. Les constructions dont il vient d être parlé se trouvent donc profondément enterrées et c'est d'ailleurs à cet enfouissement qu'on en doit la conservation.
Le temple fut voué en 2g5 av. J.-C. lors de la bataille de Sentinum.
Temple de Jupiter Stator. — A l'autre extrémité de la colline, près de la porte Mugonia, Romulus avait, disait-on, fondé un temple en l'honneur de Jupiter « qui arrête » (les
1. On lit dans le Traité de Cicéron sur la vieillesse, § 45, que l'usage d'avoir descompai^nons de table fut introduit à Rome sous la questure de Caton « à l'époque où l'on établit lecultede Cybèle, sacris Idsis Magnx Matris acceptis •.
2. Récemment ces restes ont été attribués au tempte d'Apollon, fondé par
Auuu^te.
ae LES MONUMENTS ANTIQUES DE ROME.
fuyards). Au cours d'une rencontre avec les Sabins dans le Forum, les Romains, ayant été repoussés, rentraient dans l'enceinte du Palatin en désordre et la porte Mugon'a semblait sur le point d'être prise, quand Romulus invoqua Jupiter promettant de lui élever un temple s'il était vainqueur, et le combat fut sur-le-champ rétabli; d'aucuns prétendent que Romulus se contenta, le péril passé, de lui dresser un autel et que le temple ne fut élevé qu'en 294 av. J.-C. par le consul Atilius Resrulus. Le Sénat s'y réunissait au temps de la République: Cicéron y prononça la première Catilinaire. La demeure de Tarquinius l^riscus était voisine. Ce temple fut brûlé lors de l'incendie de Néron. Rien n'en subsiste que quelques soubassements en pierres d'Albe •.
Demeures privées. — Le Palatin était, jusqu'aux premiers temps de l'Empire, le quartier préféré des Romains opulents et de ceux que leurs occupations appelaient au F'orum. Leurs maisons étaient étagées sur le versant de la colline tourné vers le Nord, c'est-à-dire vers le Forum; la preuve qu'elles s'échelonnaient sur la colline, c'est que Cicéron menaça un jour Clodius de surélever sa maison pour lui enlever la vue.
La maison de Cicéron, qui avait appartenu à Livius Drusus, assassiné en go av. J.-C. fut en partie rasée, en partie attribuée à Clodius lorsque celui-ci l'eut fait exiler. Rentré à Rome, Cicéron fut remis en possession de la partie de sa maison dans laquelle s'était établi Clodius ; ce qui avait été démoli fut reconstruit aux frais du trésor public (5? avant J.-C), tout comme il advint de la maison de M Thiers, en 1871. Cicéron se vante de la belle vue sur la ville dont il jouissait. Au i" siècle, cette maison appartenait à Statilius Sisenna. Le frère de Cicéron possédait non loin de là une maison qui fut briilée par ordre de Clodius.
La maison de Clodius avait appartenu à Quintus Seius ; il y ajouta celle de Scaurus qui était fort somptueuse.
Quintus Lutatius Catulus, qui bâtit le Tabularium, possédait une maison contig-uè à celle de Cicéron; elle occupait l'emplacement d'une maison ayant appartenu à Marcus Fulvius Flaccus, lequel, impliqué dans les troubles survenus au temps de Caius Gracchus, périt en même temps que lui en l'an 121 av. J.-C. Sa maison avait été alors rasée par ordre du Sénat. C'est un peu après que Catulus acheta le terrain et y bâtit une nouvelle
I. Il y avait un autre temple de ce nom au Portique d'Octavie. Il nen demeure aucune trace.
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demeure ainsi qu'un péristyle public qu'il orna avec les dépouilles des Cimbres et qui fit l'admiration des Romains (an loi av. J.-C); Cicéron en parle dans son plaidoyer Pro Domo.
Le célèbre orateur Publius Licinius Crassus possédait également une maison dans le voisinage ; elle avait un vaste atrium ombragé de grands arbres et orné de colonnes de marbre de l'Hymette au nombre de six, ce qui passa pour une folle prodigalité. On l'évaluait un million et demi.
-îimilius Scaurus, beau-fils de Sylla, avait fait l'acquisition d'une maison à côté de celle de Clodius ; Clodius l'acheta fort cher pour agrandir la" sienne'.
Sur le versant tourné vers le \'élabre, une rangée de petites maisons étaient adossées à l'ancienne enceinte de la Roma Quadrata, devenue inutile depuis que la ville s'était étendue bien au delà et que la muraille de Servius TuUius la défendait. La maison de l'orateur Ilortensius, le rival et souvent l'adversaire écouté de Cicéron, était également sur le Palatin et avait un aspect très simple: on n'y voyait pas de marbres ni de pavé en mosaïque; Auguste l'acheta-. Catilina avait également sa maison sur le mont Palatin.
Non seulement, il y eut des maisons sur le Palatin même quand il devint séjour des empereurs, comme il y en eut si longtemps dans la cour du Carrousel, mais il s'y trouvait aussi des boutiques. La maison dite de Livie contient un certain nombre de pièces, sans communication avec l'intérieur, qui étaient destinées à servir de boutiques. Il en est de même du palais de Tibère.
Deimeure d'Auguste. — C'est dans une des maisons de la région Ad Capita Bubula, située dans la partie Sud-Est du Palatin, que naquit Auguste à l'aube du 21 septembre 63 av. J.-C. Plus tard, il habita la maison de l'orateur Licinius Calvus, au nord du Palatin, puis celle d'Hortensius. Lorsque la fortune lui eut souri, il acheta la maison qu'avait édifiée Catilina' et quelques autres et se fit construire une demeure plus vaste que n'avait été celle d'Hortensius, mais en déclarant qu'elle appartiendrait à l'État. Il y rangeait ses collections géologiques et archéologiques et ?a bibliothèque et y vécut vingt-huit ans, de l'année 26 av. J-C. à l'année 3 quand un incendie la